‹ Œuvres de Georges Chastellain (volume 4)Chapitre 12 sur 42 · XIII. — Le mystère des doute dames de rhétorique · texte numérisé non relu

XIII. — Le mystère des doute dames de rhétorique

Les douze dames sont Science, Éloquence, Profondité, Gravité de sens, Vieille Acquisition, Multiforme Richesse, Florie Mémoire, Noble Nature, Claire Invention, Précieuse Possession, Déduction louable, Glorieuse Acheviasance. Le poème se termine par ce rondeau :

Soit pris en gré nostre petit ouvrage, Qui est basty en l'aide et suffrage De nostre amé, non sans cause George, Qui, par non fer avoir en propre forge, De nostre emprunt fait richesse etparage.

S riens y aqui soit de noble umbrage, Qui soit de fruit ou de clair fenestrage Pour décorer royal palais ou porge, Soit pris en gré nostre petit ouvrage.

0 Ce qui y est, tout gist soubs l'arbitrage

Des Bourbonnois, que Dieu gart d'encombrage f Rus voyent yeulx cinq cent que un seul qui forge. Proumentcuidié, tel fois ne vaut point orge; Mais, quant Tenvoy meut de noble courage, Soit pris en gré nostre petit ouvrage,

Recongnoi88ant ma povre insuffisance, Mon gros engin, ma nature infertile,

Mon estre obscur, ma bastarde croissance Produite à dur, sans vert, sans flourissanoe, Rude, mal propre et non à riens utile, Je aujourd'hui suivant nientmoins le stile, Le ploy tel quel de ma povre nature, Fay humble envoy des biens de ma closture.

Doubteux main propre avoir en offendicle, Oriefve à autrui, rendant à deux lez playe, Semons me voy à dangereux article :

C'est que d'ouvrir l'estroit de ma bouticle, Où povreté le deffrumeur abaye Et dont enfin, s'il convient que j'en traye Ce qui y gist, o confuse besongne, Tout seray plein de honte et de vergongne.

Titre de peur me vient donner rencontre Et me sursault matère minatoire; La peur cobfraint mon orgueil à rencontra, Par quoy, en cas de l'effroy que je monstre, Ne m'est seurté, sinon de non victoire; Ne quiers pourtant, par outrage notoire, Perplexe main boutter contre invincible, Quand mon pugner1 rend corps non confusible.

J'ay un dur roc à taillier et à fendre, Mais n'ay chiseau, ne main qui y soufflsse. J'ay propre honneur à touldre et à deffendrt, Quieschapper ne pourray sans l'offendre.

Par peur trop fade ou par folle entreprise, Entre hardement et niche couardise, Pend & un fil cestui mon tel affaire, Fol du laissier et moins sage du faire.

Pugner (du latin : puçntre), combattre.

J'ay cas bouttant qui me prie et ennorte, Et qui criant vient susciter ma plume; Faveur assez m'y encline et comporte, Lors quant regart au poix me desconforte Et me rend main plus pesant que une englume; J'ay qui fut souffle et qui l'estaint ralume, Et qui, en cœur non transquile en soy-mesmes, Nourrit constraint discordances extrêmes.

Je quiers fuyr, je treuve au dos boutance ; Je quiers riens dire, et taire me confute ; Je faing couler temporelle importance, Par non sentir prière, ne instance.

Lors quant honneur lâche homme me répute, Je conclus points et romps œuvre conclute, J'afferme icy, là d'autre avis je nye, Dontroubs paix quise il sourt guerre infinie.

J'ay soing en cœur, mais non mérancolie, Beaucoup soussy sans ennuieux encombre ; J'ay coy semblant sans tristeur qui me lye, Là où fierté, sans vice de folie, Tient de vertu et d'honneur prend son ombre; J'ay un seul point qui me fait cent en nombre, Et dont les mille ailleurs ne font tel conte, Comme cestui qui seul mille autres monte.

J'ay par dehors l'object d'une splendeur Qui par dedens me rompt vertu visive ; J'ay qui m'excite à flamme et à ardeur Dont j'ay conçu me retourne en froideur, Et en rebout de vigueur sensitive.

