‹ Œuvres de Georges Chastellain (volume 2)Chapitre 8 sur 45 · HÉBÉ8IB · texte numérisé non relu

HÉBÉ8IB

On m*a cuidé faire grant peur Pour dire, que si France eust paix.

Je ne régneroie jamais.

Dieu mercy, encor n'ay-je garde D'elle, car quant bien la regarde, Je ne la craing, ne ne la double, • Tant que soit ainsi. Somme toute, Ainsi la veuille Dieu tenir !

l'égflisb.

On ne scet qui peut advenir :

Tu parles bien trop. Hérésie.

PAIX

Ne vous chault de riens qu'elle dye ; Vos bons amis vous aideront.

FBAMCB.

Hélas! Paix, m'amie, feront!

CONGXLB.

Bien soyez-vous venue, France.

Puisque c'estes vous, prenez place.

FBANCB.

Église, à vous soit révérence !

l'églisb.

Bien soyez- vous venue, France.

RâVOBllAtlON.

Elle vient à obéissance, A secours.

PAIX

Prenez-la en grâce.

Bien soyez-vous tenue, France.

HÉBédlB.

Puisque c'estes vous, prenez place.

FBAKOB.

Puisque TÉglise yoy en faoe, Je prens en gré ce que j*endure.

Elle est douce de sa nature Et pleine de miséricorde, Sique pécheur qui se raccorde A elle, ne périra point.

Chascun reçoit. Je ne plains point Riens qu'elle ait eu de moy jadis ; Car grâce à Dieu de Paradis Il me semble qu'elle remploie Très-bien, supposé que j'en oye Et ay ouy plaindre pluseurs De mes subjets. Oncques couleurs Ne rendirent chose tant belle. Ce semble une douce pucelle; A son vis, c'est toute plaisance.

l'équsb.

Vous vous décevez, fille France, Et savez mal ma maladie.

Pour ce faut que je la vous die :

Yray est que pardevant suis belle, Mais par derrière, je chancelle; Regardez : j'ay j& dit pourquoy.

FBANOB.

Pour Dieu, Dame, pardonnez-moy ; Certes, je n'en savoie riens.

L^ÉaLISB.

Vray est que j'ay eu de vos biens, Dont bien me souvient; car l*Église Pluseurs fois avez sus remise.

Sans les autres qui sont sans somme, On les soet assez bien à Somme , Mais tout s*en va comme il vient ; J'ay grand deuil quant il m'en souvient Comment j'ai esté gouvernée ; J'aimasse mieux n'estre oncques née, Bi brief remède n'y est mis.

Vous avez çy de bons amis.

Créez, chascun labourera Si bien que vous amendera.

Si Dieu plaist, ains que je départe.

PAIX

Ha ! ce seroit trop grosse perte.

Si je ne suis remise sus ; Tout le monde seroit déçus D'estre venu yci en vain.

EéFORICATION.

Je y ay mis et mettray la main.

C'est raison ; car en bonne foy , Vous ne pouvez régner sans moy; Pour tant en vueil-je prendre soin.

FBANCB.

Hélas! il en est bien besoin :

Certes, vous avez tout attaint.

HBRÉSIB.

Comme chascune se oomplaint !

Je ne vy oncques celle galle.

Mal seroie venue à Basle, S'il advient ainsy oom pourpense.

Or faites, faites, car je pense Que partie en demourra.

Je brairay si hault com morra' .

Je ne vueil riens dire en secret :

Il n'y aura par Dieu décret Contre moy, qui suis Hérésie, Ne contre ma sœur Symonie, Ne contre les concubinaires, N'autres, ce croy, qui durent guères S'ils ne sont à chaùlx et à sablon.

Ne cuidez pas que nous faUon :

Fols et folles dient paroles Souvent qui ne sont pas frivoles.

Je vous en dy ma râtelée'.

Et ne puis-je qu'estre briilée :

On en verra Texpérience.

L'ÉeLISS.

Concil, si par votre science^ Moyennant Béformation,

> Je ne comprends pas ce vers. Y a-t-il ici nne allusion au cbant bruyant des Morabites, dont le nom serait exprimé par abréviation? Paut-il lire : <fon morra ponr qu'on mourra?

' Ma raUUe, ce que j'ai réuni avec mon rftteau, ce que Je sais.

n l£ CONCILE

Ne m^est &iie prorisiou

Telle que Paix soit sus remise,

n n^est plus riens de xnoy Église.

