‹ Œuvres de J. Bentham, jurisconsulte anglaisChapitre 225 sur 524 · MÉMOIRE · texte numérisé non relu

MÉMOIRE

SOR ÜN NOUVEAU PRINCIPE POUR CONSTRUIRE DES MAISONS d’inspection, et NOMMÉMENT DES MAISONS DE FORCE.

ÉTABLISSEMENT PROPOSÉ POUR GARDER DES PRISONNIERS AVEC PLUS DE SÛRETÉ ET d'économie , ET POUR OPÉRER EN MÊME TEMPS LEUR RÉFORMATION MO- RALE, AVEC DES MOYENS NOUVEAUX DE s'aSSURER DE LEUR BONNE CONDUITE, ET DE POURVOIE A LEUR SUBSISTANCE APRÈS LEUR ÉLARGISSEMENT.

Si l’on trouvait un moyen de se rendre maître de tout ce qui peut arriver k un certain nombre d’homsncs , de disposer tout ce qui les environne , de manière à opérer sur eux l'impression que l’on veut produire, de s’assurer de leurs actions, de leurs liaisons, de toutes les circonstances de leur vie, en sorte que rien ne pût échapper ni contrarier l'effet désiré, on ne peut pas douter qu’un moyen de cette espèce ne fût tin instrument très-éner^pque et très-utile que les (jouvemements pourraient appliquera dinérents objets de la plus haute iroporûnce.

L'éducation, par exemple, n’est que le résultat de toutes les circonstances auxquelles un enfant est exposé. Veiller à l’éducation d'un homme, c’est veiller à toutes ses actions, c’est le placer dans une position où on puisse influer sur lui comme on le veut , par le choix des objets dont on l’entoure et des idées qu'on lui fait naître.

Mais comment un homme seul peut-il snfBre ù veiller parfificcment sur un grand nombre d’individus? Comment même un grand nombre

d'individus pourraient-ils veiller parfaitement sur un seul ? si l’on admet , comme il le faut bien , une succession de personnes qui se relaient, il n’y a plus d’unité dans leurs instructions, ni de suite dans leurs méthodes.

On conviendra donc facilement qu’une idée aussi utile que neuve serait celle qui donnerait à un seul homme un pouvoir de surveillance qui jusqu'à présent a surpassé les forces réunies d’un grand nombre.

Cest là le problème que croit avoir résolu M. Bentham, par l’application soutenue d'un principe bien simple. — De tant d’établissements auxquels ce principe pourrait être appliqué avec plus ou moini d’avantages , les maisons de force lui ont paru mériter tie Axer d'abord les regards du législateur. Importance, variété et difKrulté, voilà les raisons de cette préférence. Pour faire l’application successive du même principe à tous ces autres établissements, on n'auratC qu'à dépouiller celui-ci de quelquesunes des précautions qu’il exige.

Introduire une réforme complète dans les

prisons , s'assurer de la bonne conduite actuelle et de l’amendement des prisonniers, fixer la sant^, U propreté, l’ordre, l'industrie dans ces demeures, jusqu’à pr<^ent infectées de corruption morale et physique , fortifier la sécurité publique en diminuant la dépense au lieu de l’augmenter, et tout cela par une simple idée {farchitecturtf tel est l’objet de son ouvrage.

L’extrait que nous allons soumettre à vos lumières est tiré de l’original anglais qui n’a point encore été rendu public, et suffira pour faire jnçer de la nature et de l’efficacité des moyens qu on y emploie.

Que doit être une prison ? Un séjour où l'on prive de leur liberté des individus qui en ont abusé, pour prévenir de nouveaux crimes de leur part, et pour en détourner les autres par la terreur de l’exemple. C'est de plus une maison de correction où l’on doit sc proposer de réformer les mœurs des personnes détenues , afin que leur retour à la liberté ne soit un malheur ni pour la société ni pour cUcs-mémes.

Les plus grandes rigueurs des prisons, les fers, les cacnoCs, ne sont employés que pour s'assurer des prisonniers. Quant à la réfbrmation, on l’a généralement négligée, soit par une indifférence barbare, soit parce qu’on a désespéré d’y réussir. Quelques essais en ce genre n’ont pas été heureux, (^clques projets ont été abandonnés parce qu’ils demandaient des avances considérables. Les prisons, jusqu’à présent, ont été un séjour infect et horrible, école de tous les crimes et entassement de toutes les misères, que l'on ne pouvait visiter qu’en tremblant, parce qu'un acte d’humanité était quelquefois puni par la mort, et dont les iniquités seraient encore consommées dans un profond mystère, si le généreux Howard, quL est mort en mart^ après avoir vécu en apùtrc, n'avait réveillé 1 attention publique sur le sort de ces malheureux, dévoués à tous les genres de corruption par l’insouciance des

circonférence sur une hauteur de six étages : on peut se les représenter comme des cellules ouvertes du c6te intérieur, parce qu'un grillage de fer peu massif les expose en entier à la vue. Une galerie à chaque étage établit la communication; chaque cellule a une porte qui s’ouvre sur cette galerie.

Une tour occupe le centre : c'est riiabitalion des inspecteurs ; mais la tour n'est divisée qu’en trois étages, parce qu’ils sont disposés de manière que chacun domine en plem deux étages de cellules. La tour d’inspection est aussi environnée d'une galerie couverte d’une jalousie transparente, qui permet aux regards de l'inspecteur de plonger dans les cellules, et qui l’empéche d’être vu ; en sorte que d’un coup d'œil il voit le tiers de ses prisonniers, et qu’en se mouvant dans un petit espace, il peut les voir tous dansune minute. Mais, fût-il absent, l’opinion de sa présence est aussi efficace que sa présence même.

Des tubes de fer-blanc correspondent depuis la tour d’inspection centrale à cha(|uc cellule ; en sorte que l'inspecteur, sans aucun effort de voix, sans se déplacer, peut avertir les prisonniers, diriger leurs travaux, et leur faire sentir sa surveillance. Kntrc la tour et les cellules, il doit y avoir un espace vide, un puits annulaire qui 6te aux prisonniers tout moyen de faire des entreprises contre les inspecteurs.

L’ensemble de cet édifice est comme une ruche dont chacpie cellule est visible d'un point central. L’inspecteur, invisible lui-même , règne comme un esprit; mais cet esprit peut au besoin donner immédiatement la preuve d'une présence réelle.

Cette maison de pénitence serait appelée Panoptique , pour exprimer d'un seul mot son avantage essentiel , la faculté de voir tf un coup (tceil tout ce qui s’y passe.

Avantages essentiels du panoptique.

gouvernements.

Comment établir un nouvel ordre de choses? Gomment s'assurer, en rétablissant, qu'il ne d^énèrera pas?

Li' inspection : voilà le principe unique, et pour établir l’ordre et pour le conserver; mais une inspection d’un genre nouveau , qui frappe l’imagination pintùt que les sens, qui mette des centaines d’hommes dans la dépendance d'un seul, en donnant à ce seul homme une sorte de présence universelle dans l'enccinte de son domaine.

Construction du panoptique.

Une maison de pénitence, sur le plan que l’on vous propose, serait un bâtiment circulaire; ou plutôt, ce seraient deux bâtiments emboîtés l’un dans l’autre. Les appartements des prisonniers formeraient le bâtiment de la

L'avantage fondamental di si évident , qu’on est en dang en voulant le prouver. Étreincessaoimcut sous les yeux d'un inspecteur, c’est perdre en effet la puissance de faire le mal , et presque la pensée de le vouloir.