Tant seulement puissance intellective.

A lieu droit-cy, mais non vertu sommière Pour soy offrir à si rayant lumière.

Sans avoir vu, sans acquest de science, Comme plein d'art me voy pressé d'escripre, Et sans avoir de riens expérience User me faut de verbal sapience, Comme pour tout l'univers circonscripre; Et qui ne vaux pour gens rudes souffire, Me faut monstrer ma rurale lecture Devant uns yeux pleins d'art et de nature.

0 Robertet, si ta plume fertile

Eust peut user d'espargne envers la mienne,

Ne fust besoing que ores moy inutile

Quérusse trou de resguille subtile,

Pour satisfaire au mérir de la tienne,

Qui en frayeur quasi Achilienne

Devant Hector fuis icellui emprendre,

Quant n'ay de quoy parfurnir, ne comprendre.

Ne besongnoit que ta plume dorée, Mouillie et tainte en encre rosayque, Donnast ce coup à la mienne essorée, Volant en l'air mal duite et mal lorrée, Et mal au ploy de douceur réthorique; Par Dieu, seigneur, sauve l'estrif publique, J'amasse mieux que ton noble dépaindre Tournast sur autre ou que l'œuvre en fust maindre.

Tu m'as assis en excelse clair tronne, Tout circui de gloire et de loenge, Et proclamé devoir porter couronne Des poëtes que de vert on couronne, Qui, bon Dieu los, ne suis de servir lenge. Or, il t'a plu me donner celle frenge Par un semblant que je bien note et signe; Mais l'employ faux déturpe le nom digne.

Saint m'as voulu angélisier, ce semble, Déiffier entre les mortels hommes, Dont de l'honneur je frémis et en tremble, Et suis engrant esmervillier ensemble Dont ce te meut que si haut me renomme», Je n'ay pas non les précieuses pommes De l'arbre d'or croissant en mon vergier, Sinon que fol trop le creuse à légier. .

Tu tens, ce semble, en labeur curieuse, M'avoir tout tien, tout joint à ta nature. Si tu ce fais de bonté sérieuse, Tu torfais donc à Rome glorieuse, Quant tu me mets emprès sa nourriture, Dont à l'excelse et noble flouriture N'est digne nul qui sy appôre au monde Ne que un victrin & perle de claire onde.

Ou tu ce fais par formç dérisoire, Ou par affect de léale racine; Le dérider ne m'est possible à croire, Quant trop seroit chose diffamatoire, Toy, un tel homme avoir telle voisine.

Si donc amour t'a prins en sa saisine Pour décorer mon chief de margarites, C'est donc faveur non fondée en mérites.

Non, les hauts mots glorifient un œuvre, Ne vain loer n'amoindrit main ouvrière ; Mais l'effet vrai, qui en tout art se oeuvre, Cellui par soy juge assez et desceuvre Si los lui duist ou famé autre encombrière. 'Quant l'art est bon et du mesmes l'arbrière, L'œuvre et l'ouvrier non en vain s'entre-honneurent : Quant si l'un fault, les deux s'en descouleurent.

De quel oser, ne de quelle arrogance '

Me duiroit-il couler, ne souffrir dire

Qu'entre les hauts et les plus clairs de France

Je fusse estoile ou précieuse brance

De parler noble et d'élégant escripreî

Voir, ce m'est bien matère pour en rire,

Quant je congnois de tel los la value,

Ne quel fin yst d'avance si velue.

Je suis non ange, ains homme et maindre au double, Corps pur, brutal, moyen entre homme et beste ; Qui de tel heur me contente et me double, Comme il est duit à personne si trouble, Qui n'a de quoy pour faire deuil, ne feste, Hais simplement comme rural agreste Becongnoit Dieu, et de mal et bien faire Discerne au poids touchant à son affaire.

