‹ uvres de GilbertChapitre 34 sur 43 · EPITRE DEDICATOIRE · texte numérisé non relu

EPITRE DEDICATOIRE

père, ou qu'un héros rejette le portrait d'un grand homme? C'est celui de Léopold que j'ose offrir à Votre Altesse Royale. Héritière et témoin de ses vertus, elle trouvera peut-être que je les ai peintes faiblement : je ne m'abuse point, et j'ai senti la médiocrité de mes talents ; mais, né dans le sein de la Lorraine, je n'ai pu résister à l'envie d'élever un monument public au meilleur de ses souverains.

Votre Altesse Royale aima les lettres dès son enfance; et vos exploits militaires, dont l'Europe s'entretiendra longtemps avec admiration, ont été les effets de vos lumières bien plus encore que de votre valeur. Aussi avez-vous toujours honoré de votre auguste protection les muses, même les plus obscures, persuadé qu'après l'art de faire de belles actions, l'art le plus glorieux est celui de les célébrer. Il vous était réservé de donner au monde le modèle d'un grand prince. Citoyen ignoré, mais jeune encore, je me croirais heureux, si jamais, encouragé par vos regards, Apelle nouveau, j'étais digne de peindre Alexandre.

Je suis avec un profond respect, Monseigneur, de Votre Altesse Royale, le très-humble et trèsobéissant serviteur,

Gilrert.

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