Un des {p-ands avantages collatéraux de ce plan, c'est de mettre les sous-inspecteurs, les subalternes de tout genre, sous la meme inspection que les prisonniers : il ne peut rien sc passer entre eux qui ne soit vu par l'inspecteur en chef. Dans les prisons ordinaires , un prisonnier vexé par ’ ses gardiens n'a aucun moyen d'en appeler à rbumanité de ses supérieurs; s'il est négligé ou opprime, il faut qu’il sou^c; mais dans le panoptique, l'œil du maître est partout; il ne peut y avoir de tyrannie subalterne, de vexations secrètes. Les prisonniers, de leur côté, ne peuvent point

1 panoj>tique est cr de 1 obscurcir

Digiü^ou uy vjuu^It

^ ou MAISO.N D'lNft>ECTIO.N CENTRALE.

insulter ni offenser les f*arUiens. Les fautes r«^ b{Temoiit : au lien que dans une maison de ciproques sont prévenues, et, dans U même pénitence construite sur ce principe, il n'y a proportion , les châtiments deviennent rares, plus ni dé{;oiit ni <ian{;cT. D'on pourrait naître L administration de la iustice intérieure est rinfeetion ? (ajmincnC po\irrait-el!e durer?On susceptible dans cet établissement d'une pcr> verra dans la su?te qiion peut y établir une fcction sans exemple. Ix;s délits seront connus propreté aussi {^aiidc que dans les vaisseaux au moment même où ils prennent naissance, du capitaine O>ok ou dans les maisons hoU Lbccusé, le plai{piant, les témoins, les jii{*cs, landaises.

tous sont prctenls : la procédure, la senleiice Ohscrrvez encore que dans les autres pri> et l’exécution peuvent avoir lieu, sans précU sons, la visite d’un n)a>;istrat, fiit-clle inatpitation, sans injustice, dans rintervalle de tendue, fiit-il aussi prompt que possible dans quelques minutes. Les peines peuvent être d’aii> ses mouvements, on a (oniours le loisir de distant moins sévères que leur certitude est plus simuler le véritable état des choses. Pendanr

Srande; et celte certitude même rendra les qu'il examine une partie, on arrange l'autre; élits bien rares. on a le temps de prévenir, de menacer les pri-

Voyezles rè|;lcments qui ont été faits, soiten sonniers et de leur dicter les réponses qu’ils Angleterre, soit ailleurs, pour les hùnitaux, doivent faire. Dans le panoptique, au moment pour les maisons de travail, et pour les pri- où un ma(*istrat fait son entrée, la scène ensons ; règlements qui annoncent fies vues d hii- tière est déployée à ses regai fls. manilé et de sagesse, et dans lesquels on voit II y aura d’ailleurs des rnrieux, des voyanne intention sincère de prévenir les inconvi^ gciir», dus amis ou des parents des prisonniers, nieols attaches à ces différentes retraites. V’^ous «les cotinaissances de l'inspccicur et des autres y voyez partout une inquiétude manifeste, une officiers de la prison, qui , tous animés de mocraiote continuelle que lea devoirs ne soient tifs dift'érents, vicmlnuit ajouter à la force du négliges. Les employés doivent aller frequem- principe salutaire de l'inspeciion , et surveillement dans les salles ; ils doivent fréquemtneiit ront les chefs, comme les chefs surveillent totis recevoir les plaintes. — Le directeur «st tena leurs subalternes. Ce grand comité du public d’inspecter les individus, d’aller au inoment perfectionnera tou.s les établissements qui seoùil n’est pas attendu, de les voirau moinsnne ront soumis à sa vigilance et à sa pénétration, fuis par semaine. Différents gouverneurs sont

chargésdevisiter, d'interroger, desefairepré- Détails sur le panoptique.

senter leshabiUemenU, les alimenU, d'ubscr\er

la propreté, la tenue, les heures du travail, etc. L’ouvrage anglais entre dans tous les détails Ces rè^einenls respectables dans leur objet ne nécessaires pour la construction du panopliprouvent qu’une tentative infructueuse à beau- que. L'auteur s’est li\Té à îles recherches inHcoup d’égards pour obtenir avec de grands cf- nies sur tous les dc(p-és de perfectionnement forts et d eoonnes déjienses une très-petite par- qu’on pouvait donner à un édifice de ce |;enre. tie des bons résultats qui seraient le produit 11 a consulté des architeefes; il a profité de

naturel d'une inspection centrale.

toutes les expériences des hùpitanx ; il n'a rien

Ce n’est pas tout : le principe panoptique négligé pour adapter à son plan les in\'cntions facilite extrêmement le devoir des inspecteurs les plus récentes, indépendamment de ce que d’un ordre supérieur, des magistrats, dcsju- l’unité du panoptique cC sa forme particulière ges. Dans l'état actuel des prisons , ils ne s’ac- ont donné lieu à des flévelnppcments tout nouquittent qu'avec une grande répugnance d’une veaux de plusieurs principes d’arcliitccturc et fonction si contrastante avec la propreté, le d'économie. Mais cette partie de l'ouvrage, qui

goût, l’élégance de la vie ordinaire. Dans les forme un volume, n'est pas susceptible d'un meiileurs plans formés jusqu’à présent, où les extrait suivi. Ce n’est point sur ces détails qu’on

Erisonniers sont distribués dans un grand nom- doit juger le plan du panoptique. Si l'un âpre d’appartements, il faut qu'un magistrat se pi'ouve le principe fondamental, on sera bien-

les fasse ouvrir l'an après l'autre, qu’il se mette tôt d’accord sur les moyens d'exécution, en contact avec chaque habitant, qu'il leur Mous tirerons pourtant de ce volume quelrépète les mêmes questions, qu’il passe des ques observations détachées qui aident à sentir journées pour voir superficiellement quelques toute rutilité qu’on peut retirer de ce nouveau centaines de prisonniers : mais, dans le pan- système.

optique, il n’est pas besoin de lui ouvrir les Le premier objet est la sértirité dn bâtiment loges , elles sont toutes ouvertes sous ses yeux, contre les entreprises intérieures et contre les Une causederépugnance bien naturelle pour attaques hostiles du dehors. La sécurité du de-

là visite des prisons, c’est l’infection , la feti- dans est parfaitement établie, soit p.ir le prindite de ces uemeures ; en aorte que plus il se- cipe même de l'iuspcction , soit par la forme rait nécessaire de les visiter, plus on les fait; des cellules, soit par l’isolement cic la tour des

plus elles sont funestes à leurs habitants, moins inspecteurs, soit par l’étrécissement des p.isil y a pour eux d’espérance d’obtenir du sou* sages, cl raille précautions absolument non-

2bO PASOFrtQfE,

velles qui doivent ôter aux prisonniers la pensée même d'une révolte et d'un projet d'évasion. On ne forme point de desseins quand on voit l'impossibilité de les exécuter; les hommes se ran(’ent naturellement à leur situation , et une soumission forcée amène peu à peu une obéis* sancc machinale.

La sécurité du dehors est établie par un (veiirc de fortification qui lionne à cette place toute la force qu’elle doit avoir contre une in* surrection momentanée, contre un mouvement populaire, sans en faire une forteresse dan(rereuse : clic peut résister à tout, excepté au canon. Les détails sont si nombreux qu'il faut nécessairement renvoyer à rouvra(;e ori(pnal; mais on doit remarquer ici une idée nouvelle. Fài face de rentrée «lu panoptique, il y aura, dans la lonjpicur du (p'and chemin, un mur de protection pour sersir d’abri à tous ceux qui, -dans un moment où la prison serait attaquée, voudraient passer sans se mêler de celte hostilité 4 en sorte (ju'oii ne risquerait plus, en défendant la maison , de faire un carnap,c inconsidéré, de punir riiiiioceut avec le coupable, parce qu'il n'y aurait que des uialinlentioiiiics qui ^anchiraieiil l'avenue séparée du public par ce mur de protection.

Au reste , on répète que cette prison ne sera jamais attaquée, précisément parce qu'on ne peut pas espérer de réussir dans l’attaque. L’humanité veut qu'on préviciuie ces attentats en les rendant impraticables. La cruauté est unie à l’imprudence (]uand on fait les instrumcaits de la justice assez faibles en apparence pour inviter les desU'ucleurs à une audace criminelle.

Le plan de la chapelle ne peut être bien saisi que par une loii^pic description. 11 suffît de dire ici que la tour même des inspecteurs, subissant, le dimanche, une métamorphose par l’ouverture des galeries, devient une chapelle où le public est reçu , et que les prisonniers, sans sortir de leurs «‘cilules, sont à portée devoir et d'entendre le prêtre qui officie.

i.'aiiteur répontl à une ubjectinn qu'on lui a faite : c'est qu’en exposant alors les prisonniers aux rc(jards de tout le inonde, ou les endurcirait à la honte, et qu'ainsi l'on nuirait au but de la réformation morale.

Cette uiijcction peut n’etre pas aussi forte

u'elle le parait d’abord; parœ que ratlention

es spectateurs, divisée entre tous les prisonniers, ne s’attache imlividnellemeiit sur aucun , et <|uc ceux-ci , rcnfcrmt'S dans leurs cellules , à une certaine distance, sonf^cront plus au spectacle qu'ils auront sous les yeux, qu’à celui dont ils seront eux-mêmes les objets. Mais, d’ailleurs, rien ii'cst plus facile que de leur donner un masque. Le crime abstrait sera exposé à la honte, tandis que le criminel sera éparçpié. Par rapport aux prisonniers , l’humiliation D'aura plus sa pointe déchirante; par

rapport aux spectateurs, l'impression d’an tel spectacle sera plutùl fortifiée qu’afifaiblie. Une scène de cette nature, sans lui donner des couleurs trop noires , est telle en elle-même , qu’elle frapperait l’ima{;ination , et qu'elle servirait puissamment au (p-aiid objet de l'exemple. Ce serait un théâtre moral dont les représentations imprimeraient la terreur du crime.

