‹ Œuvres de J. Bentham, jurisconsulte anglaisChapitre 166 sur 524 · Peines indélébiles ; celles qui produisent · texte numérisé non relu

Peines indélébiles ; celles qui produisent

sur le corps un effet permanent, comme les marques, les amputations. •

4. Peines ignominieuses : elles ont principalement pour but d'exposer le délinquant au mépris des spectateurs , et de le faire regarder comme indigne de la société de ses anciens amis. L’amende honorable en est iin exemple.

5. Peines pétùteiüiellcs : destinées à réveiller le sentiment de la honte, à exposer à un certain degré de censure, elles n'ont pas un degré de force ou de publicité qui puisse entraîner riiifamie ni faire envisager le délinquant comme indigne de la société de scs anciens amis. Ce sont au fond des châtiments tels qu'un père a le pouvoir de les infliger à ses enfants, et que le père le plus tendre ne sc ferait aucun scrupule de les infliger à l'enfant qu'il aime le plus.

6. Peines chroni(fues : leur principale rigueur consiste dans leur dui éc, tellement qu'elles seraient presque nulles si ce n'était pour cette circonstance : le baiini<isement , l'emprisonneincnC, etc. Elles peuvent être perpétuelles ou temporaires.

7. Peines simplement restrictiues : celles qui , sans participer à aucuu des caractères précédents , consistent dans quelque gêne, dans (juclquc restriction , en cmpécliant de faire ce

dont on aurait envie : par exemple , la défense d'exercer certaine profession, la défense de fréquenter certaine place, etc.

B. Peines simplement compulsiites : celles qui obligent un homme à faire une chose dont il voudrait s’exempter : par exemple, l'obligation de se présenter à certaines époques devant un officier de justice, etc. La peine n’est pas dans la chose même, mais dans l’inconvénient de la contrainte.

9. Peines j>écuniaires : elles consistent à priver te délinquant d'une somme d'argent, ou de quelque article de propriété réelle.

1 0. Peines tjuasi pécuniaires : elles consistent à priver te délinquant d'une espèce de propriété dans les scr>'iccs des individus, services purs et simples, ou services combinés avec quelque profil pécuniaire.

1 1 . Peines caractéristit^ues : ce sont les peines qui, par le moyen de quelque analogie, sont destinées à représenter vivement à l'imagination l’idée du délit. Ces peines ne forment pas proprement une classe a part; clics sont renfermées dans toutes les autres, ignominieuses, pénitenlielles, afflictives, etc. : c'est une manière de les infliger avec quelque circonstance qni ait du rapport à la nature du délit. Supposons qu'un f.iux monnayeur, au Ueii d'être puni de mort, fût condamné à d'autres peines, et entre autres à des stigmates indélébiles : si on lui imprimait au milieu du front le mot faux monnay eur, Qi sur chaque joue une pièce de monnaie courante, cette peine, rappelant le délit par une image sensible, serait éminemment caractéristique.

Ainsi, dans la composition de la peine pour des enfants rôles à leurs parents , ou ferait entrer une pénitence caractéristique , consistant à pendre au cou du délinquant l'effigie creuse d'un enfant de grandeur naturelle, etplombt'e en dehors. L'intérieur serait chargé de poids à la discrétion du juge, et selon U force du criminel.

Dans une maison de correction, les délinquants, scion la diversité de leurs délits, seraient soumis à porter des habiu emblématiques, on d’autres marques extérieures, avec quelque analogie fra]>pantc.

Ix: senlinient de leur crime ne pourrait pas en quelque façon sc séparer d’eux; leur simple présence serait comme une nouvelle proclamation de la loi; et l’espoir de secouer celte honte, en reprenant riiahillcment commun, serait un attrait puissant pour les engager à se bien conduire.

JCSTIFICATION DE LA VARléTË DES PEINES.

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