‹ Œuvres de J. Bentham, jurisconsulte anglaisChapitre 224 sur 524 · O CN DELIT DEJA COMMIS. SA I · texte numérisé non relu

O CN DELIT DEJA COMMIS. SA I

touteslescaissespulilioaes et privées. Elles peu* vent diminuer rutilité ucs assurances sans la dé* truirc. Ne cultivc>t-on pas des arbres fruitiers, quoique la récolte soit sujette à périr par mille accidents? I^s monts-dc-piélé ont réussi dans plusieurs p&ys> Un établissement de ce (jenre foit à Londres , au milieu du siècle passé , tomba dès sa naissance par l’infidélité des directeurs, et ce vol laissa un prtjuné qui a empêche toute tentative de ce {^enre. Avec la même lo(pque, on aurait dik conclure que les vaisseaux étaient de mauvaises machines de guerre , lorsque le Üoyat-Geor^es y dont on avait laissé les sabords ouverts, fut submergé dans le port même.

Les assurances contre les délits pourraient avoir deux objets : i** de créer un ronds pour indemniser les parties lésées dans le cas où un délinquant est inconnu ou insolvable ; a** de défrayer en première instance les actes de poursuites juridiques, et même on pourrait TéCendre, en faveur des pauvres, aux causes purement civiles.

Mais le mode de ces indemnités serait étranger au sujet que je traite : j’en ai posé ailleurs les principes, je dois me l^mer ici k énoncer le résultat général de cet ouvrage ; c’est qu’on peut y par de bonnes lois , réduire presque tous les crimes h des actes qui peuvent se réparer par une simple compensation pécumaire , et que dans ce

toojoan payer la prime qui est une perte certaiae, poar te garantir d'une perte incertaine. Sous ce point de me» il serait à désirer que toutes les pertes ixnpréraes qui peuvent tomber sur Les indiridus, sans qu’il y ait de leur faute, fussent ooQTerlcs aux d^iu du public. Plus il y a de coutribuables, moins la perte est sensible pour chacun d'eux.

cas, le mal des délits cesse presque entièrement.

Ce résultat, énoncé simplement, ne frappe pas d’abord l’imagination : il faut le méditer pour sentir son importance et sa solidité. Ce n'est pas la brillante société du monde qu’on peut intéresser à une formule presque arithmétique ; hommes d'état, c’est à votre pensée

u’on la présente, c'est à^vous qu’il appartient

e la juger.

La science dont on a cherché les bases , ne peut plaire qu'aux âmes élevées pour qui le bien public est une passion. Ce n'est pas cette politique subversive et tracassière qui s’enorgueillit de projets clandestins, qui se fait une gloire toute composée de malheurs, qui voit la prospérité d'une nation dans l’abaissement aune autre, eC qui prend des convuUions de gouvernement pour des conceptions de génie. 11 s'amt ici des plus grands intérêts de l’humanité, de l’art de former les moeurs et le caractère des nations , de porter au plus haut degré la sûreté des individus, et de tirer des résultats également avantageux de differentes formes de gouvernemenu Voilà l'objet de cette science politique, franche et généreuse , qui ne cherene que la lumière, qui ne veut rien d'exclusif, et qui ne connaît point de moyen plus sûr de perpétuer ses bienfaits, que d’y faire participer toute 1a grande famille des nations.

On obterrerm, d’an antre cété , qn'im fb^ pablic est pin» exposé & U fraude et à la diwîpation qn'nn loodx par* ticnlicr. Le» perte» qni tombent directement sur le» individus donnent toute la force pouible ans mottb de vigi* lance et d’économie.

PANOPTIQUE.

AVANT-PROPOS

L’auteur a composé sur ce sujet trois volumes in- 1 3 qui ont été imprimés , mais non publiés : ils étaient composés de fragments, d’additions et de corrections successives , selon que ses vues s’étaient développées, et que de nouvelles recherches lui avaient fourni de nouveaux documents.

Ce mémoire en fut extrait en forme de discours, et il fut envoyé par M. Bentham , en 1 79 1 , à M. Garran de Coulon , membre de l’assemblée législative, et d’un comité pour la réforme des lois criminelles : sur son rapport, l’assemblée ordonna l’impression de ce mémoire ; mais les événements ne lui laissèrent pas le loisir de s’en occuper.

