CHAPITRE XV
Comment le duc tint la feste de son ordre à La Haye ; comment le sire de Brederode 8*y descoulpa, et des nouveaux chevaliers qui ftirent eslus.
Or veul-je vuidier de ces argus et de ces contentions ruyneuses, qui autre part cy-après trouveront leur lieu beaucoup plus aigres, et en poursievant ma matière, moy tourner sur les affaires de ce duc, selon la continuation du temps, car hauts affaires et grandes besongnes avoit
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entre mains auxquelles maintenant il convenoit entendre, et tout premier à la feste et solempnité de son ordre, laquelle il devoit tenir à La Haye, et sy estoit jà sur la fin d'avril, et estoit encore à Bruges, et le premier jour de may se devoit tenir la feste. Sy se mist en la mer k i'EscIuse, et le pénultime d'avril, en transquilité de temps, arriva à La Haye. Donc, le lendemain qui estoit par un 5ammedy, les frères de l'ordre avecques leur chief allèrent aux vespres tous à cheval et en leurs manteaux à la grant église, samblablement le dlmeUce à la messe, dont de& mistères et de la manière de leur faire est autre part parlé assez, par quoy je m'en passe à léger. SamUaUement sy fai-je des cérimonies et des magnificences dix disner dont nulles autre part n'ont esté vues samUables, ne de si grant effet, mesmes en l'ordre de la Jerretière, ainsi que me recorda Toison -d'Or qui autrefois s'y estoit trouvé pour les voir. Toutevoies un peu en convient faire narration pour cause du lieu qui le requiert. Car oncques en ce bout de pays-là n'avoit esté vu pareil cas à cestui, ie de telle beauté. Sy voulut le duc, sa feste non repincier, ains plus tost eslargir et lui donner splendeur pour l'amour des nations voisines qui s'y trouvèrent, et par espécial de ceux d'Utrecht qui disoient qu'il n'avoit point d'argent pour leur faire guerret*
La salle de La Haye est une des belles du monde et des plus propres à tenir grant feste. Sy fut tendue icelle de la plus riche tapisserie qui onques entrast en court de roy et de plus grant monstre et n'avoit esté monstrée ailleurs que droit-là. Car le duc nouvellement l'avoit fait faire de l'histoire de Gédéon sur le veaure* de miracle en l'appropriant
* Veaure, toison.
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à son ordre*. Je ue fay devise des tables droit-là assises, ne du haut riche dais où estoit assis le duc au milieu de ses frères, dont nul plus magnifique, mais en icelle salle avoit trois dressoirs couvers et en grant distance l'un de lautre, dont Tun sy estoit de parement et tout de vaisselle d'or enrichie de pierreries, à cinc ou six estages de haut pour faire amirer gens, le second dont se servoient les chevaliers de l'ordre, estoit plein de vaisselle dorée, autretant chargié de riches meubles et en multitude d'estages que nulle chose plus riche, et le tiers dressoir dont se servoient les autres tables des assis, estoit tout de vaisselle blanche et en telle multitude et hauteur que peu a esté vu de pareil. N'y avoit toutevoies que la table où séoit le chancelier de l'ordre, le trésorier, le gre&jdr et le roy d'armes d'un lez seulement, la table de ceux de sa chapelle tout d'un lez aussi et la table des hérauts et rois d'armes tout d'un ranc non double^- là où seulement les autres princes et barons et les nobles chevaliers et escuiers allèrent au devant des mets à trompettes et clarons, en riche et très-noble aroy et en grant décorepaent de feste, et se contenoient regardans Testât à deux èles de la grant table pour donner vue aux estrangers, entre lesquels y avoit aucuns François droit-là venus pour leurs affaires, cax y avoit des gens de messire Charles des Mares, capitaine dd Diq)pe, qui estoient venus pourchassier aucuns d^ leurs compagnons prisonniers droit-là pour escumeujps de mer, qui moult s'esmerveillèrent en ce que veoient. Y avoit aussi Angles et Espaignols, Ytaliens et Alemans grajit nombre, qui ne se porent ravoir d'amiration. Fri-
» Cette tapisserie avait été faite h Tournay . Voyez les Dues de Bour^ gogne^ par M. le comte de Laborde, I, p. 437.