La douleur que j'ay, trop m'altère.

Quant je regarde et considère

J'ay de mal tant en tous estats :

Quaniam apUntapedis usque ad veriUtm

Nom ut in me WMia» '.

Je sens partout le corps malade ;

Sans riens ezeepter, je suis fade;

Mon corps est partout diffamé

PerJUiot quos eniUrivi et exaUavi :

Ifêi aukm sprevenmi me '.

Ghascun, soit derc ou séculier.

Tend à son prouffit singulier.

Plus n'ay enûtna qui tiennent compte

De moy, par quoy je Tis à honte.

Je perds, entre les autres choses.

De pièca, deux trop belles roses,

CTest assavoir Boesme et France,

Dont trop me doubte,. car sans doubtanoc^

Bien reparoîent mon chapeau.

Perda-je pas aussi de nouyeau

Partout mon principal domaine î

Quant je y pense, je me domaine

Tellement que j'en perds mon sens ;

Et tout ce vient par mes enfans

Qui ont bannie charité.

Justice, paix et équité,

Et se sont du tout empeschés

En tous vices, en tous péchés,

En moy laissant à la volée

* Cf. Deuteronom, xxviu, 36.

* Iiaie. 1, 2.

m BASLE. S5

Comme vesve deaconiortée,

Dont fort me dueil, n'esx doubtez mie.

Bien pour moy diaoit Jôrémie :

Faeêa est qwui vUua, domina gmtwm :

Princepsprovimcianm fnOa est sub ÉributQ';

Celle qui estoit la princesse

Sur tous chriaiiens et maistrease*

Est devenue tributaire.

VRANCE.

Moy aussi, ne me puis plus taire Que, comme l^ÉgUse, ne die  TOUS, Concil, ma maladie; Car je souffre en espécial Ce qu'elle dit en général, Tant qu'à moy peut toucher et touche.

Nul ne sauroit dire de bouche Les maux que j*endure à grans cas Soubs elle, par mea troi» eetaa*.

Par eux, je n'ay jiWJ? dto repos.

De heure ea hsoxe mue propos Et souffre du pied jusqu'au cbief.

Tant et tant, que c'est tout meschiet.

Toutefois, je les nounrissoie Es temps passés et eslevoie,.

Tant que chascun estoit contens^ Or sont-ils tous en tels contemps.

Par leur orgueil, par leur envie.

Qu'ils m'en feront perdre la vie.

Ce que je dy, c'est à ma honte, Ne plus ne tiennent de moy conte-

■ LamenL Jerem, I, i.

s Une assemblée des trois États du roTaorne de France, tenue à Paris, ratifia le 6 janvier 1420 (v. st.) le traité de Tioyes,

Si LE CONCILE

Car j'estoîe bien renommée Partout en chascune oonMe, Sique chascon venoit apprendre De moy. On ne pourroit comprendre Que c'estoit, quant je m*en remembre :

J*estoie soubs TÉglise membre Qui les corps moult embellissoie ; Mais on m*a bien mis jus ma joie»

Car il me convient mendier.

HinésiB.

N*y a-on sceu remédier?

FBANCB«

Sy eust bien, mais on n'a voulu.

HéBÉSIB.

M'aist Dieux ! orgueil vous a toUu Votre honneur, comme a fait la gueule A Prague. Vous n'estes pas seule :

 elle et vous, ce les enporte.

FBAKCK.

Gecy guères ne me conforte.

Dieu amende les Pragiens!

France et Prague, entre christiens, Estoient jadis comme Tœil ' ; Mais par leur gresse et leur orgueil Ils ont fait de leurs vertus vices, Sique [ont] par leurs soubtils malices Aucuns d'elles moult hault levée,

* Vofn t. III, p: 3TO.

Non pas des miens. J'ay renommée De tous temps estre catholique ; N^oncques ne nourris hérétique, Ne jà ne feray : sy m*ait Dieux 1

HÂBÉSIB.

Et de combien valez-vous mieux?

Jà-soit-ce que ne soyez pas

Venue jusques à mes las,

Sy ayez-vous de la semence

Dont je viens, qui voit Tordonnance

Des filles d'orgueil que descript

Saint Grégoire, en un sien escript,

Aussi, qui voit ad ChUathas

Saint Pol, au quint^ : il met garant tas

Des faits crueux où on en peut

Trouver, et autre part qui veut;

Mais pour brief cy fais mémoire

Des filles que met saint Grégoire,

Qui, pers' qu'à moy, vous ont servie

Par très-long temps de votre vie.