11 est bien siiqpilier que la plus horrible des institutions présente à cet éi^ard un modèle excellent. L’inquisition, avec ses processions solennelles, scs habits emblématiques, ses décorations effîray.intes, avait trouvé le vrai secret d'ébranler riina{;ination et de parler à l’ame. Dans un bon comité de lois pénales, le personna{];e le plus essentiel est celui qui est chargé de combiner l'efTet théâtral.

Pour revenir au panoptique, on do doit pas oublier que c’est là la seule occasion où les prisonniers auront à rencontrer les yeux du public. En tout autre temps, les visiteurs seront invisibles comme les in.specteurs , et ainsi on ne doit pas craindre que les prisonniers s'accoutument à )>ravcr les regards, et deviennent insensibles à la honte.

('ne chapelle publique est de la plus grande importance dans une maison de pénitence destinée à l’exemple : c’e.st de plus un moyen infaillible d'assurer l’observation de tous les règlements relatifs à la propreté , à la santé , et à la bonne adminisiration du panoptique.

Le -choix «les matiTiaux dans la construction est qu'il donne la plus grande s«k*uriU‘ contre le danger d’un incendie : le fer, partout où il peut entrer; point de bois; le plancher des cellules, s’il est de pierre ou de orique, doit être recouvert de plâtre, parce que, n’ayant point d’interstices, il ne recèle ni iinmon«lices ni levains de maladies, et que d’ailleurs U est incnnibu.slible.

Howard, ne sachant comment se déterminer dans le choix des in«'onv('nieiils, ne veut point de fenêtres dans les cellules, parce que la perspective de la campagne détourne les prisonniers du travail; il ne lais.se qu'une onverture en liaut, inaccessible à leur vue, avec un con* trevent de bois pour écarter la neige et la pluie. 11 ne leur donne point de feu , à cause des dangers auxquels on exposerait la prison, et croit pourvoir a la diffifrence des saisons par la différence «les habits.

Dans le panoptique, on multiplie les fenêtres, parce qu’avec tant de prtreautions, on ne craint pas l'évasion des pnsoniiicr.s, et que si même ils s'évadaient sous les yeux «le leurs inspecteurs , ils auraient encore à franchir au-dehors une foule d'obstacles très-puissants. La multiplication des fenêtres n’est pas seulement un soulagement nécessaire à la captivité, c’est encore an moyen de santé cl d’industrie, puisqu’il est bien des genres de travaux pour lesquels il faut beaucoup de lumière, et qu’on

ou MAISON D INSPECTION CENTRALE. a5 f

est forcé d’abandonner si l'on ne peut pas se soustraire aux variations du temps, que Ton éprouve nécessairement sous une ouverture pratiquée au haut d'une cellule.

Oter à un homme .sa liberté, ce n’est |K>int le condamner à souffrir le froid, ni à rcspii'er un air fétide. Les poêles employés pour réchauffer les prisons auraient plusieurs inconvénients, indiqués dans l'ouvranc aii{'iais ; mais l’on peut avec une dépense médiocre faire pas* ser clans les cellules des tubes qui soient des conducteurs de chaleur, et qui servent en même temps au renouvellement de l'air. Cette précaution, dictée par l'humanité, est conforme à l’économie, parce que les prisonniers pourront continuer leurs travaux sans interruption.

D’autres tubes petircnt distribuer l'eau dans toutes les cellules. On épar|jnera beaucoup d’emploi laborieux poiirle service domestique, et les prisonniers ne seront pas exposés à souf-

frir par la néfrlqjcnce ou la malice d’un (pirdîen.

Nous terminerons ici l’extrait de ces observations générales sur la construction du panoptique. Il faudrait tout traduire pour montrer oue l’aUcntioD de l’auteur s'est étendue à une foule d'objets négligés ou impossibles à remplir dans les prisons ordinaires.

Le grand problème est de donner à l’application du principe panoptique le degré de perfection dont elle est susceptible. Pour cela il faut faire en sorte qu’elle puisse s’étendre à chaque individu parmi les prisonniers, à chaque instant de sa vie , et par conséquent à chaque portion de l'espace qui le renferme. Ce problème exige une grande variété de solutions; et l’auteur les a données toutes. Cette partie concerne principalement les architectes ; mais ce qui est entièrement du ressort des législateurs, c’est l’administration intérieure d'une telle maison. C’est le sujet de U seconde partie de ce mémoire.

SECONDE PARTIE

DE l'administration DU PANOPTIQUE.

L'ailiiiinistralion tics niaUoiis de pcnitenre est un des ulijetssurlestjueU il est le plus dif> Huile de réunir les upiniuns ^ parue que rliaqiie homme, selon la diDéreiiuc de scs dispositions, prescrit différentes mesures de sévérité ou d'indul{jence. Quelques-uns ouhlieiU qu’un prisonnier enfermé pour ses fautes , est un être sensible. D’autres ne son(jent plus que son e'tat est une punition. I,.es uns voudraient lui ôter toutes les petites jouissances qui peuvent adou- ('ir sa misère, tandis que les autres crient ü rinhuniunité sur tous les points de cette discipline pénitentielle.

Je vais poser qtiehjucs principes fondamentaux qui, inalheureuseiiicntdans l’application , laissent encore un champ trop vaste à l'incerlitiide et aux opinions contraires, mais qui ont du moins ravanta(^c d’éclaircir la question, et de mettre les personnes qui disputent à portée de s'entendre.

Il faut , avant tout, rappeler sommairement les objets qu’on doit se proposer dans toute institution de ce ('enre. Détourner de l’imitation des crimes par l’exemple do la peine , prévenir les délits des prisonniers pendant leur captivité, maintenir la décence parmi eux, conserver leur santé et la propreté qui en fait partie, empêcher leur évasion, leur iiiéna^'er des moyens de subsistance pour le temps de leur élargissement, leur donner les instructions m^^essaires, les plier à des habitudes vertucuses,lc5 préserver de tou t mauvais traitement illégitime, leur procurer le hieii-étre dont leur état est susceptible sans aller contre le but de la punition , cl, enfin, obtenir tout cela par des mn^'ens économiques, par une administration inttTCSsée .au succès, par des règles de subordination intérieure qui mettent tons les employés sous la main du chef, et le chef luimême sous l’œil du public; tels sont les divers objets qu'un doit se proposer dans l’établissement d’une prison.

Tous les plans qu’on a proposés jusqu'à présent sont défectueux par un excès de sévérité, ou par un excès d’indulgence , ou par une exagération dans les frais qui a tout fait e'chouer. Les trois règles suivantes seront d’un grand us.-ïgc pour éviter ces différentes erreur*.

Rèÿle de douceur.

I.a condition ordinaire d’un prisonnier condamné à un tr.avail forcé pour un temps long, ne doit pas être accompagnée de souffrances corporelles, préjudiciables ou dangereuses à sa sauté ou à sa vie.

Règle de sévérité.

Sauf les égards dus à la vie, à la santé et au bien-être physique, un prisonnier subissant rc genre de peine pour dus dé’lits qui ne sont guère commis que par des individus de laclasse la plus pauvre, on ne doit pas rendre sa condition meilleure que celle des individus de cette même classe qui vivent dans un état d’innocence et de liberté.

Règle ({économie.

Sauf ce qui est dii à la vie, à la santé, au bien-être physique, à l’instruction nécessaire, aux ressources futures des prisonniers, l’économie doit être une considération du premier ordre dans tout ce qui concerne l’administration, On ne doit admettre aucune dépense publique, on ne doit rejeter aucun profit, par des motifs de sévérité ou d’indulgence.

La règle de douceur est fondée sur des raisons de la plus grande force. Les rigueurs qui affectent la vie et la santé des prisonniers, renfermées dans le secret d’une prison , sont à pure perle pour le principal objet des peines légales, ipii est l'exemple. D’ailleurs, comme ces rigueurs SC prolongent pendant une longue période, l’emprisonnement devient une peine

rlus rigoureuse que d'autres peines qui, dans intention de la loi , doivent être plus sévères. Ainsi, par un renversement de justice, des hommes moins coupables que d'autres se trouvent condamnés à une plus grande punition. Enfin , comme ces rigueurs abrègent la vie , elles sont équivalentes à une peine capitale, quoiqu'elles n’en portent pas le nom. Si donc le pouvoir exécutif exposcla vie des prisonniers par des sévérités que le législateur n'autorise pas , il commet un véritable homicide; mais si le

PANOPTIQUE, OU MAISON

législateur autorise ces sévérités, il en résulte qu’il ne condamne pas un homme à mort, et que pourtant il le fait mourir , non pas par un supplice d’un instant, mais par un supplice horrible qui dure quelquefois plusieurs amiées. 11 en résulte encore (|uc ces prisonniers ne sont point punis relativement à rénorrnité de ieqrs offenses, mais relativement à leur force plus ou moins (p'ande , à leurs facultés de résister plus ou moins aux ri{pieurs de leur traitement.