sons et Utrequois y convinrent aussi, qui non moins 8*en esmerveiUèrent, car oncques en leur ymaginer n'estoit cheu une si haute besongne connue ceste et par laquelle ils devinrent tous confus. Donc et pour ce que aucuns d'entre eux avoient semé langages que le duc n'estoit point furny d'argent pour mener guerre à rencontre de ceux d'Utreclit pour cause de ceste évescié, encore fit-il monstrer en une grant chambre d'encosté la salle, encore bien trente mille marcs en vaisselle d'argent ruée par monceaux l'une sur l'autre, là où tout le monde qui vouloit, la pouvoit aller voir, donnant par ce à cognoistre que quant n'eust point eu d'argent monnoyé, sy avoit-il des meubles pour en avoir. Et d'abondant et encore qui passe tout, avoit porté avecques luy de Lille deux coffres là où il avoit deux cent mille lions, et iceux coffres avoit mis en une chambre publique où tout le monde se venoit assayer à rencontre pour les sourdre* que tous y perdirent paine. Par quoy voiant cecy et une chose et autre, perçurent bien et cognurent leur erreur, et que c'estoit celuy à rencontre de qui effort leur pouvoir n'estoit riens et qu'au paraller ils deffailleroient en l'estrif, combien toutevoies que assez longuement encore la maintinrent mal avisés en faveur de l'eslu et de son frère le seigneur de Brederode, qui depuis s'en trouvèrent humiliés et fraudés en leur vain espoir, car la main à qui avoient à faire, leur estoit trop dure et la question peu honorable.
Or estoit le seigneur de Brederode mesme un des chevaliers de Tordre et ne s'estoit point comparu à ceste feste, car n avoit osé de peur de l'indignation de son prince, et sy n'y avoit envoie procureur pour luy, ne procuration,
* Pour les sourdre^ pour les soulever.
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car nul des chevaliers ne Teust osé prendre, en qnoy îl enfraigny toutes les ordonnances et devoirs du chapitre. Sy en fut-on très -mal content sur luy, avecques ce que la cause y estoit assez autre par avant*. Toutevoies, ledit de Brederode monstra assez par samblant qu'encore il amoit mieux à porter l'indignation que perdre ce qu'avoit entre mains, l'évescié d'Utrecht, car disoit très-bien qu'il ne vouloit point d'estrif, ne de rébellion à rencontre de son prince et dont il estoit de l'ordre de sa grâce , mais en faveur de son frère l'eslu , il deflFendroit sa querelle tout et outre à l'encontre de David, bastard de Bourgongne, évesque de ïéroenne, et qu'en cq il ne faisoit à blasmer, ne ne faisoit riens contre honneur , car estoit un débat de privé homme à autre et non à sa seigneurie princiale, et sur l'espoir et fondement de cestui titre, posé qu'il ne comparusLpoint à la feste de l'ordre avecques les autres , lui sambloit bien que point ne faisoit chose, à le bien entendre, par quoy il en pust estre approchié d'honneur pour lui faire perdre son collier, et de ce , il s'en fioit bien en la détermination du chapitre, y fust ou non. Envoia quérir toutevoies seurté pour y venir, laquelle lui fut envolée, et y vint deux ou trois jours que les chevaliers jà avoient esté
*■ La fôte de Tordre se célébra à La Haye le 2 mai 1456. Les chevaliers refasèrent de recevoir le blanc- seing que Renaud de Brederode avait adressé au seigneur de la Vere, et il fût ajourné à comparaître en personne. Il ne comparut au chapitre que le 11 et y exposa à genoux les motifs qui Pavaient empêché de se rendre à rassemblée. On lui reprocha de favoriser son frère dans ses prétentions à Tévôché d^Utrecht, d'avoir voulu occuper plusieurs places de cet évôché, et d'avoir été présent à une émeute à Utrecht. Ses réponses parurent insuffisantes, et comme U semblait ne pas reconnaître les droits de David d0*Bourgogne à révdché d'Utrecht, on lui communiqua les bulles et provisions pontificales. De plus, on le menaça de le poursuivre devant Tordre. Après quelques délais, le sire de Brederode, h genoux et la tête découverte, promit de s'amender (RelffenbeTg^Hishire de la Toison d'or, pp. 35-37).