Ledirectoire du département de Paris , où il y avait une si grande réunion d’es-

Erit public et de lumières, distingua icntùt ce projet dans la foule de ceux ui lui étaient offerts pour la réforme es prisons et des hôpitaux. Il parut aller au-delà de ceux qui avaient obtenu jusqu’à présent le plus d’approbateurs , soit sous le rapport de l’économie , soit sous celui de la sûreté publique : il offrait une garantie toute nouvelle pour la garde et la tenue des prisonniers et pour l’efficacité des moyens de réforme. Aussi son adoption fut-elle unanime, et l’on prenait des mesures pour le mettre en exécution , lorsque le département lui-même fut entraîné dans le renversement de la constitution et de la monarchie.

Une fatalité semble attachée à ce plan.

En Angleterre, où l’on est lent à décréter , mais persévérant à exécuter, ce même panoptique a été approuvé par le ministère. U y a eu un bill du parlement pour approprier la somme nécessaire à sa construction; il y a eu un second bill pour

l’achatdes terres, et malgré ces deuxbills, il n’y a rien de fait : des difficultés légales de plusieurs espèces, mais dont aucune ne tient au plan même, se sont élevées; et l’auteur en est au même point qu’au remier jour, à l’exception du temps et es frais peidus dans la malheureuse poursuite de cet objet.

J’ai conservé ici le mémoire tel que je l’avais rédigé pour l’assemblée nationale , avec (]uel^ues additions sur l’administration intérieure des prisons. Je ne suis entré dans les détails, ni pour la construction de l’édifice, ni pour les travaux dont on peut occuper les prisonniers. Le premier de ces objets appartient aux architectes; l’autre est particulièrement l’affaire des entrepreneurs. Je cherche à ne rien omettre de ce qui peut intéresser les hommes d’état ; mais si on en vient à l’exécution, il faudra consulter l’ouvrage original.

U Voulez -vous, disait M. Bentham, n dans sa lettrcàM. Garran, voulez-vous n savoir à quel point est montée ma per- » suasion ue l’importance de ce plan de n réfbrmation, et sur les grands succès n qu’on en peut attendre? Laissez -moi » construire une prison sur ce modèle , » et je m’en fais geôlier : vous verrez , n dans le mémoire même, que ce geôlier » ne veut point de salaire, et ne coûtera n rien à la nation. Plus j’y songe, plus ce n projet me parait de ceux dont la pren mière exécution devrait être dans les n mains de l’inventeur. Si chez vous on n pense de même à cet égard , peut-être » qu’on ne répugnerait pas à se prêter à » ma fantaisie. Quoi quti en soit, mon n livre renferme les instructions les plus n nécessaires pour celui qui en serait n chargé; et comme ce gouverneur de

AVAMT- PROPOS.

» prince dont parle Fontenelle, j’ai fait n mon possible pour me rendre inutile, n D’après le témoignage de plusieurs observateurs dignes de foi , on peut croire que les prisons de Philadelphie ont atteint un degré de perfection qu’on jugeait h peitie possible. Pourrait-on en conclure que ces établissements doivent être pris pour modèles? Non , sans doute. Pour obtenir ailleurs les mêmes effets, il faudrait d’abord transporter l’instrument même qui les opère, c'est-à-dire, cette société religieuse, cette espèce de chartreux protestants , qui met dans toutes ses entreprises un zèle, une patience , une persévérance que rien ne lasse, et un esprit de corps qui dédommage de toutes les privations. Il ne faut pas oublier que les geôliers européens ne sont pas des quakers , et que loin de porter

dans cette profession une bienveillance sublime, la plupart n’y perdentque trop les sentiments de l’humanité la plus commune.

Une autre circonstance bien importante montre la nécessité de recourir à d’autres moyens : je parle du nombre des prisonniers. On sait que l’indigence pro-

f)rement dite est presque inconnue aans es États-Unis d’Amérique; il en est plusieurs où un mendiant est un objet de curiosité. Les délits en cons^ucnce y sont bien rares et bien peu varies. Or, le régime domestique ou paternel qui peut réussir avec un petit nombre de prisonniers, ne serait pas proportionné à des établissements ou l’on rassemble des milliers d’hommes infectés de toutes les espèces de levains qui fermentent dans nos grandes capitales.

PAJMOPTIQÜE.

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