ODE A LA DUCHESSE DE BRUNSWIG
Sur la fin de mes jours, ma vieillesse pesante, Hélas ! n'a pu ravir à la mort dévorante
Que tes membres sanglants.
Quoi î je vois la lumière
Pour fermer la paupière
A mes plus chers parents !
11 n'est point de mortels dont l'âme courageuse Résiste sans frémir à ces coups d'Atropos.
O vous, ma tendre sœur, mère trop malheureuse! Vous perdez votre fils, vous perdez un héros. Gomme un rapide éclair, rayonnant de lumière, Au premier pas qu'il fait, entrant dans la carrière,
11 disparaît soudain;
Telle au printemps la rose
Demeure à peine éclose
L'espace d'un matin.
La fureur insensée où s'emporte l'Europe Répand le sang abject et le sang précieux; Le fer frappe à la fois et le cèdre et Fhysope, Et le soldat obscur et le chef généreux.
L'âge du vieux Nestor, la jeunesse d'Achille, Trop faibles protecteurs, ne servent point d'asile
Contre l'arrêt du sort;
Cette race proscrite
Pousse et se précipite
Dans les bras de la mort.
Ah! pourquoi n'ai -je point la voix douce et sublime Du chantre si fameux par les murs d'Amphion?
J'irais, j'irais pour vous, ô prince magnanime! Fléchir dans les enfers Rhadamanthe et Plu ton;
APPENDICE
Mes accords toucheraient la Parque inexorable, Mes chants feraient tomber de sa main redoutable
Les rigoureux ciseaux;
Plus heureux que Thésée, 5
J'irais de l'Elysée
Ramener mon héros.
Malheureux! où m'égare un fortuné délire?
Quel mortel peut passer l'Achéron par deux fois ? Tout espoir est perdu. Muse, brisons ma lyre, Terminons les accents de ma tremblante voix; Ces chants que m'inspira ma plainte douloureuse, Trop faibles pour percer la voûte ténébreuse
De leurs tristes clameurs,
Rappellent lies peintures
Qui rouvrent nos blessures,
Et redoublent nos pleurs.
S Thésée descendit aux enfers avec Pirithous , et ne pot point l'en