DU MÉMK
Camp de Buclin, a3 juin (1757).
Mon tkès-chek fhkhe,
Vous verrez, mon très-cher frère, par la relation du maréchal,0 que vos ordres ont été exécutés. Les troupes ont marqué toute la valeur et bonne volonté possible, et l'ennemi n'aura pas sujet de se vanter d'avoir pu les décontenancer par son nombre, par son canon, ni par ses cris de joie. Jusqu'à présent, la désertion a été moins forte que je ne l'ai cru, et si les troupes légères ne nous rendent pas les vivres trop difficiles en nous tournant, ce qui parait être leur intention, vous pouvez vous assurer de bons semées de tous les régiments, qui, pour la plupart, sont forts. Nous avons presque sauvé tous nos blessés de l'arrière - garde ; le
» Voyez le» Mémoires de Monlécuculi. Nouvelle édition. Amsterdam et Leipzig, 1756, in -8, p. 81, chapitre IV, Drs opérations, article I, De la résolution.
»• Eller. Voyei t. XVI, p. six et xx, art. XI, et p. 181 — i84- 1 Kcith. Voycx t. IV, p. i3i et suivantes.
colonel Biilow» est du nombre, mais pas dangereusement, de même que le capitaine Stechow, des grenadiers de mon régiment. Voilà, mon très-cher frère, ce qui me reste à vous dire sur cette marche. Nous occupons à présent le camp que vous avez pris l'année 44*l> qui est très -fort.
J'ai rhonneur d'être avec le plus profond respect, jusqu'à la fin de mes jours, etc.
(Alt-HuDzIati) ce a4 (j"'" >7J7).
Mon cher frère,
Depuis que nous nous sommes vus, les choses ont bien changé;0 il faut tâcher de les remettre et de combattre pour la patrie dès que l'occasion favorable s'en présentera. Votre arrière -garde a été bien faite; je ne regrette que les mille hommes qui en ont été le sacrifice. d Mon grand embarras est à présent de savoir où est l'armée de Léopold Daim; je compte marcher avec un renfort à Leitmeritz, vous joindre. J'y ai déjà envoyé beaucoup de cavalerie. Je vous destine le commandement de cette armée -ci, c qui doit couvrir l'Elbe primo, et, si aucun bon succès ne nous seconde, se retirer vers l'hiver en Silésie. Un bon quart d'heure peut nous rendre la supériorité sur nos ennemis; mais s'il nous manque, il faut combattre jusqu'à la fin pour le salut de l'Etal. Adieu, mon cher frère; je vous embrasse de tout mon cœur.
» Voyet t. IV, p. ai;; t. V, p. Sy el ya ; cl l. XXIV. p. xiv, art. V. I» Vovei t. III, p. 54 et 55.
Allusion a la bataille île Kolio. Vo\c* t. IV, p. 1 17 et suivantes. «• L. c. , p. ■ 3 1 et i3a.
Camp de LoitmeriU, aS juin (1757).
Mon très -cher frère,
L'honneur que vous voulez bien me faire, mon Irès-chcr frère, en me donnant le commandement des troupes qui doivent couvrir l'Elbe, étant une marque de votre confiance, m'est des plus sensibles; j'en ressens la plus vive reconnaissance. Soyez persuadé, mon très- cher frère, que mon but sera accompli, si, par mon application, je puis parvenir à remplir vos intentions et à mériter vos suffrages.
Je souhaite que des événements heureux vous soulagent bientôt des chagrins que les revers d'à présent vous causent. Le maréchal vous aura marqué les raisons qui l'ont porté à occuper le camp de Leitmcritz.
J'attends avec impatience le bonheur de vous faire ma cour. Nous espérons tous que la fin de la campagne sera aussi heureuse que le commencement l'a été, et personne ne doute que l'armée sacrifiera la dernière goutte de son sang plutôt que de perdre l'honneur et la gloire qu'elle s'est acquis sous vos ordres.
J'ai l'honneur d'être avec le plus profond respect, jusqu'au tombeau, etc.
Camp de (Jung-) Bunzlau, a juillet 1757.