La règle de sévérité n’est pas moins essentielle; un emprisonnement qui offrirait à des coupables une situation meilleure que leur condition ordinaire dans l'état d'innocence, serait une tentation pour des hommes faibles et malheureux , ou du moins elle n'aurait pas ce caractère de peine qui doit effrayer celui qui est tenté de commettre un crime.

La règle d’économie, toujours importante en cUeHnème, l’est beaucoup plus dans un système où l'on a voulu lever la principale objection qu'on ait faite contre la réforme des prisons ; savoir, l’excessive dépense : il fallait montrer que le système actuel réunissait à tous ces avantages celui d'une économie supérieure.

Mais comment s'assurer de l’économie? Par les memes moyens qui la font régner dans un atelier, dans une manufacture. I^es établissements publics sontsujets à être négligés ou volés; les établissements particuliers prospèrent sous la garde de l’intérêl personnel : il faut donc confier à la vigilance de l’intérêt personnel l'économie des maisons de pénitence. Cet article est essentiel , et demande une explication détaillée.

Comparaison des deux modes (t administration, tune par contrat, t autre de conjiance.

On ne peut choisir qu'entre deux espèces d'administrali'in : administration par contrat, ou administration de ronhance. L'administration par contrat est celle d’un homme qui traite avec le gouvernement , qui se charge des prisonniers à tant par tète, et qui applique leur temps et leur inifuslric à son profit personnel , comme fait un maitre avec ses apprentis. I.’administration de conjîtmce est celle d'mi seul individu, ou d'un comité, qui soutiennent les frais de rétablissement aux dépens du public, et qui rendent au trésor public les produits du travail des prisonnier*!.

Pour se déterminer dans le choix de ces deux moyens, il suffirait, ce semble, de poser les questions suivantes : l)e-qui doit-on espérer lus de zèle et de vigilance à la tète d’mi étalissement de rctlc nature? Kst-c'c de celui qui a beaucoup d’intérêt dans son succès, ou de celui qui n'en a que peu? Est^e de celui qui partage les pertes comme les profits, ou de celui qui a les profits sans tes pertes? Est-ce de celui dont les gains seront toujours pru-

d’iNSPECTION CENTR.tLE. 253

portionnés i sa bonne conduite, ou de celui qui est toujours sûr du meme émolument , loic qu’il administre bien ou mal ?

L’économie a deux grands ennemis , le pécu~ lat et la négligence. Une administration de confiance est exposée à l’un et a l’autre; mais une administration par coutrat rend la négligence improbable, et le péculat impossible.

On ne dit pas que des administrateurs désintéressés ne rempliraientjamais bien les devoirs de ces places : 1 amour du pouvoir, de la nouveauté , de la réputation , l'esprit public , la bienveillance, sont des motifs qui peuvent nourrir leur zèle, et leur inspirer de la vigilance. Mais l'entrepreneur par contrat ne peut-il pas aussi être animé par ces différents principes ? poids

d’un nouveau motif détruirait-il l'influence des autres? L’amour du pouvoir est sujet à sommeiller; l'intérêt pécuniaire ne s’endort jamais. L’esprit public se ralentit, la nouveauté s’efface; mais l’intérêt pécuniaire devient plus ardent avec l'àge.

Accordons que les administrateurs désintéressés ne SC rendront jamais coupables ni de péculat ni de grossière négligence. Pourrontils tendre tous les ressorts uc l’économie et da travail au même point qu’un homme intéressé personnellement dans le succès de ses soins? Bon ctmauvuissontdes termes de comparaison. Que votre administration vous paraisse florissante et productive, vous ne-puuvez pourtant pas savoir quelle épithète elle mérite, jusqu’à ce que vous l’ayez vue dans des mains intéressées : c’est là son vrai critère. Elle peutêlre bonne en comparaison de ce qu’elle a été, quoiqu’elle soit mauvaise en comparaison de ce qu'elle peut devenir.

Ce n'est pas tout; les administrateurs désintéressés , c est-à-dire , n’ayant point , comme l’entrepreneur, les profils de la maison, jouissent cependant d'un salaire, qu’ils fassent leur devoir ou ne le fassent pas. Or, un salaire est un très-grand motif pour prendre une place; mais ce n’en est point un pour en remplir assidiiemcnt les fonctions : au contraire, il affaiblit la liaison qui doit exister entre l’intérêt et le devoir. Plus ce salaire est considérable, plus il met un homme au-dessus de sa place, plus il le jette au milieu du monde et des plaisirs, plus il le dégoûte d’une attention qui lui parait servile et minutieuse; et si le salaire est assez grand, le fonctionnaire public cbcrrlicd’abortl un commis, 1111 député qui fait tout l’ouvrage, en sorte que ce n'est plus ce que vous donnez au chef, mais ce (uic le chef donne à son subdelégué, qui fait aller le travail. Le salaire même, en proportion de sa grandeur, a une tendance funeste à ne laisser le choix pour les places qu'entre les hommes les plus incapables. Les places richement dotées sont la proie des intrigants accrédités, qui sont, non les courtisans, mais les valets des ministres et de chaque ininUtre, enfants

iSi PANOPTIQCB,

|*âtct de la fortune , dont le m^te est dans leur opulence , pendant que leur titre est dans leurs besoins, et dont ror{*ueil est au-dessus de Tapplication des affaires, autant que leurs talents sont au-dessous.

Ou trouvera sans doute des administrateurs qui voudront ser>*ir sans intérêt, l’ouf l'honneur et le bien publie ; niais qooiqti ils niiissent faire mieux que ceux cjiii auraient un salaire, ils feront moins bien qu’un entrepreneur. Aimer le pouvoir et l'autorité d'une place, ce n’est pas toujours en aimer la fati(;ue et les embarras; et même aimer les fonctions pendant qu elles ont le vernis delà nouseauM*, n’est pas une caution qu'on les aimera quand la nouveauté sera usée. D’ailleurs, où le xèle de l’intérêt n’est pas, il eut toujours manquer beaucoup à l'activitc de industrie.

Mais la {p*ande objection contre les administrateurs (paluits, c’est que plus un homme est asstu'é d'obtenir la conhatice , moins il fait d’efforts pour la mériter. J.a j.alousie est l’ame du ({ouvememeut; la transparence de l’ailminisiration, si je puis parler ainsi, est la seule sécurité durable; mais la transparence tnême ne sufKt pas, s'il n’y a pas des observateurs curieux pour tout examiner avec attention. Voyez l'entrepreneur par contrat, chacun 1’i‘pie avec une jalouse dénance ; chacun le rcj;anle comme un a(*ent suspect, qu’il faut veiller de près, de peur qu’il ne tyrannise les prisonniers et ne les opprime. Toutes ses fautes seraient exa^^crées ; tous ses torts seraient mU dans le plus (p^and jour; mais l’administrateur (p*atuit, charmé de sa propre (générosité, attend de tout le monde une estime presque aveu(;le , une déférence presqne illimitée. Il semble rjuedu haut de ses vertus il dise au public : « (^ii nn homme comme lui , « qui sert sans intérêt, qui méprise rar(*ent, a > droit à la conKance, aux é(;ards; qii’on l'of- » fenserait par des soupçons; et que s’il dai(pie » rendre ses comptes, c’est une œuvre stiréro- » i;atoire qu'il ne doit qu'à son honneur. ■ Le publie est du même avis; et si qiiel(|ii’un ose relever les abus, les négli(vcnces, les vexations mêmes de cette administration (généreuse, il n’y a qu’un cri d’indi{piation contre lui.

Quant aux inconvénients d’une admini.stration confiée à plusteurs personnes, ils sont connus de tous ceux qui ont un peu d'expérience. La multiplicité des (▼érants détruit l’unité du plan , cause une fluctuation perpétuelle dans les mesures, amène la discorde; et après une lutte lon(vtic et pénible entre tes associés^ le plus fort ou le plus opiniâtre demeure maître du champ de bataille. Si le pouvoirest su.sceptible de parta(;e, les administrateurs s’arran{;cnt pour être absolus chacun dans son département. C^imme la nature répare les fautes d'un médecin, un contrat tacite coirq^e ainsi le vice de la loi dans un comité d'administration.

Après tout cela, le public qui, toujours épris

de la vertu rt de’ la générosité en théorie, aimerait mieux perdre cinquante mille livres par négligence, que d’en voir gajpier mille à un homme par péculat, ne manquera pas de crier que le plan de mettre les prisonniers entre les mainsu’un entrepreneur, est un plan inhumain , une usure barbare; cju'on expose ces malheureux à tons les maiivats traitements qui peuvent résulter de la cupidité de leur maître, intéresse à leur donner une mauvaise nourriture, et à leur imposer un excès de travail. L’nc comparaison qui se présente d’ellc-mêmc avec l’esclavage des noirs, achèvera le tableau, et jettera la plus (p^nde Héfevcnr sur ce projet.