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assamblés en conclave : sy y fut reçu et fait entrer dedenSy et là présent le duc et ses frères d*ordre se rua & genoux et requist pour grâce de parler, et grâce obtenue, parla Iiautement et grandement à son honneur, soy excusant de toute charge ettd opération mauvaise, protestant le noble et léal vouloir que avoit envers la hauteur et sei* gneurie de son prince et seigneur souverain le duc présent, Taffection aussi et désir qu'avoit de le servir et obéir comme raison le devoit, et de la curiosité et grant soiag qu* avoit de garder son honneur sain, a£n de non souiller, ne corrompre par chose mal faite la dignité du haut ordre dont on Tavoit fait frère moins digne ; mais finaUemanl; pria en toute humilité que, s'il avoit maintenu et maintenoit le fait de son frère à rencontre d'un autre qui ne lui estoit riens, que pourtant on ne le tenist point si à suspect, ne si contre cœur, car ne lui sambloit point qu'il y avoit cause, car chacun doit le guet à non crétd* pour avoir des biens, ce disoit. Sy fut fait vuidier ledit de Brederode, et fut sa querelle débattue, lui absent, là où en divers courrages avoit diverses opinions, les unes plus amies pour luy que les autres, et de fait y avoit des amis et de bien grans, car ledit de Brederode avoit à espouse la fille du seigneur de Lalaing, à la cause duquel il avoit messire Simon de Lalaing favorable comme oncle de par père, et le seigneur dé Créqui, comme oncle de par mère, pour l'honneur desquels son fait ne pouvoitestre que meilleur. Fut toutevoîes fait rentrer et resaillir par diverses fois, dont conclusion ne s'en pouvoit traire autre fors que à son damp et jpéril il vouloit persévérer en la querelle de son frère, sans penser enfraindre honneur, et de fait y persé-
* A son créiel^ à sa maison.
véra encore une espace et s'en retourna à Utrecht sain et sauf comme il en estoit vuidié, qui depuis contrahy beaucoup de haines contre lui et d'ennemis courrages pour ses fiertés, es quelles il ne pouvoit vaincre à la longue, ne persévérer sans être deffait mesme et tous les siens.
Sept ou huit jours dura le chapitre de ces chevaliers au boui desquels entre les autres grans affaires, ils eslurent cinc autres nouveaux chevaliers pour estre de leur ordre, «a lieu de cinc autres trespassés chevaliers de grant mémoire, dont l'un estoit un conte des marches d'Espagne nommé le conte de Galisana', serviteur du roi d'Arragon, Ferrand, l'autre messire Jacques de Lalaing, le tiers, le «eigneur de Temant, le quart, le conte de Comminge, Gaston*, le quint, messire Hues de Lannoy, seigneur de Santés, dont, parce que ces cinc chevaliers droit-cy avoient esté de haut los en leur temps et de grant fait, il «éoit bien que les lieux aussi en fussent remplis de chevaliers samblables et desquels la compagnie eust parement. Sy fut premier évoqué à cecy le conte d'Estampes, prinee vaillant guerroier en maintes hautes et dures be- Bongnes, esprouvé longuement, mais oncques n'avoit esté chevalier, par quoy jusqu'à maintenant il n'avoit pu avoir l'ordre. Le second eslu droit-cy, c'estoit messire Jehan de Coymbre, jeusne chevalier de vingt ans, neveu de la duchesse de Bourgongne, auquel par regard que Ton avoit à fies mœurs et vertus et à la haute disposition de sa personne pour le temps futur, fut député cest honneur, tar plus bel commencement de jeusne prince que luy n'avoit en la terre. Or avoit esté conclu de l'envoier en
* Pedro de Cardona, comte de Golisano, élu chevalier de la Toison d'or en 1451.
