‹ Œuvres de Georges Chastellain (volume 5)Chapitre 3 sur 43 · VI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VI INTRODUCTION

Telle est riiypothèsc qui nous semble la mieux justifiée; carie surnom d'aventurier qu'on donne à Chastellain dans les vers qui précèdent le Pas de la mort dans le ms. de la Bibliothèque de TArsenal , indique un ouvrage composé pendant sa jeunesse. Il existe néanmoins à la Bibliothèque impériale de Paris un ms. (n" 1 521 6) que nous avions remarqué autrefois et dans lequel un examen plus attentif a fait retrouver, mais cette fois sans nom d'auteur, le môme poëme. On y lit, en regard du premier feuillet qui a été arraché : le Miroir de mort fait (sic) messire PhUippe de Croy, conte de Chimay> Gomment combler la lacune évidente de cette phrase? Faut-il : fait far ou fait pour? Philippe de Croy ne gagnerait rien à revendiquer une des plus faibles compositions de Chastellain : il lui suffit d'avoir été ce vaillant et infatigable défenseur delà maison de Bourgogne, qu'on appelait en son temps, disent les généalogistes, la Clochette du Hainaut. Préférerail>on : fait pour ? Il y aurait à cette opinion de sérieux obstacles. Philippe de Croy ne devint comte de Chimay que peu avant la mort de Chastellain, et sa femme Walburge de Meurs vécut assez longtemps pour lui donner sept enfants, dont l'un fut le parrain de Charles-Quint. Rien n'explique donc ce que nous trouvons dans le manuscrit de Paris, à moins que Ton ne se borne à voir dans la phrase citée la simple mention d'une copie faite par Tordre du comte de Chimay, et il faut laisser à Chastellain la pensée et lerhythmede cette longue élégie'.

■ Une grande partie de ce Yolume était imprimée quand j*ai découvert à Bruxelles un texte qui renferme deux cents vers de plus que celui de Paris. Il a fallu recomposer tout ce poëme, et c'est ce qui

INTRODUCTION. yii

III. — LouUré d'amour'. Ici encore, il s'agit d'une dame dont la vie a été prématurément tranchée à l'aurore de la jeunesse, et le chevalier qui laimait se décide à grand' peine à former un autre lien. La dame qui a cessé de vivre était issue de la maison de France : c est, si nous comprenons bien le poëte, à la cour du duc de Bourgogne que le chevalier rencontre une autre dame qui doit le consoler. Il serait difficile de retrouver les noms qui se cachent sous cette rhétorique assez confuse, et

explique commeDt des chiffres supplémentaires ont, par suite d'une impérieuse nécessité, été employés dans la pagination.

On lit dans le ms. de TArsenal :

Ce traitié-cy pour enseignier Fit George V Aventurier, Afin que chascun ait remort De penser au pas de la mort^ Ditté en belle rhétorique Afin que chascun s*y applique.

Le ms. de la Bibl. de Bourgogrno ne renferme pas ces vers, mais il se termine .par ces quatre vers qui manquent dans le ms. de Paris :

Explicit le Miroir do mort A glace obscure et ténébreuse, Là où on voit chose doubteuse Et nature de desconfort.

Enfin un manuscrit de la Bibliothèque impériale de Paris, mentionné plus haut, nous a offert, au moment môma où ce volume s'achève, un troisième texte, mutilé au commencement, mais différant des deux autres par de nombreuses variantes dont nous avons été heureux de faire usage.

Ce poëme paraît avoir porté indifféremment pour titre : Le Pas de la mort ou le Miroir de mort : nous avons adopté le premier.

■ Le texte incomplet d'après lequel VOultré d* amour a été imprimé en 1758, vient d'être retrouvé à Paris à la Bibliothèque de Sainte- Geneviève.

vui INTRODUCTION.

Robertet ne nous apprend rien de plus quand il dit dans ttne épttre à Chastellain :

Puis que d'amour après en tai issa, £'oulMd*amour, ceint de mortel tissu, Long temps a, fis de sa douleur auguste.

lY. ^ Dicté trûtivi Fan 1 446 dans Fkostd du rai de France. On comprend assez aisément que Fauteur de ces vers ne se soit pas fait connaître ; mais leur origine rappelle d'assez près celle du n* XI, et Chastellain se trouvait à cette époque en France.

V. — Bondd au duc d Orléans. Une confrérie poétique s'était formée au sein de la cour modeste, mais élégante, qui entourait Charles d'Orléans, rentré, après un long exil, dans ses domaines héréditaires. Ceux qui en faisaient partie se nommaient les Amoureux de t observance, par allusion à la réforme de \ observance, introduite en Italie au xiv* siècle dans Vordre des Frères Mineurs. Charles d'Orléans prie dans un rondel Pierre de Brezé (il était aussi l'un des Amoureux de t observance) « de le bénir et de le confesser > , et il ajoute ailleurs :

Des amoureux de Tobseryanœ, Dont J*ay esté au temps passé, A présent m'en trouve lassé Du tout, sinon de souvenanoe, Où Je prens d*en parler plaisance.

Quoique suis de Tordre cassé Des atnoureux de robservbiioô, Dont j*ay esté au temps passé.

Souvent y ay porté penance Et si peu de biens amassé Que quand je seray trespassé) Â mes hoirs lairray peu ohevance.

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