Avec tout ce l>eau langage a'humanité, les pri.Honniers ont été, ju8r|ii'à présent, les plus malheureux des êtres ; cest qu'on se home A faire des règlements, et que les règlements seront tonjours vains, jusqn'a ce qn’on ail trouvé le moyen d’identifier l’intérêt des prisonniers et de leur gouverneur. On ne peut y réussir que par une administration par entreprise.

Les devoirs de l'entrepreiieur envers les dividiis confiés à ses soins, penvent être, dans cet établissement, tellement liés à son intérêt, qu’il sera forcé de faire , pour son propre avantage , tout ce qu’il ne serait pas porte à faire pour le leur.

Le principe gémTal est le même pour assurer les devoirs d'humanité que pour assurer ceux d’économie.

Il faut assigner un bénéfice croissant en proportion du bien qu’il aura fait , et le soumettre à une i>erte en proportion du mal qui aura résulte de l'omission de ses devoirs.

Les assur.inccs sur la vie des hommes sont une belle invention qu’on peut appliquer à un (p-and noml^re d'usages, mais surtout dans le cas où il s’â(;it de lier l'inlérét d*un homme à la conservation de plusieurs.

Supposons trois cents prisonniers, et que d'après le calcul moytm des âges, en y faisant entrer les circonstances particulières des habitants d'une prison, on suppute, par exemple , qu’il en mourra un sur vingt cbaqueannée; donnez à l’entrepreneur dix livres sterling pour tout homme qui doit mourir ; c'est-à-dire , dans la supposition actuelle, i5o livres sterling, mais à condition qu’à la fin de l'année il vous paiera dix livres sterling pour tout individu qu'il aura perdu, soit par la mort, soit par une évasion. Vous pouvez même doubler cette somme pour au(pnenter l'influence de son intérêt ; et s'il se trouve plus riche à la fin de l’année, s'il fait, en quelque sorte, une iK^oiiomie de la vie humaine, quel argent pouvez-vous moins refp'etter que cehii par lc((tiel vous aurez acheté la conservation et le bien-être de plusieurs hommes?

Cependant ne vous fiez pas à ce moyen seul , quelle que soit son énergie réelle, fondée sur un intérêt facile à calculer. La publicité est la

ou MAISON D INSPECTION CENTRALE. 255

preini^e des caations , elle perfectionne tout : c'est le meilleur moyen de mettre en œuvre tous les motifs moraux et toutes les ressources iiitel* lectuelles. Or, cette prison , bâtie sur le principe panoptique , est comme transparente ; elle accomplit le vœu de ce vertueux Romain, qui aurait voulu vivre, dans l'intérieur de son domestique , sous les yeux mêmes du public. C’est un spectacle ouvert à tout le monde ; il suffit, en quelque manière, d'un coup d'œil pour le voir tout entier. Chacun peut ju(*cr par soimême si l'entrepreneur remplit les conditions de sa place , et il n'a point de faveur à espérer , parce que le public, toujours plus enclin à la pitié qu'à la rigueur, se fei*a beaucoup plus de mérite d'écouter les plaintes des prisonniers que les raisons de l'entrepreneur.

Pour au{pnenter la force de cette sanction, il sera tenu de publier tous ses comptes, tous les procédés, tous les détails do son gouvernement, tonte l'histoire, en un mot, de sa prison : ce compte sera rendu sous serinent, et soumis à un examen contradictoire.

Mais, afin d'écarter tout intérêt pécuniaire qui pourrait l’engager à dissimuler , il faut que sa place lui soit assurée pour sa vie , sous les réserves ordinaires de bonne conduite : car il ne serait jamais ni prudent ni juste de l'obliger à publier tous ses moyens de profit, et à en tirer parti contre lui , soit pour augmenter le prix de sa ferme, soit pour appeler d'autres concurrents.

Si les termes de cet contrats sont d’abord désavantageux, ils deviendront meilleurs pour le gouvernement , à mesure que l’intérét particulier aura perfectionné ces entreprises. Un homme industrieux fera un gain légitime, et l'état en profilera dans tous les marchés sobscquents.

Je le répète encore, parce (pi’on a liesoin d'insister quand on attaque des préjugés publics , et surtou t des préjugés respectables. Tout système d'administration qui est assis sur le désintéressement réel ou présume , est ruincox dans ses bases. 11 peut, dans le principe, avoir un succès momentané, mais il ne sera pas durable. Le motif sur lequel on doit le plus compter, est celui dont l’influence est la plus puissante , la plus continue , la plus uniforme et la plus générale. Ce motif est ('intérêt personnel, corrigé par la publicité la plus grande.

Après avoir montré combien une administration par contrat promet plus de vigilance et d'économie que tout autre genre d'administration , je vais entrer dans l'examen des differents objets du gouvememeot intérieur de ces asiles de pénitence.

Séparation des sexes»

Le moyen qui se présente d'abord pour effectuer celte séparation , c'est d’avoir deux panopti-

ques ; mais la raison d’économie s’y oppose d’autant plus , que dans le nombre total des prisonniers , il n’y a pas un tiers de femmes , et qu'en faisant deux établissements pour les deux .sexes , il y aura comparativement trop peu de sujets pourl'un, et trop pour l'autre, sansqu'onpuissc verser le superflu de manière à établir le niveau entre les deux.

On peut voir en détail, dans l'ouvrage anglais , comment on peut sauver celte difficulté dans le pannptiqne , en dispo.sant d'un côté les cellules des hommes, et de l'autre les cellules des femmes , et comment on peut prévenir, par des précautions de structure, d’inspection et de discipline, tout ce qui pourrait alarmer la décence.

dépuration en classes et en contpa^ies.

I^a plus grande difficnltéjusqu’à présent a été celle de distribuer les prisonniers dans l'intérieur des prisons. Le mode le plus ordinaire, et cependant le plus vicieux à tous égards, c’est de les confondre tous ensemble, de mettre les jeunes avec les vieux, les voleurs avec les assassins, les débiteurs avec les rriniinels, et de les jeter dans une prison comme dans nn cloaque, oii ce qui n’est corrompu qu’à demi est bientôt attaqué d'une corruption totale, et où la fétidité de l'air est moins nuisible à leur santé que l'infectionniorale n'est dangereuse à leur cœur.

On comprend d'abord que le bruit, l'ag;itation, le tumulte, et toutes les scènes qu'offire sans cesse l’intérieur d'une prison, où les prisonniers sont entassés, ne laissent aucun intervalle où la réflexion puisse travailler, où le repentir puisse germer et fructifier.

Un autre effet non moins frappant d’une telle association, c'est d’enditrcir les hommes contre la honte. La honte est la crainte du bl.âme de ceux avec qui nous vivons; mais le crime peut-il être hlàmé parmi des criminels? Qui d'entre eux se condamnera lui-même? Qui ne cherchera pas à se faire des amis plutôt que des ennemis parmi ceux avec lesquels il est forcé de vivre? I^e monde qui nous environne est celui dont l'opinion nons sert de règle cC de principe. Des hommes séquestrés de cette façon font un public à part; leur langage et leurs mœurs s'assimilent. 11 se fait insensiblement , par un consentement tacite, une loi locale, qui a pour auteurs les plus abandonnés des hommes; car, dans une telle société, les plus dépravés sont les plus audacieux, et les plus méchants en imposent à tous les antres. Ce public, ainsi composé, appelle de la condamnation du public extérieur, et casse sa sentence. Plus ce peuple, enfermé dans cette enceinte, est nombreux, plus les clameurs sont bruyantes, plus il est aise de noyer dans le tnmulle le fainle murmure de 1a conscience, U*

PANOPTIQCE-

«uuvenir de cette opuiion publique, que l'on ii'entcnd plus, et le désir de ref^agner l'estime des hommes que l’un im: voit plus.

Le mode le plus opposé à celui-là, cVst de confiner les prisonniers dans une solitude al>- Süliic, pour les séparer entièrement de la coD' ta(^ion morale, et les livrer à la réflexion et au repentir ; mais le bon et judi(rieux Howard , qui a accumulé tant d'observations sur les prisonniers, avait bien vu que la solitude absolue, qui produit d’abord un effet salutaire, penl assez promptement son efficace, et fait toml>cr UQ malheureux captif dans le désespoir, la folie ou l'insensibilité. En effet, quel autre résultat pciit-on attendre quand on laisse une ame vide, pendant des mois et des années , se tourmenter elle-même ? C’est donc nne pénitence qui peut être utile pendant quelques jours pour dompter un esprit de rébellion; mais il ne faut pas la prolonger. Le quinquina et l’antimoine ne doivent pas être employés comme des aliments ordinaires.