Je les nomme inobédience.

Noise ou contention, vantance,

Pertinaxité et discorde ;

Mais devant ce, bien me recorde.

En ordre va ypocrisie.

Et puis moy, qui suis Hérésie

Mets à la queue en la fin;

Car en moy gist le fort venin :

Filia, inqnit, inanis glorim sua

Superbia, sunt inobedimiia^

dmtmUo, jaekmtia, ypœrisii.

I Au quint, au cinquième chapitre.

' Péri (pariter) «emblablement, aussi bien qu'à moi.

tt6 L£ œNClLE

Pertinada, diiœriia, naviiaêum

ProiumptiQ.

Or me dites : que signifie

De nouveautés présumption.

Autre chose, fors hérésie,

Selon sa définition?

Quia novUaium prssumptio est,

Cum quis nwa vél iicit vel

Invenit ut laudetur.

Puis donc que vous estes fournie

De racines dont me vient vie

Et dont je desoens par lignage,

II me semble» qu*à brief langage,

Entre Boesmes et François,

Moy ostée, n a pas chois.

Je dy : quant au gouvernement ;

On le voit asses clèrement.

Et c est ce que dire vouloie.

FRANCB.

Ne me sçais-tu fiûre autre joie t Ce que les autres ont meffiait.

Ne m'alé^ guèree mon hit ; J\i failly, je nen doubte mie.

En cies$ dits, au moins en partie.

Mais les Bougres se sont soubsmis A toy, et hors de la foy mis; De tant se doivent plus haû*.

Quant à moy, je vueil obéir.

Et ay tcvusjours, à Sainte-Égrliâe.

Qui eust pris garie aux dits Moyse, Qui s»c«t «1 «va livr?, c on nomme

DE BâSLE. 27

Au vingirhaitiesme chappitre ',

Point ne chusûons à si bas titre.

Bien sçay que par oultrecuidance

Et faute d'obéissance

A Dieu et ses commandemens.

Avons-nous tant dénombrement,

Et tant de grans d'afflictions :

Toutes les malédictions

Qu'à eux et moy sont advenues,

Et encor sont plus contenues

Où j'ay dit, qui y veult garder

Les dix commandemens de Dieu.

Quant à moy, je suis en tout lieu

Maudite, aux champs et à la ville.

11 n'est créature plus vile

Que je suis, mais c'est de grant pièce.

On m'a destruite pièce à pièce,

Sique ne me puis soustenîr.

On n'ose aller, ne venir

P&r totit mon pays à la ronde ;

Toute iniquité cy abonde.

Je ne sçay lequel me fait pis :

Ils sont tous tant faulx et deepis.

Que je ne le sçay & qui dire.

Ils n'ont pitié de mon martire,

Ne qu'ils auroient de pourceaux.

Ils s'entretuent à monceaux.

Sans pitié, sans compassion;

Si Dieu n'en a rémission.

Ils y perdent et corps et âme.

A brief parler, j'en suis infâme.

On ne sauroit compter en brief

■ C'est dans le vingt-huitième chapitre du Deutéronome que MoYse annonce les malheurs qui frapperont les transgresseurs de la lot divine.

Î8 LEGONGILE

Ce qu'ils font, les maux et le grief;

Tout est perdus, empersonné ',

Destroussé, pendu, rançonné ,

Ou au mieux venu à pastis ' ;

Et qui n*est de partir hastis.

Dieu soet quel meschief on Fy £ait.

Jusque au bouter le feu de fait.

Plus n*y faut quérir labourage

De tout; n*y a pas un village:

Tout est le pats régalle ' ;

Ne ny a chante^, ne balle.

Ne croi, ne calice en Téglise,

Où on deyroit avoir francise.

Encor pis, femme, enfant ou prestre,

N*est espargné où que puist estre ;

Les églises sont violées

Et les filles dépucelées ;

Brief , tout est plein de mauvestié ;

Plus n*y a douceur, ne pitié,

Ne foy aussi, ne loy gardée.

Ainsi suis partout gouvernée :

Ils ne cuident jamais mourir;

Je ne sçay plus où recourir.

Dieu ait Fftme des trespassés !

