‹ Œuvres de J. Bentham, jurisconsulte anglaisChapitre 223 sur 524 · MFSVRES CONTRE LES MAUVAIS EFFETS · texte numérisé non relu

MFSVRES CONTRE LES MAUVAIS EFFETS

kidcration d’un lot de mal, et en ré|'lanl les comptcâ de sa pru>|»erite, elle met un item ilu côté favoraijiv, pour balancer un item du côte dcsavanla(^eiix.

L'observation esseotielle sureex délits, c’est qu*iU diminuent de jour cnjuur par les pro(p-ès «le la civilisation. L'est une chose aduiirabb* que d’observer dans la plupart des étaU de l’Ki]rope, combien |mmi de crimes sont produits par les passi<His irascibles si naturelles à riioinme , et si violentes dans l’enfance de la société, (^el objet d’émulation pour les (>ouvenicments tardifs qui n’ont pas atteint ce dr(p'é de police, et chez qui le ^paive de 1a justice n’a pas encore su vaincre les stylets de la vcnp^eauce!

Mais la source inépuisable des délits, c’est la rapacité. Voilà rennemi, toujours actif, toujours prêt à saisir tous scs avanta{*cs, auquel U faut faire une (pierre continuelle : cette {pierre demande une tactique particulière dont les principes ont été bien méconnus.

Soyez indulgent pour cette passion, tant qu’elle se borne à vous attaquer par des moyens

fiaisibles ; attachez-vous surtout à lui ôter tout e profit injuste qu'elle a pu faire. Devenez sévère à son égard , à mesure qu'elle se porte à des entreprises ouvertes, qu’elle a recours à la menace et à la. violence. Cependant rcserv*ezvousles moyens d'iinc sévérité ultérieure lorsqu’elle se livre à des atrocités, telles que le meurtre et l’incendie. C’est dans ces gradations bien ménagées que consiste l’art pénal.

N'oubliez pas que toute police pénale n’est cpi’un choix de maux. Sage administrateur des peines , ayez toujours la balance dans vos mains, et dans votre zèle pour exclure de petits délits , ne donnez pas imprudemment naissance à de plus grands. mort est presque toujours un remède, on qui n’est point nécessaire ou qui est inefficace : il n'est point nécessaire contre ceux qu’une peine inférieure peut détourner du crime, ou que le simple empriaonuement peut contenir ; il n’est point efficace contre ceux qui se jettent pour ainsi dire au-<lcv*an! d’elle, comme un asile dans leur désespoir. La politique d’un législateur qui punit tout avec la mort , ressemble à l’aversion pusillanime d’un enfant qui écrase l'insecte qu’il n'ose regarder. Mais si les circonstances de la sociéu*, si lafréqnence d'un {p*and délit demandent ce moyen terrible, osez , sans aggraver les tourments mêmes de la mort, lui donner un aspect plus redoutable que celui de la nature : cnvironnry-la d accessoires lugubres, des emblèmes du crime et de la pompe tragique des cérémonies.

Cependant soyez dimeile a croire à celte nécessité de la mort. En révil.int dans les jieines, vous la prcvicndrczmêinc dans lesdélits. Qu'un homme soit placé cnti c deux crimes, il importe

• hasuirtmrf est Imiior, p«rce que l'j«ijrror en prépare â M<aienir la pede, cl qn'il a consùlrrc Is priiiic qu il

de lui donner un intérêt sensible à ne pas commettre le plus grand. Il importe, en un mol , de convertir l’assassio en filou, c'est-à-dire, de lui donner une raison de préférer le délit qui se répare à celui qui ne se répare point.

Tout ce qui peut se réparer n’est rien. Tout ce rpi'on peut compenser avec une indemnité pécuniaire est bientôt comme mil et non avenu; car si l'individu lésé reçoit toujours une conipensatioii équivalente, l'alarme causée par le délit Cesse tout-à-fait, ou elle est réduite à son moindre terme.

L’objet à obtenir , ce serait que le fonds des compensations dues par les délits fut tiré de la niasse des délinquants eux-uiémes, soit par leurs biens acquis, soit par le travail qui leur serait imposé. Si cela était ainsi, la sécurité serait la compagne inséparable de l’innocence , et la douleur et l’angoisse ne seraient que le partage des perturbateurs de l'ordre social. Tel est le point de perfection auquel il faut aspirer, quoi(|u*on n’ait l’espérance d'y parvenir que lentement et par des efforts soutenus. J'indique le but. Le bonheur de l’atteindre sera la récompense d’une administration persévérante et éclairée.

Dans rinsuffisance de ce moyen , il faut tirer la compensation , soit du trésor public , soit des asiuranres prit/ées.

L’imperfection de nos lois est bien sensible sous cc point de vue. Un crime a-t-il été commis ? ceux qui en ont sou^ert, soit dans leur personne, soit dans leur fortune, sont abandonnés à leur mauvais sort. Cependant la société qu’ils ont contribué à maintenir, et qui devait les protéger, leur doit une indemnité dans le cas où cette protection ii'a pas été efficace.

Qu’un individu ait poursuivi un criminel à ses dépens, mêmedans sa proprecause, il n’est pas moins le défenseur de l’état que celui qui combat les ennemis étrangers : les pertes qu'il essuie en défendant le puldic doivent être compensées aux dépens du public.

M.iis qu'un innocent ait souffert par une erreur des tribunaux, qu'il ait été arrêté, détenu, rendu suspect, condamne à toutes les angoisses d’une procédure cl d’une longue captivité , ce n’est pas seulement pour lui, c’est pour ellemême que la justice lui doit un dédommagement. Instituée pour la réparation des torts, voudrait-elle que les siens hissent privilégiés?

Les gouvernements n'ont poiu*vu à aucune de ces indemnités. En Angleterre, il s’est fait quelques associations volontaires pour y suppléer. Si l'institution de l’assurance est bonne dans un seul cas, elle est lionne danslous,avec les {irécautions nécessaires pour prévenir la négligence et la fraude

L'inconvénient de» fraudes est commun h

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