ACTE III, SCENE II
Sans troubler son repos, terminez sa misère. N'attendez pas qu'ici pleurante k vos genoux. Elle vienne arrêter un funeste courroux. Sûre que l'équité va lui rendre son père, Sa vertu ne sait point descendre à la prière. Mettez fin à ses maux, si vous y prenez part, Et faites son bonheur en souffrant son départ.
Moi que pour son bonheur je m'intéresse encore , Tandis que sur la foi des feux que je déplore La cruelle se plaît à faire mon malheur. Me brave avec orgueil, me fuit avec horreur.' Il en fant à ma gloire épargner la foiblesse. Vengeons d'un même coup mon trône et ma tendresse.
Pour sauver un proscrit que peut-elle aujourd'hui Quand elle est à mes yeux plus coupable que lui?... Que dis-je? quand je puis terminer tes alarmes, Quand la main d'un amant doit essuyer tes larmes, Je livrerois ton père au glaive d'un bourreau ! J'attacherois tes yeux sur un affreux tombeau ! O ma cbere Eugénie ! ah ! punir ce qu'on aime, Frapper un cœur chéri , c'est se frapper soi-même. Non, son seul souvenir désarme mon transport. Il faut, ehere Aglae, faire un dernier effort. S'il reste quelque espoir à mou ame enflammée , Rassurez, ramenez Eu»euie alarmée :
Qu'abrégeant à la fois sa peine et mon tourment , Au tribunal a*uu juge elle trouve un amant. Dites-lui mon amour, mes pleurs, ma fureur même ; Tout est justifié par un amour extrême : Mais si, fidèle encore à de fausses vertus, Si pour'le vain honneur d'un superbe refus, Trop sûre qu'arrêtant un jugement sévère Mon cœur va prononcer la grâce de son père , Evitant ma présence, et fuyant ce palais, 2. 4
38 tDOlARD III.
Ellebraroit mes feux, mop > onrroux, mes bienfait! ;
11 m'en coûtera cher . mais j'atteste la g]
Que de ses vains attraits j'efface la mémoire;
Et son perc, à 1 instant déchu d<- t. m- ses droits,
N'est plus -pi un criminel 'pn- j'abandonne anx lois.
Ne perdez point de temps; allez : je vous confie
Mi a desseins , mon espoir , le sein t de nia vie.
Priez, promettez tonl : effrayez . s'il le faut.
Un mot Ta décider ; le trône ou l'écha/and :
Son sort est dans ses mains caliez, qu'elle prononce :
Le destin de mes jours dépend de sa réponse.