‹ uvres de GilbertChapitre 15 sur 43 · Léopold 1er · texte numérisé non relu

Léopold 1er

Marcher nos maîtres légitimes.

Les voyez-vous se rassembler Autour de leur fille immortelle, Qui , toujours aux Lorrains fidèle , Descend et vient les consoler ?

Je l'entends ; elle parle , elle est ici présente , Et fait couler le miel de sa bouche éloquente.

« C'est trop gémir et soupirer :

« Ah! calmez ces regrets profanes; « Vos maux viendraient me déchirer « Jusqu'au fond du séjour des mânes.

« Je vous aimais, et chez les morts « Cette même ardeur m'a suivie ; « Loin de vous s'écoula ma vie , « Mais mon cœur habitait vos bords :

« Du moins, du moins rendue à des rives si chères, « Ma cendre ira dormir au tombeau de mes pères.

« Gardez ces restes précieux, « Gages derniers de ma tendresse, « Et que le nom de mes aïeux

« Sur vos bouches vole sans cesse.

« Vantez en eux des bienfaiteurs, « Et non point vos antiques princes ; « Louis commande à ces provinces, « Comme eux il a droit à vos cœurs.

« Que dis-je ? ah ! que vos cœurs à Louis seul se donnent ;

« C'est moi, c'est mes aïeux, leurs ombres qui l'ordonnent.

« Leur sceptre est brisé pour jamais,

« Il est brisé; mais, ô Lorraine !

« Déjà pour toi l'heureux Français

« Les voit tous revivre en sa reine.

« Sans doute, dès ses jeunes ans,

« On lui redit leurs grands exemples;

« Que de ses pères dans tes temples

« Étaient cachés les ossements.

« S'ils aimaient les Lorrains, le même amour l'enflamme, « Et toutes leurs vertus ont passé dans son âme. »

L'ombre a dit. Yous savez ses lois , Yoici sa tombe redoutable ; Jurez-y, peuples, à vos rois

Une tendresse inviolable :

Parlez. « Nous jurons à Louis « De vivre tous Français fidèles; « Oui, s'il restait des cœurs rebelles « Que sa vertu n'eût point conquis , « 0 reine, ô des Lorrains chère et douce espérance, « Il les reçut de vous dévoués à la France! »

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