GAZETTE MILITAIRE
Dans ce moment, de grand matin, Nous apprenons par le Sarmate Qu'un de nos braves, nommé Plate, Vient, secondé par le destin, De donner un bon coup de patte Au Moscovite Buturlin ,
,88 APPENDICE. X. ÉPITRE AU MARQUIS D'ARGENS
Dont il a pris le magasin Et deux mille ours à Kobylin.
Mais, ce qui passe la croyance, Et fâche la russe Excellence, Ce sont cinq mille chariots, Chacun traîné de deux chevaux , Les fruits perdus de ses rapines; Enfin, pour comble à tant de maux, Sept obusiers ou coulevrines.
De plus encore, on nous apprend Qu'une cité très -bien munie, Capitale de Posnanie, Par un bonheur tout aussi grand, Signale le bras triomphant Du vainqueur du peuple oursoman.
Neuf bataillons portent nos chaînes, Et ce Buturlin , si rétif A dévaster nos belles plaines, Chez le Sarmate, en fugitif, Se cache pour pleurer ses peines.
Ainsi, bonnes gens de Berlin, Ne craignez plus pour cet automne Les maux que vous ferait Bellone Sous le masque de Buturlin.
On vient de vous tirer l'épine Qui commençait à picoter, Et, secourus de la famine, Jusqu'aux ours, tout se peut dompter.
Ah! puissent -ils dans la mer Noire, D'une pirouette ou d'un saut, La tête en bas, le cul en haut, S'abimer, eux et leur mémoire!