La culture des arts , des sciences , de la littérature
Quand on considère ces différents moyens de jouissance, par opposition aux moyens nécessaires de pourvoir à la subsistance, on les appelle objets de (uxe : si leur tendance est telle qu’on 1 a 8U{^f/rc , le luxe, quelque sin(pilier ue cela puisse paraître, est plutôt une source e vertu que de vice.
Cette branche de politique n’a pas été entièrement né(*li(^('e ; mais 011 l'a plus cultivée dans une vue politique que morale. L*oI>jet a été plutôt de rendre le peuple tranquille et soumis au (gouvernement, que de rendre les citoyens plus unis entre eux, plus heureux, plus industrieux , plus honnêtes.
Ix;s jeux du cirque étaient un des objets principaux de l'attention du (jouveniemcnt
parmi les Romains : ce n’était pas seulement un moyen de concilier les affections du peuple , mais encore de détourner ses re(;ards des affaires publiques. On sait le mot de Pylade à Au(vuste.
Cromwell, à qui ses principes ascétiques ne laissaient pas cette ressource, n'eut d’autre moyen, pour occuper les esprits, que d'ença(p*r la nation dans des (^uerres ëtraïq^ères.
A Venise, un (*ouvemement jaloux à l'excès de son autorité inonlrait la plus grande iudul- {reiice pour les plaisirs.
Les processions et les autres fêtes religieuses des pays catholiques remplissent en partie le même uhjct que les jeux du cirque.
Toutes ces institutions ont été considérées par des écrivains politiques comme autant de moyens d’adoucir fejoiin du pouvoir, de tourner les esprits vers les objets afp'cables, et les empocher de s'occuper du (gouvernement. Cet effet, sans avoir été le hut de leur établissement , a pu leur faire obtenir plus de faveur quand ils ont été établis.
Pierre I eut recours â une politique plus (P'ande et plus r'énéreuse.
Les mœurs des Russes, à l'exception de la sobriété, étaient plus asiatiques qu'européennes. Pierre I, voulant tempTcr la (p*ossièreté et adoucir la férocité des manières, employa des expédients qui étaient peut-être nn peu trop directs. 11 usa de tous les encoura(;erocnts possibles, et alla jusqu’à la violence pour introduire l’habillement européen, les spectacles, les assemblées, les arts <les Européens. Amener ses sujets à l'imitation des autres peuples de l’Europe, c’était, en d’antres termi^, les civiliser; mais il trouvait la phis(prande résistance à toutes ces innovations. L’envie, la jalousie, le mépris et une niiiltiiude de passions antisociales les éloi(p)aienC de s'assimiler à ces rivaux étraii(;ers. Les passions ne reconnaissaient plus leur objet , dès que les marques visibles de distinction étaient effacées. En feur ôtant cet extérieur qui les distin{piait, il leur ôtait, pour ainsi dire, le prétexte et l'aliment de ces rivalités haineuses. H les associait à la (P'andc république de l'Europe, et il y avait tout à (;a(»ner pour e«ix dans cette association.
l/<»bservancc ri(;ide du sabbat, telle «prellc estrc<|uise en Écosse, dans quelques parties de rAllem.'i(pie, en An(;lelerre, est une violation de celte politique. L’acte du parlement, passé en 1781 , semble plus appartenir au temps de Cromwell qu’à notre siècle. Il fut fait pour exclure le peuple, cc jour-là, de toute espèce
I Le eélébre Rnfrarth t fuit deux tableiiit inlilulcs Beer > m J'ai oui' dire k M. d'Arf;en>on , <pir quand il éiait Street et Gtn-tane. (Le cabaret à bière et le cabaret a eau- » lieulenaot de police, il y avait plus d’irrr^^uUrités et de de-vie ou de (jenièvre.) Dans le premier, Innt respire un a dehauebea commises dans l’aris, durant la qiiintaine de airdr|*aielê et de Mnte : dans le second, de misère et de » Pâques, où lus lliéftCres sont femtes, que pendant les maladie. Cet admirable artiste instruisait avec son pinceau, a quatre mois de la saison où iU sont ouverts, a Uémeiret et avait plus réfléchi sur la morale, que ceui qui se donnent de /\iUniU , tom. 111, p. 3ts. pour les professeurs de cette KÎcnce.
igü DETOURNER LE COURS DES DESIRS DANGEREUX. *
(l’amusemenU, excepte lesplaisii's «enxueU, la dt^aurhe et ri\TO(pierie. C'est an nom même des l>onne5 mœurs (ju’on Ht une loi si contraire aux mrvurs. Le jour du dimanclie devint, par ce ri(vorisme, une institution en l'honneur de l'oisiveté et au proRt de tous les vices.