La solitude absolue, si contraire à la justice et à l'humanité, quand on en fait un état permanent, est encore heureusement combattue par les plus grandes raisons d’économie; elle exige nue dépense énorme en bâtiments, elle double les frais pour éclairer, conserver la propreté , renouveler l'air ; elle resserre le choix des travaux , en limitant trop l’étendue des cellules, en excluant les professions qui exigent la réunion de deux ou trois ouvriers. Elle nuit encore à rindostrie, soit parce qu'il n’y a plus moyen de donner des apprentis à des ouvriers expérimentés, soit parce que l'abattement de la solitude détruit ractivité et l’émulation, qui se développent dans un travail fait en compagnie.

I.e troisième système consiste à agrandir les cellules, à leur donner assez de capacité pour recevoir deux, trois et quatre prisonniers, et même uii plus grand nombre, en les assortissant, comme je le dirai bientèt, de la manière la plus convenable (K>ur les caractères et les âges.

La construction même du panoptique donne tant de scÆurités contre les révoltes et les complots entre les prisonniers, qn'on ne doit pas craindj'c leur réuniun en petites comna^ies, parce qu’il n'y a rien pour favoriser leur tVasion, et qu’il y a beaucoup de moyens combinés pour la rendre impossible.

Ou «lira plutôt que cette société ne sera qu’une école de crimes , où les moins pervers seront perfectionnés dans l'art de la scélératesse, par ceux qui en ont uuc longue expérience.

On peut prés'euir cet inconvénient en distinguant les prisonniers en différentes classes suivant leur âge, le degré de leur crime, la

f>ervcrsité qu’ils montrent, leur application , et es marques de leur repentir. L’inspecteur doit être peu inlelligcut et bien inattentif, s’il ne

connaît pas en peu de temps le caractère de aes prisonniers, assez du moins pour les assortir de manière qu'il résulte de leur société un freiu mutuel, un motif de subordination et d’industrie.

Il ne faut pas s’en laisser imposer par les mots. Tous ceux qui sont enfermés sont coupables; ils ne sont pas tous pervertis. Le libertinage, par exemple, n’est pas la même chose que la violence : ceux dont les offenses consistent dans des actes d’une timide iniquité , comme les volenrs et les filous, sont plus à redouter en qualité de comiplenrs et de donneurs de leçons, qu’en qualité d'hommes daoereux pour la sûreté de la prison et l'audace e leurs entreprises. Ceux qui se sont abandonnés une fois au crime par la tentation de 1a pauvreté et de l'exemple, sont bien faciles à distinguer des scélérats endurcis. L'i\TOgnerie, source d’un si grand nombre de délits, ne peut pas être enseignée dans une maison de pénitence où il n'y a aucun moyen de s'enivrer. Indépendamment de ces différences essentielles, on reconnaîtra bientôt ceux qui ont une disposition plus marquée à se réformer, à contracter de nouvelles haLitudes, et toutes ces observations serviront à former les assortiments des cellules et les compagnies de prisonniers.

Après cette précaution fondamentale , qu’at-on à craindre? Le libertinage? Mais le principe de l’inspection le rend impossible. Les emportements, les querelles? Mais l’œil qui voit tout en aperroit les premiers mouvements, et sépare d’abord les caractères inconciliables. Le corrupteur dira-t-il qu’il n’y a point de danger dans le crime? La preuve du contraire est dans la situation même. Fera-t-il une peinture attrayante de ses plaisirs? Mais ce plaisir est éteint, la punition qui est comme sortie de ses cendres est présente à la pensée par le souvenir du passé, par la soumance actuelle, par la perspective de l'avenir. Dira-t-il qu’il n’y a point de honte dans le crime? Mais ils sont longes dans l’humiliation ,et chacun n’a que eux on trois compagnons pour appui.

Un sujet de conversation plus naturel et plus consolant se présente à eux : l'amélioration de leur état présent et futur. Comment s’y prendront-ils pour tirer plus de parti de leur ouvrage? Que feront-ils de ce qu’ils gagnent à pnfsent qu’ils ne peuvent que travailler, et que toute dissipation est impossible? Quel usage feront-ils de leur liberté quand leur terme sera fini, et à quoi pourront-ils appliquer leur industrie ? Ceux qui auront acciimnlc des profils, donneront de l'émulation aux autres. Comme c'est l’intérêt du inomrnt qui les avait fait tomber dans te crime, l’intérêt du moment les ramène à une lx)nne conduite. Une réformation mutuelle est du moins aussi pfobable qu'une corruption progressive.

Les petites associations sont favorables à l’a-

Oü MAISON d'inspection CENTRALE. 167

mitié qui est la scear des vertus. Un attache- Une faute qu*on doit relever, parce qu'elle meut aurabie et bcMinête sera souvent le fruit est commune, c’est d’imafpner que l'on doit d’one société si intime et si longue. condamner les prisonniers à de certains travaux

Chaque cellule est une île ; les habitants sont rudes et pénibles, souvent à pure perte, iinides matelots infortui>és; jetés dans cette terre quement pour les fatiguer. Howard parle d'un isolée par un naufrage commun, ils sontrede- geôlier qui avait entassé des pierres àuneextré* vables l'an n l'autre de tous les plaisirs que niitédeiacourdclaprison,eiquiordoiinaitatix peut donner la société; adoucissement néces- prisonniers de les tr.insporter n l'autre extréaaire, sans lequel leur condition , qui u’est que mité; puis, il fallait les reporter à leur première triste, deviendrait affreuse. place, et ainsi de suite. C^and 011 lui demanda

S’il y a parmi eux des hommes violents et co- l’objet de cette belle industrie , il répondit que lcres, on les It^re à la solitude absolue, jusqu'à c'était pour ^irc enra|’cr tous ces drôles, ce qu'ils soient apprivoisés. On les prive de la C'est une imprudence bien funeste que de société pour leur apprendre à en connaître la rendre le travail odieux, d'en faire un épouvanvaleur. tail pour les crimineU, et de lui imprimer une

Voilà donc un fonds de liaisons qu'on leur esjiècG de flétrissure. L’effroi d'une prison ne prépare pour le temps où on les rendra au doit point potier sur l'idée du travail, mais sur monde. On prévieut ainsi l'un des plus (pands la sévérité de la discipline, sur un uniforme inconvenienu qui accompagnent les emprison- humiliant, sur une nournture grossière, sur 1a nements dans les maisons de pénitence; car perte de la lilierlé. L'occupation, au lieu d’être le malheur de n'avoir plus d'amis dans leur état le fléau du prisonnier, doit lui être accordée de liberté, les replonge presque toujours dans comme sa consolation et son plaisir. Elle est les excès de leur première vie. Mais en c^iit* douce en elle-même en comparaison d'une oisi* tant l'école de l’adversité, ils seront l'un à 1 au- veté forcée, et son produit lui donnera une tre comme d’anciens camarades qui ont fait en* double saveur. I^e trav.ail, le père de la riteroble leurs classes. cbesse; le travail, le plus grand des biens,

En admettant la distribotion des prisonniers pourquoi le peindre comme une malédiction ^ par petites compagnies formées d’après des Le travail forcé n'est point fait pour les priconvenances morales, il faut prendre garde à sons; si vous avez besoin de produire de grands ne jamais se départir de ce principe, et à ne efforts, vous le 'ferez par des récompenses et permettre en aucune occasion une société gé- non par des peines. La contrainte et la servinérale et confuse qui pourrait détruire tout le tude n'avanceront jamais dans la carrière aussi bien qu'on aurait fait. L’ouvrage anglais ren- loin que l’émulation et la liberté. Comment feferme de grands détails sur un plan pour faire riez-vous porter à un prisuniiier le fardeau dont promener les prisonniers, sans rompre les di- un crochetenr se charge avec plaisir pour vingt visions par compagnies; mais ce pian n'est sons? il feindrait de succomber sous le poids : qu’un accessoire au projet , puisqu’il ne serait comment découvririez- vous la fraude? Peutnécessaire que dans le cas où leurs travaux ne être même succombcrait-il en effet ; car la force leur donneraient pas assez d’exercice. du corps est en raison de la bonne volonté;

quand elle n'a point d’énergie , les muscles n'ont Des Travaux. point de ressort.