^ Matthieu de Folx, d'après M. de Reiffenhergr.
Cypre mesmes à la requeste du roy de Cypre qui en vouloit faire son héritier et lui donner sa fille, et à quoy le duc et la duchesse sa tante, à la très-longue et grant instance dudit roy, s'estoient consentis pour le bien de la cristienté. Sy duisoit bien certes de le parer de cestui renommé ordre affin de lui donner souvenance à tousjours de la maison où il avoit esté nourry, et que tant plus se tenist astraint et obligé envers elle. Le tiers qui droit-cy fut eslu, ce fut messire Adolf de Clèves, frère au duc de Clèves et neveu du duc de Bourgongne, un très-gentil honorable chevalier et en qui avoit des mœurs et des vertus bien dignes d'exaltation , car large estoit et débonnaire et en vaillance comparable à César. Le quart, ce fut messire Anthoine, bastard de Bourgongne, jin très-gentil bel chevalier entre mille, en qui honneur et nature avoient mis des dons beaucoup et de hautes apparences en fait de chevalerie et dont desjà on en avoit vu les espreuves. Sy en fut l'élection mieux assise. Le quint, ce fut un chevalier napolitain de l'hostel du roy d'Arragon, nommé le conte de Dernon*, le meilleur en toutes qualités et le plus gentil chevalier du royaume de Naples, mais n'estoit point bien en gré dudit roy d'Arragon que ce chevalier droit-cy fust eslu à estre de l'ordre, pour cause que luymesme avoit requis pour un autre, lequel toutevoies n'estoit point bien au gré des chevaliers par le recort qu'on leur en avoit fait. Donc, parce que ledit roy devoit avoir deux chevaliers de Tordre tousjours emprès luy et que l'un en estoit mort pièça, lui fut baillié pour compagnon et frère d'ordre ce conte droit-cy, chevalier sans reproche, laquelle chose, quant le roy sçut que sa requeste ne
■ Le comte de Terreno, d'après M. de Reiffenberg.
pou voit estre avancée, jura aussi en mot de roy, que tant que vivroit, l'autre qui estoit eslu, Tordre ne porteroit, et par ainsi le duc et les frères de Tordre, quant ce entendirent, non veuillans desplaire audit roy, tinrent le collier devers eux et laissèrent Télection en tel estât et valeur que pouvoit estre jusques à ce qu'on verroit cy-après quelle chose il en seroit de faire; mais ledit roy d'Arragon mourut environ deux ans après ou trois, par quoy la difficulté en vuida d'elle -mesme, car ledit roy mort, Télection ne tenoit point de lieu, parce que par deçà on n'estoit point tenu d'envoier nul collier par delà, sinon à cause du roy à qui on avoit promis, quant il prit Tordre, que tousjours et tant qu'il vivroit, on lui entretiendroit deux chevaliers emprès luy atout Tordre. Dont, si ledit roy eust voulu agréer Télection à ce conte de Dernon, il eust eu Tordre au col et lui fust demoré son vivant si bien comme au conte d'Ariane*, mais nenny, et par ainsi le chevalier, qui riens n'avoit reçu par Tempescement de son maistre, n'a riens perdu aussi que le sortir à effet de Thonneur à luy député.
Entre ces cinc chevaliers nouveaux eslus, moult fut belle chose, ce disoit-on, des manières et paroles de ce jeusne prince messire Jehan de Coymbre, alors quant il reçut Tordre en chapitre et qu'on lui requist le serment, car tout si noble et de royal sang qu'il estoit, sy se réputoit-il un des moins dignes du monde d'estre venu à cduy honneur, encore si jeusne qu'il estoit et qui riens n'avoit vu, ne valu. Donc, s'il eust été des meilleurs du monde, ce disoit, sy se tenoit-il assez à paré d'estre venu là, et disoit que autant se tenoit à riche alors et plus joyeux
^ Juan de Guevara, comte d'Ariano, élu chevalier de la Toison d'or en 1451.