Le prince Maurice vous fera un rapport exact de notre situation présente et de l'impossibilité de garder plus longtemps ce camp. Le manque d'eau, de fourrage et de vivres en fait la cause principale; de plus, les avis qui nous viennent de tous côtés, que l'armée du prince Charles a passé Brandcis, tandis que celle de
iao III. CORRESPONDANCE DE FRÉDÉRIC
Daim est campée à Lissa, et le corps de Nadasdy à Stranow, par quoi les vivres et communications sont coupés. Je me vois par conséquent obligé de prendre un autre camp, tout aussi sûr, mais mieux situé que celui entre Ilolan et Neuschloss. Le général Wintcrfeldt est détaché pour découvrir des nouvelles; j'attends son rapport pour régler la marche. Je ne reçois plus de lettres de votre part; ainsi je ne doute pas que les chasseurs seront enlevés. Soyez persuadé , mon très-cher frère , qu'on ne néglige rien de ce qui pourra remplir vos intentions et contribuer au bien-être de l'armée. J'ai l'honneur d'être avec le plus profond respect, jusqu'au tombeau , etc.
4q. AU PRINCE DE PRUSSE.
(LcitineriU) ce 3 (juillet 1
Je vous envoie le rapport que j'ai reçu d'un homme véridique. Il sera bon que vous marchiez à Hirschbcrg, pour que nous soyons plus à portée de nous joindre. Je suis, etc.
Outre ce billet, les Archives en conservent un autre du même juur, qui ne contient que les mots suivants:
l.c 3 juillet (1707).
1 1 faut marcher à Hirschbcrg.
Fn.
AVEC LE PRINCE DK PRUSSE. m
5o. DU PRINCE DE PRUSSE.
Camp de NeuschloM, 4 juillet 1757.
Mon très - cher krkkk,
Le billet est heureusement arrivé. J'avais pris le camp de Hirschberg, ne pouvant d'une traite atteindre celui-ci, à cause que la quantité d'équipages arrêtait infiniment la marche. Nonobstant, nous n'avons perdu aucun chariot, et, de l'arrière -garde, qu'un homme de Le Noble. a J'ai pris ce camp, qui est à un petit mille de Ilirschberg, puisqu'il est très -propre pour l'armée, dans les circonstances présentes, qui pourra y être en repos, et ne manquera pas de vivres. J'enverrai reconnaître la ville de Leipa par un officier ingénieur, et la force du détachement qui doit y être sera réglée en conséquence du rapport. En occupant cette ville , les subsistances seront assurées, et nous gagnerons du terrain pour les fourrages. J'écris aujourd'hui au générai Brandeis, pour qu'il hâte autant que possible sa marche. Le général Rebentisch pourra augmenter son escorte en le joignant à Zittau, où le prince Maurice l'a envoyé , et le bataillon de Plotz restera à Cor- Ut*, pour garder les blessés. Il amènera un bataillon de Kalckreuth et cinq escadrons de Werner avec le colonel. Il laissera à Zittau, pour la garde du magasin, un bataillon de pionniers, et le régiment de Kursscl dans ces contrées. 11 y a de tous les côtés de petits détachements de hussards et pandours, mais de l'armée de Daun nous n'avons d'autre nouvelle que celle qu'un trompette nous a donnée. Vous verrez que la lettre est encore datée de Lissa. Je ferai reconnaître, s'il est possible, les chemins à Leitmeritz, à Zittau et, par Aicha, à Hirschberg en Silésie, afin d'être préparé à tout événement. Le prince Maurice m'a marqué l'arrivée du général Biilow, avec son convoi , à Pleiswedel ; aujourd'hui le général Meinike le conduira ici, et, pour faciliter sa marche, j'ai suivi l'avis du prince Maurice, et commandé le major Lottum, de mon régiment, avec un bataillon, à Druin, ce qui couvre d'autant mieux le chemin. Le pillage des femmes cl
1 Chef d'un bataillon ft-Anc. V nyc* t. IV, p. njâ.
valets est horrible, et, pour le bien de l'armée, je crois qu'il sera nécessaire de faire un exemple pour les retenir et remettre en ordre.
J'ai l'honneur d'être avec le plus profond respect, jusqu'au tombeau, etc.
5i. AU PRINCE DE PRUSSE.
Leilmeritz, 3 juillet 1757.
