‹ Œuvres de J. Bentham, jurisconsulte anglaisChapitre 155 sur 524 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

DE LA PnOPORTIOS ENTRE LES DÉLITS ET LES PEINES.

Adsit

, pfccatit qtUK panat irrwjrt Ne tcuticù diqnum , ItorrihiU $ec<èrt Jla^llo.

Hor., l. m.

Montesquieu a senti la nécessite d'nne pro- ^rtion entre les délits et les peines. Reccaria a insisté sur son importance ; mais ils l'ont plutôt recommandée qu'éclaircie : ils n’ont point dit en quoi consiste cette proportion. Tâchons d'y suppléer, et de duuner les principales rc^^lcs de cette arithmétique morale.

Première rèyfe. Faites que le mal de la peine surpasse tavantoqe du délit.

Les luis anglo-saxomies qui fixaient un prix pour la vie des hommc.s, par exemple, deux cents schellinfTs pour le meurtre d'un paysan, six fois autant pour celui d’un noble, et trentesix fois autant pour celui du roi, maljp-é celle proportion péciiuiaire, péchaient évidemment conire la proportion morale, l.a peine pouvait paraître nulle, comparée à l'avantage du délit.

On tombe dans la même erreur toutes les fois qu'on établit une peine qui ne peut aller que

jusqu’à un certain point, tandis que l'avantage du délit peut aller beaucoup au-delà.

Des auteurs célèbres ont voulu établir une maxime c'onlraire : ils disent que la grandeur de la tentation doit faire diminuer la yeine, qu'elle atténue la faute, et que plus la ^duction est puissante, moins ou peut conclure que le délinquant est dépravé.

Cela peut être vrai, mais la règle n'en subsiste pas moins ; car, pour empêcher le délit, il faut que le motif qui réprime soit plus fort que le motif qui séduit. La peine doit se faire craindre plus que le crime ne se fait désirer. Une peine insuffisante est un plus grand mal qu'un excès de rigueur; car une peine insuffisante est un mal en pure pert/s II n’en résulte aucun bien ni pour le public, qu'on laisse exposé à de semblables déiiu, ni pour le délinquant , qui n'eu do’icndra pas meilleur. Que dirait -on d'tm

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