‹ Œuvres de Georges Chastellain (volume 2)Chapitre 7 sur 45 · FRANCE · texte numérisé non relu

FRANCE

Dame ! mais votre chamberière M*appellez. Dame! ce m'est blasme.

Je TOUS recognois bien par m*ftme.

Mais TOUS ne me recognoissez.

HéFOBMATION.

Soustenons-la fort : elle pasme.

FBANGB.

Je vous recognois bien par m'àme.

Mais vous ne me recognoissez.

PAIX

Pour Dieu, point ne la rabaissez.

J&-soit-ce qu'elle soit mal vestue.

Semble-elle de bon lieu venue, Au visage, fait pas, ma sœur?

FBANCB.

Hélas ! vous me rompez le cœur.

BÉFOBMATION.

Haa! prenez consolation.

PBAMCB.

Haa! Paix, haa! Réformation Que je vueil appeUer Justice, Autresfois, m'avez fait service ; Mais puis que de vous ne tins compte, Je n'eus bien et vis à grant honte :

Je me rens coupable à genoux.

PAIX

Haa ! mère France, levez-vous :

Vous ne devez pas ainsi faire.

iC LE œNCÎLE

BéFOBICATION.

Estes France la débonnaire?

Je croy que ouyl ; ha! France, France!

FBANCB.

Je vous pri que j'aie audience

Par votre moyen au concil :

J'ai esté et suis en exil,

Tant que -ne sçay plus que je fasse;

Mais, si je puis avoir espace

De parler tout en général,

J*ai espérance que mon mal

Allégera, et pour ce suis

Cy venue, car plus ne puis

Celer mes maux; ils sont trop clers.

PAIX

Vous y trouverez de bons clercs Et mesmes de votre pays.

BÉFOBMATION.

D'une chose trop m'esbays :

Que ceux qui veulent dominer Sur vous, ne scevent terminer Vos maux, et non à vous attraire.

FBANCB.

C'est pour néant, il s'en faut taire.

Chascun fait à sa voulenté, Sique ne puis avoir santé :

Pour Dieu, menez-moy au Concil.

PAIX

Voulentiers, aussi nous a-il Envoyés pour vous y mener.

DE BÂSLE. il

Commandez, nous voulons pener A TOUS complaire, sur nos vies.

Combien que nous ayez bannies; Mais je croy que n*en pouvez mais.

BÉFCBMATION.

Ha ! ma sœur, n'en parlez jamais.

EUe en a assez à souffrir.

Présenter la faut et offrir Au saint Concil et à TÉglise.

Saint Gondil, nous avons tant quise La voix, que nous Tavons trouvée.

C*est France, jadis bien nommée, Qui tant est serve, et en vil point.

COMCILB.

France, je ne la cognois point; France n*a point si laid maintien.

Pourquoy non? je les en croy bien ; Elle a si bien fait parler d'elle Comme moy qu'il est garant nouvelle Par tout le monde de nous deux.

Elle est en ce point, ce m'aist Dieux ! Comme on voit, par les tiens vassaux Qui pour moy ont fait maints assaux, Aux Boesmes et Pragiens Que j'ay tenu en mes liens :

C'est guerre, famine et la mort.

FBANOB.

Hélas ! vecy petit confort

Pour moy mettre le cœur asseur.

TOH. Tl.

1g LE CONCILE

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