Mon trks-cher frkre,
Vous ne pouvez plus vous retirer du côté de la Silcsie; il ne vous reste que la Lusace. Il faut faire fourrager toutes les contrées, et même gâter ce qu'on ne peut consommer, pour rendre à l'ennemi ses opérations difficiles. Dès que vous serez, à Hirschberg, notre communication sera mieux établie. Il faut tâcber de soutenir la Bohême, s'il est possible, jusqu'au i5 d'août; et comme Zittau est un mauvais poste, vous pouvez prendre alors Reichenberg, Krottau ou Gabel, selon que vous le jugerez à propos. Si l'ennemi se tourne contre la Lusace, il faut prendre grande attention à vos campements , le laisser passer le Bober, et vous mettre à son dos, pour lui couper les vivres et l'obliger de venir à vous dans un terrain avantageux que vous choisirez , et que le prince Bevern et d'autres officiers pourront vous indiquer. Si l'ennemi se tourne avec toutes ses forces vers Landeshut, il faut marcher par Greiflenberg pour lui couper les vivres. Winterfeldt et surtout Embersa connaissent le pays, qui peuvent régler vos marches et vos campements. Ne précipitez rien sur des nouvelles incertaines, et ne prenez de parti que lorsque vous êtes sûr du dessein des ennemis ; mais répandez dans l'armée que nous avions un grand dessein, et que dans peu on verrait tout à fait changer les choses en bien.
a Jean-Guillaume Erabcrs, major du Renie ; il devint lieutenant-colonel le 17 avril 1758, et mourut à Cloçau le 31 mars 1779.
AVEC LE PRINCE DE PRUSSE. n3 5a. AU MÊME.
LcitmeriU, 5 juillet 1757.
Mon trks-cuer frkre,
Je ne saurais que parfaitement applaudir au camp que vous avez pris ; il est tout à fait conforme à mes idées dans les circonstances présentes. Comme je suis informé que l'ennemi a un dessein sur Tetschen, il faut être bien vigilant, pour que rien ne passe entre l'Elbe et votre camp. En cas que quelque corps de l'ennemi se glissât entre deux, un corps qui marcherait vers Panzen pourrait l'obliger de quitter ce dessein. Dans le cas que toute l'armée ennemie viendrait sur moi à Lcitmeritz, et que cela pourrait nous obliger de nous y joindre, j'ai trouvé un camp, entre Ploschkowitz. et Zahorzan, qui est très -fort; mais il ne faut pas que ce mouvement se fasse sans une nécessité très - pressante et forte.
J'ai eu des rapports que le prince Charles était marché à Wittendorf , dont cependant je ne crois rien. Quand vous aurez à m'envoyer quelque chose de pressant pour m'en avertir, vous n'avez, qu'à vous servir d'un hussard qui sait la langue hongroise, que vous équiperez avec un uniforme, selle, cheval et harnais comme les hussards autrichiens sont montés, qui alors passera certainement ici; et au cas que, contre toute attente, il se perdit, il n'y aura rien de perdu ni de trahi, vu qu'il aura à porter ici une lettre mise en chiffres; mais s'il arrive, il aura toujours six ducats, que je lui ferai donner en récompense.
Au surplus, je donnerai mes ordres aux commandants des forteresses de Schwcidnitz, Neisse, Glatz, et, à Cosel, au lieutenantcolonel de Krey tzen , de vous rapporter tout ce qu'ils apprennent de l'ennemi et des magasins que les Autrichiens font amasser, par où on pourra d'abord juger le but auquel ils visent.
Au reste, si les pillages des femmes et des valets vont à l'excès, il sera toujours bon que, pour les réprimer, vous fassiez statuer un exemple, en faisant pendre un de ces gens -là. Je suis avec toute la tendresse imaginable, etc.
Camp de Ncuschloss, G juillet 1757.
