‹ uvres de GressetChapitre 209 sur 215 · DE GRE S S ET · texte numérisé non relu

DE GRE S S ET

Grâce au sophistique ramage , Qui, nous enchantant tristement, Substitue agréablement L'esprit frondeur, sec, et sauvage, Au national agrément , Et les ronces du persiflage Aux guirlandes de l'enjouement.

L'aigre et vague raisonnement , Haranguant , ennuyant notre âge , L'endort sentencieusement , Au rouet de sou verbiage.

On uous mande dans nos hameaux Les progrès lugubrement beaux De cette étrangère manie , Qui , déployant de noirs réseanx , Et des cyprès, et des pavots, Sur les roses de la patrie, Remplit nos écrits , nos propos , Et nos modes enchanteresses, D'urnes, de lampes, de tombeaux, Et de semblables gentillesses.

Malgré ce nuage et ce goût De productions vaporeuses, Qui pour un temps font prendre à tous La couleur noire et les pleureuses, Nous autres bons provinciaux, Qui ne savons qu'être sincères, Et qui ne nous conduisons gueres Par la fureur d'être nouveaux , François comme l'étoient nos pères Dans les jonrs calmes et prospères De la docile loyauté, D'aucun ton factice , emprunté , Nous n'éprouvons la fantaisie, Et nous prenons la liberté De penser avec bon-homruie

Ll I Qu'il vaal bien mieux pam !.i santé Suivre dans sa route fleurie

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