AU DUC DE BOURGONGNE
Roc as esté des pays non muable, Prest exploitant de leur toute exigence, Secours» confort de la foy charitable, Lorsque tous rois, en leur force doubtable.
Ont endormi leurs cœurs en négligence, Et au regard d^affaire et d*indigence, Touchant pité et publique salut, Oncques nul fut, qui autant y valut.
Quel œuvre a fait jadis en ton contraire Le roy des Francs , si offenseur parent, A qui fureur et sang te devoit traire Pour terre' honneur et vie luy soustraire Et au party son dampnable adhérent?
Mais par pité du cruel différent Trop ayant cours, vainqueur de propre annuy, Tu propre en toy remédias en luy.
Ton prochain sang longuement fortuné Abandonné de toute main amie, Après l'avoir par armes impugné Et saintement ton yre refréné, Tu Tas jeté de prison ennemie ; Lorsque pité estoit toute endormie Partout ailleurs et peu cœur d'y entendre.
Lors as voulu piteuse main luy tendre.
De tes vertus ne vueil plus faire histoire.
Qui sont de nombre et d'excellence pleines, Quant par recours au vray du répertoire J'y trouve tant de haut fruit méritoire, Qu'à jugier sont plus divines qu'humaines.
Donc et si Dieu en gloires et domaines
' fwre (du latin : tifo), écraser, broyer, foaler aux pieds.
Ton noble estât «r tous augsunte et oimvfe Avec bon beur* ^g^^ieni^il.de bonne GSUTie.
Mais n'est d\>ubly le haut eslèyement De la Toison, haute et divine emprise, Que pour confort, ayde et réparement De notre foy, en long proposement, Tu as mis sus, divulgée et emprise, Soubs autre grant religion comprise Touchant honneur et publique équité, Pour estre mieux envers Dieu acquité.
cy-après, que diray-je en ton los , haut prince, qui per n'as en la terre?
Ton los emprendre, à moy est un deslos, Quant plus t'esliève, et plus te prise et los. Que moins suy sceur de los propre y acquerre, Pour ce qu'en toy il fault si haut enquerre Et vouloir tant d'entendement subtil, Que quant je vueU, dur beaucoup sy m'est-il.
Si j'ay recours à tes chevàlleries, A tes hauts faits d'éternelle mémoire, Ejb dont les cours des hautes seigneuries Sont résonnans, décorées et flories Sur aujourd'huy toute autre neuve histoire, Certes j'y voy tant de gloire sus gloire, Et de splendeur ton thrône si remply, Qu'en y pendant l'œil m'en est affoibly.
Quels aiaMs fit ton Jbras cbevalereux, En ton jeune eage». au circuit d'AbbeviUe, Là où par titre amer très-dolereux, Gomne) un^lyoa triumiAAsi valemiz, .
AU DUC DK BOUBGONGNE. i65
Mis à renvers tes ennemifi par milles Tainquis Testoury c'est humaine ôvangille , Et 8*7 trouva ton.fer plus redoutable»
Qu'ours ou dragout pour mort espoeutabla'.
Arrest^i^ fay surle^ guemsa. frapfioisee .
Que tu maintins mortelles et longèves.
Ta gloire y c.rut dç. haut plus de c^t toises; Aussy enfin, par tçs bontés CQurtoises, , Dieu t'en donna Ie3.fnut8. de nobles Bbv^ C'estoit amour^ f aiX| union et trèTes»
Gloire et honneur en haut lûs.,salutaii:e '- (Test un grant don^ içum c'est cas solita^.
Les fiers Escos, aspre gens bataillièrç, Devant Crevant, fis cheoir en ton espée; Le dire est peu, mais l'œuvre non légière D'avoir acquis victoire avantagière Sur la fureur d'une telle troupée.
Fortune y fit une horrible grippée.
En ta faveur, jeusnes armés encore.
Qui est un cas non digne de forclore.
Tenant l'espée. empoingnift ea la 4eactre^ Contre les Francs joins aux Qnglès crudeUas, Tu pris l'escu sus Tespaule senestre, Pour envair l'afî^Lois.duc d^ GloQhestrei Par tout effort de batailles morteUes, Là où tes faits et aigreurs furent telles Que ton acier sa rçu^^ termjiuiw Et mise à mort saj&aulî^ur dpmiiMM
Peuple hollandois, fière gent maritine, Zéla^dioîa forts, robustes et terribles»
^OfiMoiDeI<»,p.aas.
156 ÉnSTRE
A juste droit et équité divine.
Tu les Bubmis en ta franche saisine
Far long travail en armes très-pénibles,
 quoy pluseurs rois, nations horribles.
Ont contendu en y quérant yictoire.
Dont nul jamais fors toy n*eust celle gloire.
Barrois, Lorrains, Allemans un grant nombre.
Le duc Renier, Barbasan de haut pris, Joints en bataille en ton mortel encombre Tu desconfis et en fis brief descombre, Barbasan mort et leur duc mesme pris Que puis long temps, à son chier coust et pris, Devenu roy, tu tins en ta prison A son grant dur et & grant marison.
Liégeois après, peuple très-furieux, Drus et puissans, orgueilleux et doutables , En armes durs, aux champs laborieux.
Pour embarber un haut roy glorieux Par luy donner encontres redoubtables, Soubs le pouvoir de tes bras non portables Tu les fis cheoir vaincus^ humiliés, Par ton jadis haut père ainsy ployés.
GhasteloisS peuple espris de félonnie.
De sang rebelle et de vouloir inique, Pour résister & telle vilonnie , A peu d'amas de noble barennie Tu corrigeas leur erreur hérétique.
Tant qu'aujourd'huy confusion publique
' Il faut lire : (kuselois, habitants du pays de Cassel. Sxu les feits auxquels Chastellain fait alloBion, voyez Lefebvre Saint-Rémy, 1G4, et le récit fort intéressant de la chronique manoscrite de La Haye.