Mon thks-ciier fkèhk,
Voici les nouvelles que trois différents espions, que le général Wintcrfeldt a reçus, ont débitées : que le corps de Nadasdy, qui est cavalerie, hussards, pandours et régulière infanterie, marche sur Nicmes , où elle est arrivée ; mais le dessein est de nous couper la communication de Zittau. Le second, qui est près de Hirsehbcrg, consiste de trois régiments saxons, quatre régiments de hussards, et mille pandours. Le reste du corps de Nadasdy est actuellement à Dauba et Perstcin. L'armée de Daun a passé avant -hier l'Iser à Benatek, et a fait aujourd'hui une marche en avant. Dans leur armée, ils débitent publiquement que leur dessein est de nous couper de Zittau et des magasins. Tous ces avis , qui sont confirmés par nos patrouilles, m'ont fait condescendre à l'avis du général Winterfeldt,* qui est de changer de camp et d'occuper celui de Leipa, où le général Brandeis pourra nous joindre par Georgcnthal ; au cas que l'ennemi continue de garder Gabcl, nous sommes en état, étant joints parle général Brandeis, d'y détacher un gros corps. La communication de Leitmerilz ne sera pas plus difficile qu'à présent. La grande raison qui autorise celte marche est l'absolue nécessité de conserver la communication de Zittau, et d'attirer à nous la caisse de guerre, deux choses que nous courrions risque de perdre. Le général Winterfeldt marche demain avec cinq bataillons, des dragons et hussards, vers Gcorgenthal, pour nous assurer les chemins de Zittau.
« Le général de Wintcrfeldt entretenait une correspondance secrète avec le Roi, connue le Prince de Prusse le dit vers la fin de la Relation qu'il a faite de sa campagne de 1757. Voyei les lettres et les fragments de lettres du général de Wintcrfeldt à Frédéric, des camps de Neuscliloss, de Leipa et de Lol>au, G, i5 et aG juillet 1757, dans le Vtkundenbuch zu der Lebctisgcschichie Friedrichs des Grossen, par J.-D. -E. Preuss, t. V, p. 6a et 63, et dans l'ouvrage de M. de Schûning, Der siebenjiihrige Krieg , t. I , p. 74.
Nous n'avons point encore de rapport de la patrouille du major Belling , a qui est allé vers Gabel.
J'ai l'honneur d être avec le plus profond respect, etc.
Leitmerili. 7 juillet 1757.
Mon trks-cukr frère.
J'ai reçu votre lettre du 6, et les deux doubles que vous m'en avez envoyés. Je vous passe les mouvements que vous venez de faire encore avec l'armée sous vos ordres; mais, pour le coup, je me persuade que vous ne marcherez plus en arrière, pour ne pas être au milieu de la Saxe sans y penser. Il me semble que, le poste que vous aviez occupé étant assez fort, vous n'auriez eu qu'à faire deux bons détachements pour aller en avant de deux côtés au lieutenant-général Brandcis, dont je crains qu'il ne soit, en attendant votre secours, attaqué de l'ennemi, puisque les hussards prétendent avoir entendu tirer des coups du côté de Gabel, ce qui ne saurait être qu'à l'occasion du général Brandcis, qu'on aura attaqué.
Le corps hussard de l'ennemi ne saurait être là si fort en nombre qu'on le prétend, vu qu'on en a détaché deux régiments vers la ville de Nuremberg, qu'un en est aux environs d'ici, ce qui fait trois, et trois encore à l'armée ennemie. Quand vous aurez reçu heureusement vos farines et l'argent, je vous prie, au nom de Dieu, de ne plus rétrograder, car je veux bien vous avertir qu'il n'y a nul fourrage en Saxe, de sorte que quand vous vous y tirerez, il vous en manquera là, et toute la boutique sera perdue.
Nous avons reçu ce soir des lettres du maréchal Daim par un trompette qui vient d'arriver. Selon la date de la lettre, il doit être près de Jung- Btinzlau, à Kosmanos. J'espère, au surplus,
» Voyet t. V, p. 1 35.
ia6 III. CORRESPONDANCE DE FREDERIC
que vous aurez reçu la lettre chiffrée que je vous ai envoyée au jourd'hui matin par un hussard.
Je suis avec les sentiments que vous me connaissez, etc.
Camp de Leipa .
la nuit du 7 au S juillet 1707.
Mon thks-cher fhèhk.