Il a plus de trente ans passés,

C*on me commença ceste dance;

Mais, or peut-on dire : c Adieu, France,

c Le doux pays, la bonne terre!

t Tu fineras tes jours en guerre

c Non obstant quelconque famine

* Smperionné, pour emprisonné.

' Venu à pastis, mis à contribution.

* Tout est le pats (ou past) régàlle, tout est dévoré par la régale?

« Ckamte, chanterel? livre d'église? peutrétre. Chaule, bille. Ni bille, ni balle aérait en ce cas une locution proverbiale.

< Qu*auras par vengeance divine ;

Car cruelle mortalité,

Sy n'ay-je ville, ne cité

Qui nagaires ne Fait eu grande;

Toutesfois nul ne s'en amende.

Ne ne corrige ses excès.

Vous avez fait bien long procès ;

8y n'avez vous riens *içy dit.

Que eux n'aient sans contredit

Et pis d'assez, je vous affye,

Car ils m'ont par long temps nourrie

Et feront encor, si je puis.

Si Dieu plaist, toutesfois je suis

Bien contente, car, comme il me semble.

En maints points convenez ensemble.

Cest grant bien d'avoir compaignie :

Vous serez, quant Boesme guérie.

Qui pour moy a cy audience.

FEi^NOB.

Condl, ayez pitié de France :

En cest estât ne puis plus vivre.

BÉFOBMATION.

C'est grant fait d'oyr sa meschance.

PAIX

Concil, ayez pitié de France.

HitaisiB.

Aura-elle si tost délivrance De ses mauxt

LEœi«CILE C09SOILB.

Tay-toy, rote' et yvre.

l'boijbs.

CoDciU ayez pitié de France.

En œst estât ne pais plus vivre ; Vous avez ouy à délivre La grant douleor et le meschief Que j'endure et ay tant en chief Et en membres : je péris toute; Qui ne le voit, fl ne voit goûte.

Pour Dieu, ayez de moy mercy.

OONCILS.

Et pour ce suis-je venu ey.

(Test toute mon entention

Qu'ayez par réformation

Paix avee vous en général

Et aussi en espécial;

A mon pouvoir, n'en doubte nuls.

En vain seroie cy venus

A ceste fin, par monts et vaux.

Sont çy arrivé cardinaux,

Ffttriarches et arcevesques,

Aussi multitude d'évesques.

Abbés, prélats et clercs sans nombre.

FBAMCB.

Je vous requiers 6 sans descombre Afin que m'en puisse sentir.

RâFOBHATION.

Vous diray-je voir sans mentir?

Certes vous n'aurez jà remède ,

BoU (du flamand : roi), pourrie, gfttée.

Au moins en tout, 6*on ne procède De bon vouloir en charité.

Sans vouloir par subtilité Quérir cinq pieds en un mouton.

PAIX

Je vous prie, ne nous bouton En matière qui nous délaye.

Je croy et tiens pour chose vraye :

Chascun est bon ou il périt ; C'est le fait du Saint-Esperit :

Autrement dire, c'est errer.

BÉFOBHATIOM.

Si chascun se laisse ferrer.

Tout ira bien, je le conclus.

Toutesvoies, je ne puis plus Moy taire contre vous, ma sœur ; Il semble qu'ayez jà le cœur.

Sans coup frapper, du tout failly :

Bien défendu, bien assailly, Laissez-moy faire mon devoir.

Chascun peut bien app^roevoir Que nulle part ne régnerez Sans moy; j*ai cy garant intéreatz.

Pour ce ne me faut-il .plus taindie.

J'ay ouy TÉglise à plaindre Devant nous tous piteusement.

Et France aussi semblablement.

De quoy Hérésie se moque , Qui de riens ses mots ne révoque.

Mais tout quique a, peut à ioy hadie : Sy vueil-je bien que diascun sache.

Ce qu'elles ont, c'est par leur vice

Et par le mien, car mon office

J^ay exercé mauvaisement.

Je le TOUS dy publiquement ;

Je m*en confesse, il m*en desplaist.

Lé saint Concil, s'il lui plaist,

M*en absoldra, il a puissance;

Dieu m'a donné recognoissance

De mon mesfait, je Ten mercie.

Faites tous ainsi, je vous prie.

Car nul n'y a qui n'ait mespris

Enyers Dieu, dont sera repris

S'il ne s'amende ainçois qu'il meure.

Mourir convient quelque demeure.

