CHAPITRE VIII
DE l’estimation DES PLAISIRS ET DES PEINES.
Des plaisirs à répandre , des peines à écarter, voilà Tunicrae but du lé^slateur : il faut donc c^ue leur valeur lui soit bien connue. Des plai« sirs et des peines, voilà les seuls instruments ^'il ait à employer : il faut donc quTl ait bien étudie leur force.
Si on examine la valeur d’un plaisir consi* déré en lui-méme, et par rapport à un seul individu, on trouvera qu'elle dépend de quatre circonstances.
!• Son intensité.
Qo «S'a durée.
3* Sa certitude.
4* Sa jyroximité,
La valeur d'une peine dépend des mêmes circonstances.
Mais en fait de peines ou de plaisirs, il ne suffit pas d'en examiner la valeur comme s’ils étaient isoles et indépendants : les peines et les plaisirs peuvent avoir des conséquences qui seront elles-mêmes d'autres peines et d'autres plaisirs. Si donc on veut calculer la tendance d'un acte dont il résulte une peine ou un plaisir immédiat, il faut faire entrer dans 1 estimation deux nouvelles circonstances.
5* Sa fécondité.
6* Sa pureté.
Plaisir fécond : — celui qui a la chance d'être suivi de plaisirs du même çenre.
Peine féconde: — celle qü» a la chance d’être snivic de peines du meme (renre.
Plaisir pur ; — celui qui n'a pas la chance de produire des peines.
Peine pure : — celle qui n'a pas la chance de produire des plaisirs.
Lorsqu'il s'açit de faire celte estimation par rapport à une collection d'individus, il faut ajouter une autre circonstance.
7* L'étendue : c’est-à-dire le nombre de personnes qui doivent se trouver affectées par ce plaisir ou par cette peine.
Veut-on évaluer une action? il faut suivre en détail toutes les opérations que l’on vient d'indiquer. Ce sont les cléments du calcul moral, et (a lé(pslation devient une affaire d'arill»métique. A/a/ qu’on inflip^e, c’e.st la dépense : bien qu’on fait naître, c'est la recette. Les ré(*les de ce calcul sont les mêmes que de tout autre.
CTest là une marche lente, mais sûre : au lieu que ce qu'on appelle sentiment est un aper^'u prompt, mais sujet à être fautif. Au re.ste, if ne s a^jit pas de recommencer ce calcul à chaque occasion : quand on s’est familiarisé avec ces procédés, quand on a acquis la justesse d’esprit qui en résulte, on compare la somme du bien et du mal avec tant de promptitude, qu’on ne s'aperçoit pas de tous les de{;rés du raisonnement. On fait de l’arithmétique sans le savoir. Cette méthode analytique redevient nécessaire lorsqu'il sc présente quelque opération nouvelle ou compliquée, ou lorsqu’il s’a('it d'éclaircir un point contesté, d’eiiseinncr ou de démontrer des vérités à ceux qui ne les connaissent pas encore.
Cette théorie du calcul moral n'a jamais été clairement exposée ; mais elle a toujours été suivie dans la pratique, au moins dans tous les cas où les hommes ont eu des idées claires de leur intérêt. Qu’est-ce qui fait la valeur d’un fonds de terre, par exemple? n'e.st-ce pas la somme des plaisirs qu’on peut en retirer? Cette valeur ne varie-t-elfe pa.s selon la durée plus ou moins longue qu'on peut s’en assurer, selon la proximité ou la distance de l'époque où l'on doit entrer en jouissance, selon la certitude ou l'incertitude de la possession?
Les erreurs dans la conduite morale des hommes ou dans la législation, sc rapportent toujours à l’une ou à l'autre de ces circonstances qui ont été méconnues, oubliées, ou mal appréciées dans le calcul des biens et des maux.
pins ordîoaire, elle nprime oa la réunion dn cjaatre dr personnî6er U conicirncr : rllr ordooor, elle défend, aanctioiu, oo la préêmtacnce de la sanction religieuse; elle récompense, elle panit, elle se réveille, elles'êteint, etc. mais n'avoirqu'un seulet même tenuepoureiprimcr quatre Djns le langage philosophidue, il faut rejeter ces eipres- •ortea de pouvoirs moraux très-distincts, et souvent oppo- sions êgurées, et substituer les termes propres, c'cst4-dire »és, c‘est se condamner à des disputes intermiDables. l'iniprcssioD des |wines et des plaisirs, qui émanent de Dans U monde pratique et scotimentalc , il est d'usage telle ou telle sanction.