Bien je congnois qu'entre autres créatures L'homme est produit en suprême artifice, Et qu'en ce point, le ducteur des natures L'a ennobly sur autres ses factures Et enrichy de maint haut bénéfice; Mais non pourtant sy est-il plus propice A un que & autre en ses dons multiformes, Quant tous n'est point besoing d'avoir conformes.

Mesmes au ciel, en l'espèce angélique,

Làa vertu par nature distincte :

L'une est suprême en l'ordre séraphique,

L'autre au-dessoubs autronne archangélique.

Et puis le tiers a semblable à jacinte;

Et toutefoys chascune est si précinote

De contentance et de gloire assouffie,

Que Dieu chascune en son lieu gloriffîe.

Pareillement a-il au ciel planettes, Flambeaux luisans, corps d'obscure influence, Signes pervers, concurrences secrettes De quoy en l'aer se forment les cornettes. Brandons de feu par nocturne affluence, . Et néantmoins par moult grant confluence, Sont emprès eux les estoiles petites, Qui de leur peu ne font pas moins débites.

L'une sy est pesant, grave et diuturne, Fixe en son ciel, sans lequel point ne tourne; L'autre est fulgent comme un soleil nocturne Et rompt l'aigreur du haut pervers Saturne ; Autre est message au matin qui ajourne. Chascune en soy se comporte et atourne Selon son lieu, son propre et son office, L'une en bonté, l'autre en autre exercice.

Oiseaux en l'air mille mille manières Vont volitant de différent y mage; Les uns sont beaux et ont vertus plénières, Autres trayance à yaues poissonnières, Autres rattiers et de povre estimage; Et touteffois chascun de son plumage Fait joye et feste et se vit esbattant, Tant un busart comme aloé chantant.

Les mers sy ont leurs monstres parhorribles,

Leurs parfons creux où logeans se conservent.

Donc, comme iceux ont leurs formes terribles.

Autres après ont natures aysibles,

Et au désir d'usage humain s'asservent,

Dont, s'il en est cent mille qui ne servent,

A tant soit peu, fors d'estre créature,

Au moins font gloire au facteur de nature. ,

Tournant donc l'œil sur les arbres et plantes, Diversement de nature sorties, Les unes sont précieuses flairantes, Produisent fruits de leurs fleurs élégantes ; Autres emprès sont ronces et horties, Que nature veut avoir assorties Avec le bel de tout son haut parage , Pour décorer tant plus son noble ouvrage.

Que dirons-nous des roches et des mines Où les trésors précieux se recondent, Divers métaux, diverses perles fines, Dont les vertus et donnisons divines Toutes à fruit congruent et respondent?

S'en eux on voit vertu en quoy habondent, Ne sont pourtant en un degré et pris, Car Dieu ainsi pour décent Ta compris.

Si donc George, en temporel voyage Et à l'exemple aux choses susescriptes, Vit, passe et dure, et mène à bout son eage Sans haut convoit, sans arrogant béage, Posé qu'a peu de vertus et mérites, Ne me faut-il mes richesses petites Porter, souffrir et m'en tenir content?

Par Dieu ouy, et sain est qui l'entent.

Je suis Titan, ne Vénus, ne Mercure,

Ne parement en espère1, n'en tronne;

Ne suis aussi prophète, ne augure,

Sensé, ne clair, sinon à l'aventure,

Soubs humble habit et soubs simple couronne,

Lequel fortune empaint et esporronne

1 Espère, sphère.

Souvent du pic pour meilleur me produire, Quoyque à grant dur s'y treuve le réduire.

Ne suis paon o sa plume dorée,

Ne rossignol, ne merle en harmonie,

Ne suis en mer seraine esvigorée,

D'humain semblant portraicte et figurée,

Qui cœurs endort et perd par symphonie ;

Je suis un tout de la maindre maisnie

Du ciel, de l'air, de la mer, de la terre,

Gros comme un plonc et fraile comme un verre.

Je suis rosier, ne plante précieuse, Flouri rainsseau de vigne, ne d'olive; Ne suy saphir de beauté spécieuse, Ne en l'aspect perle délicieuse, Ruby ardant, ne balay d'eaue vive; Mais suis cellui qui à tous eux déprive Beauté, vertu conjoint emprès leur forme ; Mais moy par eux je m'amende et réforme.

