‹ uvres de GressetChapitre 45 sur 215 · SCENE VI · texte numérisé non relu

SCENE VI

VORCESTRE.

Eh! qui peut me chercher dans ces funestes lieux? Est-ce un heureux secours que m'adressent les deux? Quel que soit l'inconnu que je vais voir paraître, Dieu juste, fais du moins qu'il ne soit point un traître; Que je puisse par lui détruire un attentat, INon pour sauver mes jours, mais pour sauver l'état. Où respire, où gémit ma lille infortunée ? Tu connois sa vertu, conduis sa destinée... Quand j'éprouve clés maux qui semblent n'être faits Que pour être la honte et le prix des forfaits , Je ne t'accuse point , arbitre de ma vie ; Lorsque la liberté, l'aine delà patrie, Voit dégrader ses droits, voit tomber sa grandeur, La mort est un bienfait, et non pas un malheur... Ignorât-on le sort que nous devons attendre , Et sons quels cieux nouveaux notre esprit va se rendre, Le désir du néant convient aux scélérats : Non, je ne puis penser que la nuit du trépas Eteigne avec nos jours ce flambeau de notre ame Qu'alluma l'immortel d'une céleste flamme. La vertu malheureuse eu ces jours criminels Annonce à ma raison les siècles éternels : Pour la seule douleur la vertu n est point née ; Le ciel a fait pour elle une autre destinée. Plein de ce juste espoir, je m'eleve aujourd hui Vers l'Etre bienfaisant qui me créa pour lui... Mais qui s'avance ici ?

',o EDOUARD II r.

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