Pour justîHer une telle loi, il faut avoir rc> cours à deux suppositions : l'une, que les amu* semcnls, innocents les six autres jours de la semaine , chan^^ent de nature et deviennent malfaisants le septième ; l'autre, que roisivetc, qui est la mère de tous les vices, est la sauvegarde de la religion. Je ne sais comment concilier ces idées : vulcant doctiores
Si une loi révélée était en contradiction avec la morale, on ne devrait plus écouter la première, parce que nous avons des preuves ]dus certaines des effets politiques d’une institution, que nous ne pouv<nis en avoirde la vérité d'une histoire religieuse, fondée sur des événements hors du cours de la nature : dans un cas, nous avons le témoignage de nos propres sens ; dans l'autre cas, nous dev’ons nous en rapporter aux témoignages d'autrui, témoignages transmis de main en main, et affaiblis par tous ces milieux qui eu altèrent plus ou moins les traits primitifs.
Mais cette contradiction ii’cxiste pas. Le rigorisme du sabbat n'a point de foinlcroent dans l'Evangile, et même il est contraire à des textes et à des exemples positifs. Le sage Kénélon, u’on n'accusera pas d'avoir méconnu l’esprit e la morale chrétienne, blâmait l'indiscrète sévérité des curés, et ne voulait point qu'on interdit, le dimanche, au peuple de son diocèse, les courses et les danses après les exercices de la religion.
Ce que je condamne ici, ce n’est donc point un jour de suspension des travaux ordinaires, ni un jour destiné en partie au culte religieux,
mais l'absurdité de convertir en délits durant ce jour, et les travaux les plus nécessaires de la canq>agiie, et les amusements les plus honnêtes, sous les yeux du public.
Oter au peuple un jour de la semaine des plaisirs reconnus imiocents, c'est lui ôter une portion de sou bonheur : car si le bonheur ii'est pas composé d'amusements, de quoi donc cst-il composé? Comment peut-on justîHer la sévérité du législateur qui, sans tiécessité, vient enlever à in classe laborieuse les petites jouissances qui adoucissent la coupe amère de scs travaux, et la forcer a la tristesse ou au vice, sous un prétexte religieux?
Il y a deux manières de faire du mal dans un étal : l'une est d'introtluirc des peines, l'autre d'cxcliirc des plaisirs. Si l'une de ces manières de nuire est condamnable, comment l'autre pourrait-elle être louable? Toutes les deux sont des actes de tyrannie; car en tpioi peut consister la tyrannie, si ce n'est en cela? Observez que je parle des effets seids; je sais qu’on a en vue un certain bien ; mais il est plus aisé de raisonner vaguement que d’approfondir, de floUcr çà et là entre la folie et la sa^sse, que de persévérer dans Tune ou dans 1 autre, de sui>TC la force du préjugé, que de résister au torrent. Quelque bonne que soit l'intention, il est certain que la tendance de cet ascétisme est malfaisante et immorale.
Heureux le peuple qu'on voit s’élever audessus des vices brutaux et grossiers , étu«lier rélégance des mœurs, les plaisirs de la société, les embellissements des jardins, les beaux-arts, les sciences, les jeux publics, les exercices de l’espritl I^s religions qui inspirent la tristesse, les gouvernements qui rendent les hommes défiants et qui les séparent, contiennent le germe des plus grands vices et des passions les plus nuisibles.
• Le cliapeUin de Ncwpic ■ (praml soin de faire in%ércr dana U Biographie des nutUaileur», comme leur propre C4>nfeuion , que le coramcnccinent de leur déaordre e«t d'avoir violé le aabbat. — Je croi» qu'il serait plus pr^i de I« vëricé, s'il disait que U première cause de leur dcM>rdre est de roi*(ur observe dons un certain sens. Ne saclmut que faire
de leur temps et de leur argent , quelle autre ressource ont-ils
aue le cabaret? L'ivrognerie les rend querelleurs, stupides, élriiit leur santé, leur aptitude au travail, les éloigne de toute économie et les jette dons une société qui les pervertit.
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