CHAPITRE XLVI
Comment le duc envoya vers le roy messire Jehan de Croy et messire Simon de Lalaing, touchant le fait du dauphin *.
* Je crois avoir lu dans la chronique manuscrite d'Adrien de But quelque chose de la cruelle détention de Robin de Malortie. La chronique d'Adrien de But, conservée h Bruxelles à la Bibliothèque de Bour^gne, offre les renseignements les plus intéressants pour toute cette époque. L'auteur a pu consulter des hommes fort bien placés pour connaître la vérité, et souvent ses récits répandent une vive lumière sur d'odieuses intrigues.
• Le 23 octobre 1456 , le duc de Bourgogne envoya au roi , pour développer sa justification , une ambossade composée de Jean de Croy, de Simon de Lalaing, de Jean de Cluny et de Toison-d'Or (Lofobvre- Saint-Remy). Les instructions qui leur furent remises et la réponse que Ton y fit au nom du roi, sont reproduites par Jean Chartier , III , p. 58. Cf. Matthieu d'Escouchy, chap. CXXI. — Duclos donne aussi le discours que Jean de Cluny , au nom des ambassadeurs du duc , adressa à Charles Vil, le 27 novembre 1456.
Le dauphin avait remis à Jean de Croy une lettre adressée à son père. Dans cette lettre, il s'applaudissait de la très-bonne ckière que lui fiEiisait lo duc de Bourgogne, et il ajoutait que son bel oncle était bien esmerveiîlé de la prise de possession du Dauphiné par les gens du roi. Le 22 décembre, il fit parvenir aux ambassadeurs du duc de Bourgogne diverses propositions qu'il les chargeait de soumettre au roi, afin qu'il pût rentrer en sa grâce. Cette démarche était i)eu sincère. Voyez Duclos, Histoire de Louis J/, III, pp. 138, 139 et 154.