Nous avons occupé aujourd'hui le nouveau camp, qui est fort, et nous favorisera l'arrivée du général Brandeis. Nous sommes à trois milles de Tetschen. Je ferai, s'il est possihle, reconnaître les chemins vers Panzcn et vers Lcitmeritz. J'ai eu ce matin des nouvelles des majors Belling et Billerbeck;» ils sont heureusement arrivés à Gabel, et occupent la ville. Ils n'ont vu aucun pandour, mais trois cents hussards les ont harcelés. Un cheval de hussard a été tué. Le général Winterfeldt doit arriver ce soir à Georgcnthal. Il me fait dire qu'il comptait d'avoir demain assuré la communication de Zittau, et de presser le départ du convoi. Un de nos trompettes vient d'arriver de retour du village de Vopern, près de Hirschberg, où il a trouvé un major du régiment d'O'Donnell, en détachement avec des cuirassiers. Tous les villages où il a passé ont été occupés par les hussards; de pandours, il n'en a point vu. Il n'a point porté de lettre, à cause qu'un trompette de l'ennemi doit arriver demain. Il est très-diflicile de dire au juste quels sont leurs desseins, car, par le moyen de leurs troupes légères et des gens du pays, qui les favorisent, ils les cachent extrêmement. L'armée de Daun doit être campée à Bunzlau. Cela parait probable. Le corps de Nadasdy doit être a Hirschberg, et un autre doit être passé par Weisswasser, et doit avoir Zittau en vue. Ce dessein est détruit. De l'année du prince Charles nous n'apprenons rien du tout. Une des plus
» Voyez t. V, p. 17a.
grandes difficultés , c'est que s'il faut que nous fassions des marches , il faut que nous en soyons instruits pour le moins trentesix heures d'avance, pour pouvoir nous défaire de nos chariots, qui sont trop nombreux. Je suis après à en faire faire la révision; mais il en restera encore de trop, et malheureusement la plupart sont indispensables. Les avis que je pourrai recevoir des gouverneurs des places de Silésie pourront me mettre au fait, à la vérité, des desseins de l'ennemi; mais s'ils tentent quelque chose sur cette province, et surtout sur le magasin de Schweidnitz , je vous flatterais en disant que, vu ma situation, je serais en état d'y porter un prompt et grand secours. J'ai usé hier du stratagème du hussard travesti; mais j'ignore s'il est passé. J'ai envoyé par trois différentes voies la même lettre. J'écrirai aujourd'hui au commandant de Tctschcn, pour savoir ce qui se passe dans ces contrées.
Je me trouve heureux, mon très -cher frère, de remplir vos intentions. Soyez, persuade que mes vœux seront parfaitement accomplis, si je puis vous convaincre du zélé et respectueux attachement avec lequel j'ai l'honneur d'être jusqu'au tombeau, etc.
5(i. aï; PRINCE DK PRUSSE.
Leitmerilz. 7 juillet 1757.
J'ai des nouvelles sûres que toutes les troupes de l'Empire qui s'assemblent à Fiirth ne feront (pic dix -huit mille hommes; cela me parait bien peu de chose pour faire une diversion. Je commence à soupçonner que les Autrichiens pourraient avoir dessein de pénétrer en Silésie par Landeshut. Kreytzen m'écrit qu'il y a eu un corps de trois mille hommes qui s'est montré là, et qui s'est retiré. Daun nous masque avec ses troupes légères; Dieu sait ce qu'il fait en attendant. Entretenez une vive correspondance avccd'Oa et Kreytzen, pour que vous soyez averti des
• Voyei t- V, p. 55.
ia8 III. CORRESPONDANCE DE FRÉDÉRIC
mouvements que l'ennemi pourrait faire de ce côté -là; et réglez vos marches d'avance. Si vous étiez obligé de tourner de ce côté , Winlerfeldt et Embers connaissent le pays et les camps que l'on y peut prendre. Si la guerre va de ce côté -là, et que vous puissiez prévenir l'ennemi du côté de Landcshut, vous avez des camps très -forts dans les montagnes, qui couvrent toute la Silésic. Il faut encore observer que si vous vous retirez parla Lusacc, vous serez obligé, au cas que Nadasdy et sa canaille vous suive, de lui laisser un corps opposé du côté de Zittau, pour l'empêcher de faire des incursions; en ce cas, je pourrai relever une partie de ces troupes, et vous envoyer tout ce de quoi je pourrai me passer. Adieu.