Nous véons les plus grands mourir ;

Pour tant vueillons tous recourir

A celle très-sainte leçon :

Medicôf cura te ipsum.

Toy qui veux autrui corriger,

Yueillez avant tes faits juger :

Ce doit tout catholique &ire.

Et s'aucuns dient le contraire,

Je vous promets ipropterea

Evaginabo gladium mmm

Et interJkUt eos manui mea\

Pour ce c'en a dissimulé

Au temps passé et reculé,

Et encores c'on dissi^nule

Au temps présent et c'on recule.

En tous estats, moy la première.

Est l'Église, en telle manière

Déserte, comme elle raconte.

Je ne sçay comment on n'a honte :

Chascun doit avoir conscience.

Mais tous appliquent leur science

» Exod. XV, 9.

DE BÂSLE. 53

A vouloir autrui surmonter.

Qu(^ gagne de si haut monter, Puisqu'à la fin faut tout laissera U convient diascun abaisser Envers Dieu par humilité.

Par bonne amour, par charité. Qui voudra que sa voix profite :

Au saint Concil, je m*en acquite.

Ainsi les appostres faisoient.

Ce scèvent ceux qui leur fait voient : Brat eis cor unum et anima una *.

Je promets qu'à Basle n'a Qui sache si jamais verra Le temps que Concile sera.

Si Dieu ne lui a fait savoir.

Pour ce fasse chascun devoir.

S'il peut, de remède quérir Pour l'Église, c'on voit périr; Et se elle eust esté assemblée Plus souvent depuis qu'elle est née, Par bonne réformation Et sans dissimulation.

Je croy que tout fust chrestien.

Que nous dit le bon ancien David : Quibus est forma manm, In amnem terram exMt sonm eomm ^ Les appostres partout preschèrent Quant la foy ceux commentiôrent' :

A quoy tient donc, que tout n'est un.

Fors que, les temps passés, chascun N'a pas du tout fait son devoir, Pour quoy dy, com peux percevoir,

• Cf. Aet. Apost. IV, 32.

• Cf. Psalm. XVm, 5 et Bpist. B. Pauli ad Rom. X, 18.

• ComwietUièrent, commentèrent.

TOH. TI. 5

Que par ces fautea» Samte*égliae Est aujourd'ui atnai bas mise.

Elle a Toulu à tous complaire.

Et par ainsi je n'ay pu faire Mon office, par quoy langniat , Paix, et chrestienté périt.

En général qui Fosast dire Et quoy qu'en soit, en ont du pire ' Aucuns pals, à part ; o*e&t Fïanoe Et Boesme, qui sans doubtance Ont grant besoin d*aToir secours.

On le crye çy tous les jours :

Plaise à Dieu qu*à temps en souviengne ; Car s'il advient (que jà n'ayiengne !) Qu'en ces choses on ne pourroye Je ne voy point par quelque voye Que homme revoise en sa maison Honnestement, s'il a raison»

Et qu'il ait pu cy prouffiter.

PAIX

Si chascun se veut acquitter Comme vous, au moins comme il me semble Encor demourrons-nous ensemble Soubs rÉglise nous deux et brief Il ne me chaura plus de grief Comme m'ait, ains je vous supplie ; .

Quelque chose que je tous die, Pardonnez-moy, ne tous desplaise.

CONCILB.

Chascun en dit bien à son aise:

Qui n'auroit tu nuls vents venter.

De peu le vouldriez contenter.

Femmes dient ce qui leur plaist.

Quant est de moy, il me desplaist Des maux qui courent, mais je tien Que tout sera pour notre bien A la fin et laissons Dieu £edre.

Qui bien regarde saint Hylaire' En ces dits de la Trinité Au livre un, en vérité, L*Église reconforte fort, Quoy qu'elle endure en droit ou tort : Hœ^ inquit, proprium est eeolmm, ut Tune vineat eum laditur, tune Intélligat eum arguitur, tune Obtineat eum deseritur.

L'Église est de telle nature Que s'en la blesse, d*avanture.

Lors elle vaint, et s*en Targue, En mieux son entendement mue, Et quant d'elle toute on ne tient Et c'en la laisse, lors obtient.

Ainsi le dit le saint preudliomme; Et pour tant si l'Église de Bome Et autre part en pluseurs lieux Souffre, je croy que c'est son mieux Que le dit saint Hylaîre advise.

L*ÉaLISB.

C'est petit confort pour l'Église 8î vous ne dites autre chose.

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