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que d'avoir couronne en teste. Sy en regr&cia Dieu hautement et le duc avecques ses frères quià merreilles le regardoient, et luy avecques les beaux mots fondit les larmes des yeux, de bonté de courage.
Envers ce temps-cy avoit un homme à Valencines assis dormant en ime chayère à dos emprès le feu, et pendoit sur le feu un chaudron d'eaue. Sy advint que le bon homme, ainsi que seul séoit dormant, se laissa cheoir en avant le visage dedens le chaudron d*eaue et là se noya et mourut, premier que jamais âme lui pust venir à secours. Sy en fut laventure espoentaUe à toutes gens et digne d'amiration.
CHAPITEE XVI.
Comment le due âst publier une bulle d'exeommunioation eoiitre les adhérens de Vetlu d'Utrecht.
Or doncques, quant le nombre des chevaliers estoit rempli par les nouveaux eslus, restoit à faire le plus fort, c'estoit de contenter ces deux frères, qui pourroit par voie amiable en eux déportant de la croche, ou par force et en exécutant la volenté de nostre Saint-Père, y bouter David de Bourgongne, évesque de Téroenne, car ainsi l'avoit empris le duc et ainsi le désiroit mettre, à effet ou mourir en la peine, non pas tant pour la promotion de son fils bastard, comme pour le bien de la chose publique de son pays qui tout y pendoit. Et autant aussi que c'estoit le bien de sa seigneurie que David fust paisible évesqve d'Utrecht, d'autant estoit-ce playe à l'autre lea et grief à sa hauteur quant l'eslu en eust emporté la victoire, car les conséquences en estoient périlleuses et les pointes de leurs
cornes, à cremir, et parlant le duc avec son conseil, regardant cecy, jugea bien estre nécessité aussi d'y mettre vertu et roideur à rencontre pour rompre leur orgueil, car infailliblement s'ils y fussent parvenus , ce eust esté à son grief et à son rebout. Or estoit venu et arrivé devers luy le prieur des chartreuxde Dijon, lequel il avoitenvoiéà Eome vers nostre Saint-Père pour ceste cause. Sy apporta les bulles et les sentences d'excommunication sur tous ceux qui seroient opposans et contredisans à David de Bourgongne et les mist nostre Saint-Père en ban perpétuel [aveuques] tous ceux qui ne l'assisteroient. Le duc les fist publier par tous les pays environs par Frise, par tout le pays d'Utrecht, Hollande et Zélande, et en fist mettre les copies autentiques aux portes de toutes les églises qui toutes prestement obéirent à David, accomplirent le vouloir de nostre Saint-Père le pape, reçurent David pour leur évesque, renoncèrent à l'autre et lui jurèrent et promirent par toutes les bonnes villes service et assistence, réservé seulement en Utrecht là où résidoit le parti contraire et en les trois hautes villes devers Frise. Là n'accoutoient-ilsriensà cestes bulles, mais les contredisoient, et, par contraire, dis(»ent (et vray estoit) qu'ils avoient homme vers nostre Saint-Père aussi, de qui ils attendoient unes bulles toutes autres et frustratives de cestes, lesquelles ils disoient subreptices et obtenues par donner faux à entendre , mais ils avoient bel dire et bel donner à entendre au peuple ce qu'ils vouloient, mais jamais n'eussent fine* vers nostre Saint-Père ce que quéroient, car le duc leur estoit trop fort et trop favorisé en court de Rome, et avoit esté informé parfondément de la matière nostre Saint-Père
> Fine, obtenu.
iOO CHRONIQUE
Calixte trop au vif. Toutevoies cestes genô-cy, pour tenir le peuple tousjours en amour envers eux et en leur querelle, tousjours lui donnoient espoir et promesse de cestes bulles avenir, dont par leurs vaines paroles ils tinrent le peuple en erreur et en grant grief de leurs âmes , sans venir toutevoies à leur intention.