Quel donc puis-je estre ou quelle me duit famé En genre humain, qui tant suis peu de chose, Qui tant suy gros, rude et obscur en l'âme Que à peine est-il qui si povre se clame, Ne où tant vraye ignorance repose?

Certes, quant tout je regarde et propose Et pense à l'arbre, au fruit et à sa fueille, Sobre est le los que j'y attends et cueille.

Qui donc suis tel, et me fais un Virgile,

Un Cicéro, un samblable à Homère,

Un Démosthène, un Thérenoe à haut stile,

Comme tu feins estre vray éwangile,

Que les haulx dieux me soient père et mère.

Ne m est, hélas! la chose donc amère

D'oyr tels mots dont les abstans sourient, Et les plus hauts de la terre murient?

0 refulgent noble clarté françoise, Tronne influant gloire au monde et science, Icy offre prompte oreille courtoise, Par qui reçu en parler qui me loise, Je gaigne ascout et bénigne audience, Non par convoit d'aucune confluence Des biens mondains, que j'y attende ou voye, Mais par honneur qui devers vous m'envoye.

Ne vous soit dur o le trésor du monde

Sainte quasi croisson parisienne ', ,

Si bouche amant et excelse en faconde

Va desrivant sa richesse parfonde,

Pour çjmoblir l'indigne et povre mienne,

Qui recognoy que la vostre anchienne

Qui les cieux perce et peut l'enfer déclore,

Non digne suis que mommant je l'aore.

Ne vous soit grief, 6 haute seignourie Docte en Paris au giron d'éloquence, Si ceste amour en parole flourie, Moy honnourant, vos hauteurs injurie, Qui n'y puis mettre obstacle, ne deffense. Au fort, s'il chiet amende en telle offense. Puisqu'amour est la cause de la playe, Moy, pour l'amant, j'en veux porter la paye.

O Bobertet, chier frère, noble gorge, Mélodieux organe en voix espandre, A quoy as trait hors de ta riche forge L'amoureux feu qui confond ton George,

Cf. plus haut p. 8.

Et dont il chiet en honte et en escandre, Et de quel coup, quant seroit Alexandre, Se pourroit mal réparer au décent Le dur qu autrui en ton tel loer sent!

Ou ton amour est trop ample et trop large, Et n'est à point ton affection droite, Où tu flotter sueffres au vent ta barge, Sans avoir l'œil à ancre, ne à targe, Comme il affiert à équité estroite, Quant tu, sans poids de ce que cœur convoite, Sueffres faveur non digeste à toy croistre Pour loer homme et aimer sans congnoistre.

Tu enfreins loy et ployes la statère ;

Tu propre sens excèdes et mesure

De jeter cœur en subgette matère,

Sans y sçavoir ne vertu, ne mistère,

Par quoy haut œil y doit ruer pessure.

Je ne dy pas que j'en sente blessure,

Ains il te meut de noble et franc courage;

Mais ton franc cœur me contourne en outrage.

Le neud estroit de l'amitié humaine Ne gist, bien sçais, en parole venteuse ; Ains gist en cœur de haut noble demaine, Comme jadis pour la clarté romaine Tulle en escript par forme déliteuse :

Où clarté a, n'est jamais diseteuse De vain loer, ne d'estre fort clamée, Mais sans flatter lui souffit d'estre amée ! .

Peu m'est ton los, mais ton cœur m'est grant chose, De qui les mots d'affection procèdent;

1 Chastellain s'appuie ici sur le traité de Cicéron : de Amiciti*.

Ne m'est pourtant escout à vaine glose, Sinon au point où la vertu gist close, Par qui deux cœurs à s'entr'aimer concèdent. Donc, comme en toy les mérites précèdent Par ta bonté envers moy descouverte, C'est bien raison que j'en paye desserte.

