‹ Œuvres de J. Bentham, jurisconsulte anglaisChapitre 18 sur 524 · DES CIRCONSTANCES QUI INFLUENT SUR LA SENSIBILITÉ · texte numérisé non relu

DES CIRCONSTANCES QUI INFLUENT SUR LA SENSIBILITÉ

Tonte cause de plaisir ne donne nas à chacun le même plaisir : toute cause de douleur ne lionne pas à chacun la même douleur. Cest en cela que consiste la différence de semibUité. Cette diHérencé est dans fe de{p‘ë ou dans Tesp^cc : dan.s le de^p'd., quand l’impressiuii d’une même cause sur plusieurs individus est uniforme y mais inégale : dans l’espèce, quand la même cause fait éprouver à plusieurs individu.s des sensations opposées.

Cette diHércnce dans la sen.sibilité dépend l^le certaines circonstances qui influent sur IVtat |>liy.sique ou moral des individus, et qui , venant à rhanijer^ produiraient un rhan{|cmcnt analo{pie dans leur inanitTC de sentir. C’est là une vérité d'expérience. Les choses ne nous affectent pas de la même manière dans la maladie et dans la santé, dans l'indincncc et dans l'abundance, dans l'enfance ou dans la vieillesse. Mais une vue aussi {*cncrale ne suffit pas : il faut entrer plus profondément dans l’analyse du cœur humain. Lyonet fit un volume in-4* sur ranatomie d’une chenille : la morale n’a pas encore eu d’inve.sti{ratetir si patient et si philosophe. Le courà^'c me manque pour l'imiter. Je croirai faire assez si j'ouvre un nouveau point de vue, et si je donne une méthode plus sûre à ceux qui voudront poursuivre ce sujet.

l« La base de tout est le tempérament ou la constitution ori^pnelle. J’entends par-là cette disposition radicale et primitive qu on apporte en naissant, qui dépend de l'organisation physique et de la nature de l’esprit '.

Mais quoique cette constitution radicale soit le fondetnent de tout le reste, ce fotidenieul est si caché qu'il est bien difficile d’arriver jus-

• Quoûjue bien d<> philoMipbo ne reconoai»*enlqn'anc «ubftUnce, el regardent eette di«i*îon comme purement noniioiile , iU noua accorderont au moin*, que ai t'e»prit nt une punie du corp» , c'e«l une partie d‘une nature bien différente do autres. Lei altération» considérables du rorp» frappent le» sens, les plus grandes altérations de l'esprit ne ica frappent point. D'une ressemblance d'ot|>.anisation OQ ne peut potut conclure à uiic rcssembUitcc iutcUcctucile.

qu<ylà, et de séparer ce qui appartient à cette cause dans la sensibilité, d’avec ce qui appartient à toutes les autres.

I..aissons aux physiologistes à distinguer ces tempéraments, à en suivre le mélange, à en tracer les effets. Ce sont des terres trop peu connues jusqu’à présent, pour que le moraliste ou le législateur osent s’y établir.

3» La sauté. On ne peut guère la définir que négativement. C’est l’auseiice de toutes les sensatir>ns de peine et de malaise, dont on peut rapporter le premier siège à quelque partie du corps. Quant à la sensibilité en général, on observe que l’homme malade est moins sensible a riiifluence des causes de plaisir, et qu'il l’est plus à celle des causes de douleur que dans un état de santé.

3" La force. Quoique liée avec la santé, la force est une circonstance à part , puisqu'un homme peut être faible, dans la proportion des forces moyennes de l’espèce, sans être malade. Le degré de force est susceptible d’être mesuré avec assez d’exactitude par les poids

2u*on peut soulever, ou par d’autres épreuves.

A faiblesse est tantôt un terme négatif, signifiant l’ab.sence de force; tantôt un terme relatif, exprimant que tel individu est moins fort que tel autre auqutd on le compare.

4* Les imperfections corporelles. J’entends par-là quelque difforniitc remarquable, ou la privation de quelque membre et de quelque faculté dont jouissent les personnes communément bij>n organisées. Les effets particuliers sur la sensibilité dépendent du genre d'imperfection. L'effet général est de diminuer pins ou moins les impressions agréables, et (Taggraver les impressions douloureuses*

Ln éoiotioai du corps m>q( regird«c*,iie»t vmi, comme dr» indicaliont probable» de ce qui »r pai»e dan» l'amc, mais retic coiu'luston serait souvent tmmpruiic. Combien d'Iiommrv peuvent revêtir loutr« les anparroce» de la «en* ubiliuf uns rien sentir I Cromwell , ret liomme inaccessible à la pitié, rersoit à son cnmmandenieut des torrents de Urract.

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