DES SANCTIONS DE LA MORALE
dire l’attrait d’un certain plaisir qui Ta port^ à le commettre ; le projit du crime , c’est-àdire l’acquisition de quelque plaisir qui en a ét^ la conséquence; la punition (égaie à infliger, c'est-à-dire quelqu’une de ces mêmes peines qu'il faut faire subir au coupable. Cette théorie des peines et des plaisirs est dune le fondement de toute la science.
Plus on examine ces deux catalogues, plus on y trouve la matière première de la ré* flexion.
Je vois d’abord qu’on peut diviser les plaisirs et les peines en deux classes ; plaisirt et peines reiatifs n autrui; — piaisirs et peines purement personnels. Ceux de bienveillance et de malveillance composent la première classe : tous les autres appartiennent à la seconde.
J’observe en second lieu que plusieurs espèces de plaisirs existent sans avoir des peines correspondantes : l ” les plaisirs de ta nouveauté:
la vue des objets nouveaux est une source de plaisirs, tandis que la simple absence d’objets nouveaux ne se fait pas sentir comme une peine, a® I.«s plaisirs de Camour: leur privation n’cnlraine point de peines positives, lorsqu'il n’y a pas oc désir trompé : quelques tempcraracnls pourraient en souffrir , mais la continence en général est une disposition an plaisir, qui n’est rien moins qu’un état pénible. 3" Les plaisirs de la richesse et de Carguisition ; ils n’ont point de peines correspondantea, lorsqu'il n’y a pas d'attente trompée : acquérir est toujours un senciroenc agréable; la simple non-acquisition n’est pas sentie comme tme peine. 4® 1.^8 plaisirs au pouvoir sont dans le même cas. I^nr possession est un bien; leur simple absence n'est pas nn mal ; elle ne peut SC faire sentir comme un mal que par quelque circonstance particulière, telle que la privation ou l'attente trompée.