‹ Œuvres de George SandChapitre 21 sur 40 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

B^Mrace h itancom IRetllant*

« Tu ne aais pat lire, ma paisible amie, maia (a N fille et là mienne ont été i l*éeole. Quelque joar, n àXà veillée d*biver , pendant que to filerai U

• quenouille, elles le raconlerunt celte histoire

• qui dcricndra beaucoup plot jolie e» pastanl « par leurs boucbea. »

Dans les montagnes de la Creuse, en lirant vers le Bourbonnais et le pa]fs de Combraille, au milieu du site le plus pauvre, le plus triste, le plus désert qui soit eu France, le plus inconnu aux industriels et aux artistes, vous voudrez bien remarquer , si vous y passez jamais , une colline baote et nue, couronnée de quelques rocbes qui ne frapperaient guère voire attention , sans l'avertissement que je vais vous donner. Gravissez celte colline ; votre clieval vous portera , sans grand effort, jusqu'à son sommet ; et là, vous examinerez ces roches disposées dans un certain ordre mystérieux , et assises , par masses énormes , sur de moindres pierres où elles se tiennent depuis une trentaine de siècles dans un équilibre inaltérable. Une seule s*est laissée cboir sous les coups des premières populations chrétiennes, ou sous Teffort du vent d'hiver qui gronde avec persistance autour de ces collines dépouillées de leurs antiques forêts. Les chênes prophétiques ont à jamais disparu de cette contrée, et des

druîdesses n'y trouveraient plus un rameau de gui sacré pour parer l'autel d'Hésus.

Ces blocs posés comme les champignons gigantesques sur leur étroite base, cesonllesmenhirs» les dolmens, les cromlechs des anciens Gaulois, vestiges de temples cyclopéensd'oùlecultedela force semblait bannir par principe le culte du beau ; tables monstrueuses où les dieux barbares venaient se rassasier de chair humaine, et s'enivrer du sang des. victimes; autels effroyables où l'on égorgeait les prisonniers et les esclaves, pour apaiser de farouches divi« nités. Des cuvettes et des cannelures creusées dans les angles de ces blocs, semblent révéler leur abominable usage, et avoir servi à faire écouler le sang. Il y a un groupe plus formidable que les autres qui enferme une étroite enceinte. C'était peut-être là le sanctuaire de Toracle, la demeure mystérieuse du prêtre.

Aujourd'hui ce n'est , au premier coup d'œil , qu'un jeu de la nature, un de ces refuges que la rencontre de quelques roches offre au voya-

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