CULTLHE DE LA BIENVEILLANCE
pour objet de cultiver U bicnTeilIance, ou scu- fondation , une cliarice qui demande un {^and lement de maintenir la paix et la «ubordina- concours, un romit<^ se rorme des bienfaiteurs tion. La politesse , ù la Chine, est une espèce les plus actifs, les plus distiu(piés : la valeur des de culte ou de rituel, qui est le (^rand objet contributions est annoncée dans les papiers pude l'éducation et la principale science. Les blics : les noms des souscripteurs y sont imprimouvements extérieurs de ce peuple immense, mes jour à jour. Cette publicité répond à plutoujours rcf’lés, toujours prescrits par l'éti- sieurs fins. Sou objet immédiat est de garantir nuette , sont presque uniformes , comme ceux la recette et l'emploi des fonds , mais c’est un d’un régiment qui répète Texercice. Cette pan- appât pour la vanité, dont la bienveillance tomime de bienveillance peut être destituée profite.
de réalité , comme une dévotion chargée de Dans les établissements de charité , tons les menues pratiques peut être séparée de la mo- souscripteurs annuels sont nommés gouverraie. Tant de gène semble s'accorder mal avec neurs : la manutention qu’ils exercent, le petit le cœur humain, et ces démonstrations de com- état qu'ils forment , les intéressent à leur gesinande ne confèrent point d’obligalioii , parce tion : on aime à suivre le bien qu'on fait, à qu'elles n’ont point de mérite. jouir du pouvoir «ju’il confère ; et en rappro-
Il existe des principes d’antipathie qni sont chant les bienfaiteurs de la classe des raallieuf|Uelquefois eiUrelacés dans la constitution po- reux , eu les mettant sous leurs yeux, on fortifie litique des états, et qu’il est bien diflicile d’ex- la bienveillance, qui sc refroidit par l'éloignetirper. Ce sont des relijpons ennemies qui cxci- tuent de l’objet, et s'é<-haiiHe par sa présence, tcnl leurs partisans à sc haïr et à se persécnitcr ; Il y a plus de ces associations de bienfaisance des vengeances héréditaires entre des familles à Txiiidrcs qu’il ii'y avait de couvents à Paris, puissantes ; des conditions privilégiées qui for- i*lusieurs du ces charités oui des oluets par% ment des barrières insurmontables entre les ci- ticuliers, les aveugles, les orphelins, lesestrotoyeiis; des suites de conquêtes après lesquelles piés, les veuves, les matelots, les enfants des le peuple conquérant n’a jamais pu s’incorporer ccclési.'istiques, etc. Chaque individu est plus et SC fondre avec le ^)euple conquis ; des animo- touché d’une espèce de misère que d'une autre, sites fondées sur d anciennes injustices; des et sa sympathie tient toujours à qnelqtic cirgouvernements factieux qui s’élèvent par un constance personnelle : il y a donc l»icn de l’art triomphe, et qui tombent par une défaite. Dans à diversifier les ch.irités, à les séparer en place malheureux état, les ca-urs se rapprochent sieurs branches, afin deleiirappliqiiertoutesles
1>lus souvent par le besoin de haïr, que par ce- es]>èces de sensibilité et de n'en perdre aucune, ui d’aimer. Il faut les soulager de la crainte et 11 est étonnant qu’un n'ait pas tiré plus de de l’oppression pour les rendre à la bicuveil- parti de la disposition des femmes, cher, qui le lance. sentiment de la pitié est plus fort <]ue chez les
Di'tniirc les préjugés qui rendent les hommes hommes. Il y avait deux institutions en France ennemis est un des plus grands seiviccs à reu- bien adaptées à ce but : les filles de la charité dre à la murale. qui sc dévouaient au service des hi'ipitaux, et
Le voyage de Mungo-Park en Afrique a rc- la société de la charité matenielle à Paris, forprésenté les noirs sous le point de vue le plus méc par des dames qui visitaient les pauvres intiTcssant; leur simjdicité, la force de leurs fciuiucs dans leur grossesse, et prenaient soin affections domestiques, la peinture de leurs du premier âge de l'enfance *. mœurs innocentes a augmenté l’intérêt public a. Les sentiments de bienveillance sont sujets en leur faveur. à s’écarter du principe de l'utilité générale : on
Ix*s écrivains satiricpies affaiblissent ce sen- ne peut parx'euir à les régler que par l’instniclimcnt. Quand un a lu Voltaire, se sent-on tinn : on ne commande pas, on ne force pas, ïlisnosé en faveur des Juifs? .S’il avait eu plus mais on persuade, on éclaire, on apprend peu de bienveillance à leur égard, en exposant l’a- à peu aux hommes à distinguer les différents vilissement où on les tient, il aurait expliqué degrés d'utilité, àproportionnerleurbicnveilles traits les moins f.ivorables de leur caractère, lance à l’étendue de son objet. Le plus l>eau et montre le remède à côté du mal. modèle est tracé par Fénelon, dans ce mol <|ui
La plus grande atteinte à la l)icnveillance a peint son cœur : > Je préfère ma famille à moi, été portée par les religions exclusives, par •• ma patrie à ma famille, et le genre humain à colles r|iii ont des rites inrnmmunical>les, p.ir • ma patrie. ■
celles quiinspirent l’intoléranrc cl représentent On s’attachera donc, dans les enseignements les non-croyants comme des infidèles, comme publics, .à diriger vers ce but les affections des des ennemis de Dieu. citoyens, à réprimer les écarts de la bienveil-
Kii Angleterre on connaît mieux qii'ailleurs lance, à leiirfaire seiitirleurproprc intérêt dans l’art d’exciter la bienfaisance par la publicité riiitcrêt général. On les fera rougir de cet esprit qu'uit lui donne. Veut-on entreprendre une de famille, de cet esprit de corps qui milite
• Cette ilcroit;rcitSM>cUtioQ rient d’étre réublie.
EMPLOI OU MOBILE OE l'uONNF.UR contre l'amour <lc la patrie, de cet amour injuste de la patrie qui sc chan(^re en haine contre les autres nations. On les détournera de sc jeter, par une pitié mal entendue, dans le parti des déserteurs, des contrebandiers et antres délinquants qui pèchent contre l'ctat. On les désabusera de cette fausse notion qu'il y a de l'humanité à favoriser l'évasion d'un coupable, à procurer l’impunité au crime, àencoura^jerla mendicité au préjudice de l'industrie. On s'attachera enfin à donner à tous leurs sentiments la proportion la plus avauta(;cuse au tout , en leur montrant la petitesse et le dan^jer des caprices, de& antipathies, des attachements momentanés qjui emportent la balance con-
, SOIT DE LA SANCTION POPULAIRE. 2a3 tre l'utilité ivénéralc et les intérêts permanents.
Plus on s éclaire, plus un contracte un esprit de bienveillance {générale, parce qu'un voit que les intérêts des hommes se rapprochent par plus de points qu’ils ne se repoussent. Dansle commerce, les peuples ignorants sc sont traités comme des rivaux qui ne pouvaient s'élever que sur les ruines les uns des autres. L'ouvra{;e d'Aflam Smiüi est un traité de bienveillance universelle, parce qu'il fait voir que le commerce est également avanta^jeux pour les différentes nations ; que chacune en profite à sa manière , à proportion de scs moyens naturels ; e les peuples sont associés et non pas rivaux DS la (p'ande entreprise sociale.