Tu es et vaux, tu as estor moult rice, Et moy je n'ay et ne suys chose nulle ; Tu as nature amiable nourrice, Fortune à choix, faveur d'amour propice, Vie à plaisir, en honneur, sans recule, Et as succié de Thérence et de Tule Tant de doux lait et de si noble boire Que tu en dois à Dieu grant los et gloire.

JPay ce que j'ay , j'ay chose moult petite ; Mais quel qu'en soit le possès, ne le mestre, Sans estre ingrat, j'en doy gloire et débite ; Et, povre ou riche, au moins je m'y délite Et prens en gré ce que autre ne peut estre ; Tel qu'il a plu à Dieu me faire nestre, Tel me souffis, et qui veut, tel m'accepte ; Mais vendre il siet au poids de la recepte.

Si moy de moy je fay petite estime, Je fay mon los et en ensieus droiture ; Car n'y a pas du bien la part septime Que tu y crois, non certes, la centime ; Los toutefois en soit à ta nature, Qui bienveullant envers tel créature, Respand faveur d'immortel souvenir Et dont j'espoire haute yssue advenir.

D'art m'est sobresse et de science acquise» Et n'ay trésor d'escole, ne chevance,

Dont, si richesse estoit en moy requise, Fust quelque peu précieuse ou exquise.

Si riens y a, nature le m'avance :

La preuve en gist en claire appercevance Par le dehors dont mon engin se pare»

Lors qu'art lui fault et de moy se sépare.

Seul un point a qui m'est riche et féconde Et qui haut heur me donne et valïtude, i C'est qu'en mes mains j'ay le miroir du monde \

Duquel ce peu que j'ay d'art et faconde, Ce tout je puise en sa béatitude ; Car tant y a de gloire à plénitude, D'honneur, d'exemple et de haute légende, Que, veulle ou non, il faut que j'en amende.

J'ay, oultre ce, naturelle ferveur

Vers les sachans que sciences nourrissent;

J'ay en parler rhétorical saveur ;

Mais, oultre mode, ay-je amour et faveur

Vers eux, en qui mœur& et vertus Sourissent ;

Car quant beautés et richesses périssent,

En vertu seule ay choisi ma custode :

Donc, si j'ay bien, sy n'est-ce d'autre mode.

J'ay cœur tout humble et aux bons serviable, Corps à l'emploi d'amour rétributive; J'ay léauté constant et permanable Vers mon amy pour mort non séparable, Si cas s'y offre ou cause préceptive ; Mais je n'ay pas puissance executive De sorte au cœur, ne propre à mon entente, Par quoy l'espoir y est de povre attente.

Seigneur, chier frère, amy, docteur et maistre, Haut précepteur soubs qui mes genoux ployent,

1 Le duc Philippe le Bon.

Excuse icy ma rudesse champestre, Qui ne suy clair, ne docte, ne de graat eatre; Mais ay des mots beaucoup qui se reployent ; Mais si les miens à tes dits ressembloyent Et qu'en moy eust tel heur avec coustume, Je t'eusse escript peut-estre d'autre plume.

J'ay œil qui oncq vit ta claire personne , Mais j'ay un cœur qui te dépaint en marbre; J'ay bouche ouvrant qui ta gloire foisonne, Qui l'air remplit* qui les Alpes estonne Des fleurs et fruits de ton précieux arbre. Fuis où tu veux, en Fouille ou en Càlabre : J'auray par temps accès verstafaiture, Mais n'y quiers point guide autre que nature.

Nature, amour et cœur sont d'une ligue ; Tant que l'un est, l'autre va en séquelle. Je suy vers toy non franc, mais tout prodigue, Car cœur, amour, nature, sans fatigue, Je tout t'envoye en prestance éternelle; Soit prise en gré l'affection ysnelle D'un gros George à un clair Hobertet Qui noble en art et un grand Robert est l.

1 Cette épitre de Chastellain se termine par les textes latins qui suivent :

SECUNDUM 80CRATEM.

Principium amicitiœ est bene loqui ; sed sic licet axnare incipere tanquam non liceat desinere. Ama ad modnm igitur et lauda ad parum, quia plus est actione venerabilem esse quam titulo.

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