‹ uvres de GilbertChapitre 33 sur 43 · DUC DE LORRAINE · texte numérisé non relu

DUC DE LORRAINE

Monseigneur ,

Un auteur, avant de mettre au jour ses productions sous les auspices d'un nom illustre, doit avoir mendié son aveu; ils arrêtent ensemble, je rougis de le dire, une espèce de convention tacite, également indigne de tous deux : l'un s'engage souvent à trahir la vérité dans une épître tissue de flatteries, dont le traducteur rit le premier; l'autre, à payer son mensonge. J'ai dédaigné cet usage humiliant, et Votre Altesse Royale, loin de s'en offenser, approuvera, j'en suis sur, l'audace d'une muse qui, pour la célébrer plus noblement, a voulu conserver toute sa liberté. Les hommages volontaires, désintéressés, sont les seuls qui plaisent aux âmes délicates. Croirai-je d'ailleurs qu'un fils désavoue l'éloge d'un

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