Le travail doit durer toute la journée, cx- Passons à l’emploi du temps, objet d’une cepté l’intervalle des repas; mais il est cunveimportance infinie, soit par des raisons d'éco- naole que différents travaux se succèdent, qu'il nomie , soit par des principes de justice et d'hu- y en ait de sédentaires et de laborieux , auxquels manité, pour adoucir le sort actuel des mal- un applique les hommes tuur-à-tour, parce heureux, et pour leur préparer les moyens de qu’une occupation constamment sédentaire mi vivre honnêtement du fruit de leur travail. constamment laborieuse, surtout dans un état Jl n’y a nulle raison de prescrire à l'entre- de captivité, proiluirait une mélancolie sompreneur l’espèce de travaux auxquels il doit hrc, ou ruinerait la santé; mais l'altcmative de occuper ses prisonniers, parce que son intérêt l'un à l’autre remplit le double objet du délaslui découvrira bien quels sont (es plus lurra- scnientetde l’exercice. Le mélange des orcutifs. Si le législateur se met à réglementer, il sc pations est donc une heureuse idée pour l'écotrompera toujours : s'il ordonne des travaux nomie des maisons de pénitence, pen profitables, ses règlements sont pernicieux ;

s’il ordonne. les travaux les plus avantageux, De la Diète.

ses règlements sont superflus; mais les travaux

avantageux cette année ne le seront plus peut- On doit relever deux erreurs principales sur être r année prochaine : rien n’est plus absurde la noiiiriturc des prisonniers. I..a plupart ont que Afj régler par des lois l’industrie qui varie cru devoir en limiter la quantité, et donner des sans cesse , et l’intérêt qui épie essentiellement mesures fixes ; mais c'est un véritable acte d’üiles besoins. humanité pour tous ceux à qui cette ration ne

258 PAKOPTIQUE;

suffit pas. Cest an« ponitioD bien inégale: elle ne se proportionne point au de^é 4iu délit , mais à la lorre ou à la faiblesse d’un homme; et bien cruelle : ce n’est point une injustice d’un

I'our ou d’un mois, mais de plusieurs années. Si a faim d’un malheureux n'estpas apaiséeaprès son repas, elle ne diminuera pas sans doute dans riiiter^alle. Il éprouvera donc un malaise perpétuel , une lati{pieur Cjui minera |>cu à peu ses forces. (7cst une véritable torture, avec cette seule dilféreiice que, dans cecas , la torture est appliipiée à l'intérieur de l'estouiac , au lieu de l’être aux bras et aux jambes.

Pourquoi n*a-t-on pas encore dit nettement qu’on devait noun ir un prisonnier selon la mesure de son appétit? N’est-cc pas là l'idée la plus simple et le premier veru de la justice?

La seconde erreur dans lac^uellc on c»t tombé,

}iar une bonté irréflé‘chic, c est de proposer de a variété dans les aliineuts des prisonniers, au point que quelques rcTormateurs, et outre autres le bon iloward, plus indul(*cnt pour les autres que pour lui>méme, ont demandé qu'on leur donnât delà viande au uioius deux fois par semaine, sans penser que la plupart des haliitanls de la eainpa^ie, et beaucoup dans les villes , ne peuvent pas sc procurer ce premier objet de luxe. Faut-il réaliser pour ceux ipiiont

fierdu la lilierté par des crimes, ce vteu de Irnri IV, qui n’est encore qu’une espiTance éloi(piéc pour tant <lc vertueux cultivateurs ? Cette im-prisc se manifeste en Anglelerre ,

Sar une (p'adalion curieuse dans la nourriuirc es individus , comparée avec leur qualité. I>es pauvres les plus honnêtes, ceux qui subsistent de leur travail, ont à peine nn pen de viande le dimanche. 1x.'S pauvres qui sont entretenus aux frais du public, en ont, d'après un terme moyen, quatre fois par semaine. I.<es malfaiteurs, euiprisonni'v pour les crimes les plus odieux, en ont tous les jours. Que penser de cette «lifférence?

La nourriture des prisonniers doit être la plus commune et la moins chère que le pays peut fournir, parce qu’ils ne doivent pas être mieux traités que la classe pauvre et laborieuse : nul mélan{vc, car il n'est pas nécessaire d'ai- (piiscr leur appétit. De l’eau, pour toute boisson ; jamais de liqueur fermentée : du pain , si le pain est la nourriture la pluséconomique ; mais c’est une manufacture, et la terre nous fournit des aliments très-.-ibondants et très-sains, (}ui n'ont pas læsoin d'etre manufacturés. I>a race des !rland.iis, qui ne maii{;eiit que des pommes de terre, est-elle faible et dégénérée ? Le monta^piard écossais, qui ne se nourrit que de farine d'avoine, cst-il timide à la ^pierre?

Au reste, on doit laisser à chaque prisonnier la liberté d’acheter des aliments idus variés et plus succulents, avec le produit de son travail ; c’est la meilleure spéculation, même pour l'éconumic, que d’cxcitcr riiuluslric par une

récompense , et d’attribuer à chacun d'eux une certaine proportion de ses profits. Mais la récompense , pour avoir toute son énerfpe , doit s’ofFnr sons la forme d’une (p-atification actuelle, et l’on ne peut rien ima^pner de plus innocent, ni de plus propre à opérer sur cette classe d'hommes, qu’une jouissance de cette nature qui flatte en même temps le f^oût et la vanité, (^pendant, un doit toujours excepter les liqueurs fermentées, parce qu'il est impossible de tolérer un usaf^e modéré sans courir le hasard des excès, vu que le breuvap,e qui ne produit point d'effet sensible sur un homme , suffit pour faire perdre la raison à un autre. Celte rc{^le n'est point trop sévère, puisqu’il y a un (paud nombre de pauvres industrieux et honnêtes, qui ne peuvent jamais se donner celle indulgence.

De t Habillement,

Il faut consulter l'économie en tout ce qui n’est pas contraire à la sauté et à la bienséance. L'habillement, pour répondre au (p*and objet de l'exemple , doit porter quelque marque d’humiliation. La plus simple et la plus utile serait de faire les manches de l’habit et de la chemise d’une biiqpicur iné(^ale pour les deux bras. Ce serait une sûreté de plus contre l'évasion, et un moyen de reconnaître un homme échappé ; car, même après un certain temps, il y aurait une différence sensible de couleur entre le bras couvert cl le bras nu.

De la Propreté et de la •S’anié.

Les détails sur ce sujet ne sont pas nobles en eux-mêmes; mais ils sont ennoblis par la fin c|u*un SC propose.

L’admission d’un prisonnier dans sa cellule doit être précédée d’une ablution complète. 11 serait même convenable qu'on mil à celte admission quelque cérémonie solennelle, comme une prière, une musique (pave, un appareil qui filimpression sur des amcs{possières. Combien les di.scüurs sont faibles en comparaison de cc qui frappe riina{*inalion par les sens?

Le prUoimier doit avoir un habit (possier, mais blanc et sans teinture, afin qu'il ne puisse contracter aucune malpropreté qui ne se montre d’al>ord : ses cheveux doivent être rasés ou coupés courts. L’usa(»e des bains doit être ré(pilier. il ne faut tolérer aucune espèce de tabac, ni aucune coutume contraire à la pratique des mai.sons les plus propres. On fixera les jours où il faut renouveler le lin(*e.

Toute celle délicatesse n’est pas nécessaire à la santé ; mais comme une prison a été presque partout un séjour d'horreur, il vaut mieux prendre des précautions extraordinaires que d’en négli(p*r aucune. l*our redresser un arc , dit le proverbe, il faut le tendre en sens contraire.

ou MAISON D^NSPECTION CENTnALE. sSq

Cette partie clu ri^ime a meme un objet snpérieur : entre la délicateââe physique et morale , on a observé une liaison, qui cstTouvra^ie de rima('inaiion , mais qui n’en e<>t pas moins réelle. Howard et d’nulres l’ont remarqué. Les soins de propreté sont un stimulant contre la paresse; ils accoutument à la circonspection, et apprennent à porter , jusque dans les petites choses, le jou{*de la décence. La pureté morale et physicpic ont un lan(’a('e commun. On ne peut louer une de ces vertus, sans qu’une partie de la louan{;e ne réfléchisse sur l'autre. De là CCS systèmes de purifications et d'ablutions auxquels les fondateurs des relip,ions de l’Orient ont attaché une importance si minutieuse. Ceux qui ne croient pas à Tefficarc spirituelle de ces rites sacrés, ne nieront pas leur influence corporelle. L’ablution est un type : puisse-t-elle être une prophétie ! Que n’est-il aussi aisé de purifier 1 ame de nos prisonniers que leurs corps!

L’exercice en plein air est un préservatif pour la santé ; mais il faut que cet exercice soit soumis, comme tout le reste , «î la loi inviolable de l’inspection, qu’il ne soit point incompatible avec le de(^é de séparation nu de formation en petites sociétés que l'on aura ju{*é convenable, qu’il suit favorable à l’économie , c’est-à-dire, productif, s’il est possible, et appliqué à quelque travail utile. L’oiivra(Tc animais renferme beaucoup de détails , d’où il résulte que l’auteur donne la préférence à l’us:qje des grandes roues (|iiî sont mises en mouvement par le poids d un ou de plusieurs hommes, et qui donnent une force (|u’on peut employer à volonté pour mille objets mécani<}ues. Cet exercice remplit toutes les conditions qu’on peut souhaiter. On peut tes proportionner aux forces de chaque individu. Cn prisonnier paresseux tic peut pas tromper l'inspecteur. LV inspecteur ne petit pas en faire un usa{*e tyrannique contre ses prisunniers. 11 n’a rien de dur et trinliuniain ; ce n’est (pi’une manière différente de monter une colline. L’effet est produit par le seul poids du corps qui 8*appli(|uc successivement à «liffércnts points. Cest d ailleurs un travail compatible avec le plan de séparation, et même avec celui d'une solitude absolue. On peut y employer tes femmes mêmes , et il n'est rien de pins facile <pie de distribuer les tours des prisonniers , de manière à leur donner deux fuis par jour un exercice qui n'en sera pas moins bon pour la santé, parce qu'il aura de plus un objet économique et utile.

Ces précautions sont pliitùt des vues susceptibles d'être perfectionnées que des ordres péremptoires.

On ne veut pas fixer non plus la distribution du temps, qui peut varier selon diverses circonstances ; mais on doit avoir pour principe d’éviter toute oisiveté dans un ré(pme qui

a pour objet la réformation des mtrurs , et ce serait une (p*ande faute que de donner aux

Îtrisonniers plus de sept ou huit heures pour eur sommeil. La coutume oiseuse de rester dans le lit quand on est éveillé est aussi contraire à la constitution du corps, qu'elle affaiblit, qu’à celle de l'nme, où l’indolence et la mollesse fomentent tous les j^ermes de la corruption. Les lonffucs soirées d’Iiiver doivent avoir leurs occupations ré{»lées, et quand on pourrait supposer que leur travail ne vaudrait pas la dépense des lumières, il y aurait encore des raisons d'humanité et de sa(*esse plus fortes que celles de l’é^ronomic, pour ne pas condamner tous ces malheureux à douze ou quinze heures de lanf»iieur et d'obscurité. Rien n’est si facile que de placer les lumières hors des cellules, ac manière à éviter tout dan;*er de né^Ii(»ence ou de malice, et même à maintenir pendant la nuit la principale force du principe de l’inspection.

De (instruction et de (emploi du dimanche-

Chaque maison de pénitence doit être une école ; c’est d’alxml une nécessité pour les jeunes f;ens qu’elle renferme, puisque cctâpe lcn<lre n’est point exempt des crimes qui conduisent à ce (jenre de peine ; mais pourquoi refiiscrait-on le bienfait de l’instruction à des hommes i{»norants qui peuvent devenir de» membres utiles de la soci«*lé, par une éducation nouvelle? La lecture, l’écritiirc, l’arithmétique peuvent convenir à tous. Si quelques-uns d’entre eux ont les semences de quelque talent particulier , on peut les ruhiviT et en tirer un parti avanla{*eux. Iæ <lessin est une branche lucrative d’industrie, et sert à plusieurs arts. La musique poiuraît avoir une utilité spé • cialc, en attirant un pliisipand concours à la chapelle. Si le chef d’une telle maison joignait à une idée juste <lc son intérêt une certaine mesure d’ardeur et d’inlellij^ence , il trouverait bien son compte à développer leurs différentes rapacités, et ne pourrait pas faire son bien particulier, sans faire encoi*e plus le leur. H n’y a point de maitre qui ait un si (rraiid intérêt aux prO(p*ès de scs disciples, puUquils sont ses apprentis et scs ouvriers.

dimanche nous offre un espace vacant à remplir. La suspension des travaux mécaniques amène naturellement l’cnscifpiement moral et rclij^ieux, selon la destination de ce jotir ; mais comme on ne peut pas empb>jcr le jour entier à ces instructions qui «leviendraient , par leur lon(;ucur, inutiles et monotones, il faut les varier par des leçoiys differentes, auxquelles on peut donner encore un objet moral et rcli{*iei!x par le choix des ouvrages sur lesquels on les exerce à lire, à copier, à dessiner ; et le calcul même peut donner une d*>ublc instruction , en offrant à résoudre des questions

aoo PANOPTIQUE,

a ni développent Ie9 produite du commerce, e ra{p*icuUurc, de l'industrie et du travail.

On renvoie à l’ouvraj^t* anc,l.iis pour la manière de placer les primniiiers sur m> aiii}>liiliiéàtre dé<'oiiverl pendant ces exercices, sans abandunuer le principe do rinspectiun et de la séparation, et sans coinpromeUrc la sûreté des luaitrcs.

Des Châtiments.

U peut y avoir des offenses commises dans la prièon même, il doit donc y avoir des ebâlimenU. On peut un aiijpncnter le nombre, sans en aii{*mcntcr la »évérilé; on peut Ion diversitier avec avanta^je, selon la nature du délit.

Un mode d’analo(*ie, c'est de dirij'er la peine contre la faculté dont on a abusé. Un autre mode, c’est de tout aiTan{;er de fa^'on que la ]>eine sorte, pour ainsi dire, de la faute elleméme. Ainsi des clameurs outrafreuses peuvent être domptées et punies par le bâillon, des coups, des violences, par la veste étroite que l’on métaux fous; le refus du travail, par le refus de la nourriture jusqu'à ce que la tâche soit faite. On sent ici ravau(a[je de ne pas condamner habituellement les prisonniers à une solitude absolue : c'est un inslntmcnl utile de discipline que l'on aurait perdu, et qui est un moyeu de contrainte d’autant plus précieux, qu'on ne peut pas en abuser, et qu'il ii'est pas contraire à la santé comme les châtiments cor» porcls. Mais on ne doit donner au (ijonverAeur que le pouvoir de condamner les prisonniers à la solitude : les autres châtiments ne doivent être administrés qu’en présence et sous l'autorité de quelques nia^pstrals.

Cest ainsi que la lui de la responsabilité mutuelle peut SC montrer dans tout son avanta^^c. llenferniée dans les bornes de chac^uc cellide, elle ne peut jamais dépasser les limites de la plus étroite justice : 1)tUiouce~ le tnal^ ou souffrez comme complice, (^iicl artihee peut éluder une loi si inexorable? Quelle conspiration peut tenir contre elle? reproi'be rpii , dans tontes les prisons , s’attache avec tant de virulencoau caractère de difnonciateur y ne trouverait point ici «le base où il pût se prendre. Nul n'a droit de se plaindre de ce qu'mi autre fait ponr sa propre conservation. Uous me reprotmez ma m^chauevU^ y répondrait raccnsaleur, mais (pte dois-je penser de la vôtre y vous <pii savez bien que JC serai pimi pour votrefa 'ty et qui voulez me faire souffrir pour votre plaisir? Ainsi dans ce plan , autant de camarades, autant d’inspecteurs; les personnes inemes qti'il faut p,ardcr se (tardent mntuclleincnt, et contribuent à la sécurité (»cncrale. Obser\e/ encore ici un autre avanta{;e des divisions par petites cmnpa(;nies; car, dans toutes tes prisons, la société des prisonniers est une source contimicllc de fautes : dans les cellules des panoptiques, la société

est une caution de plus de leur bonne conduite» Couverte de la rouille de raiiti<|uité , la loi de la responsabilité mutuelle u captivé, depuis des siècles, radniiratioii des Anp,lais. Les familles étant réparties par dixaiiics, chacune nqmndail pour toutes les antres, t^uel est pourtant le résultat de celte loi célèbre? Neuf innocents punis pour un ooupable. Pour imprimer à cette responsabilité Ttlqiiité f|ui la caractérise dans le panoptique, qiic faudrait-il? Donner de la transparence aux murs et aux foréu, et condenser toute une ville dans un espace de deux toises.

Provision pour les prisonnier» libérés.

On a tout lieu de peuicr qu’après un court de ipiel(|ues années, peut-être même de quelques mois seulcincnl, d’une éducation si stricte, les prisonniers accoutumés au travail , instruits dans la morale et la redi^pun , ayant perdu leurs habitudes vicieuses par l’inipuissauce de s'y livrer, seront devenus deshomnies iiotiveaux. 11 y aurait cependant une {grande imprudence à les jeter dans le monde sans gardiens et sans secours, à l'époque de leur émancipation, où l'on peut les comparer à des enfants long-temps

f'ênés, qui viennent d’échapper à la surveilance de leurs maîtres.

On ne doitinetti'c un prisonnier en liberté, que lorsqu'il peut remplir Tune ou l’autre de ces conditions : d'abord, si les préjugés ne s’y opposent pas, il peut entrer dans le service de terre, ou dans le service de mer; il est tellement accoutumé à l’obéissance, qu’d deviendrait sans peine un très -bon soldat. Si l'on craint que ne telles recrues ne fussent une tache pour le service, on ne fait guère attention à l’cspècc d'hommes dont les recruteurs remplissent les armées.

Dans le cas où une nation forme des colonies, les prisonniers seraient préparés , par leur genre d’éducation, à devenir des sujets plus utiles pour CCS sociétés naissantes, que les mab failcurs qu'on y envoie. Mais on ne forcerait pas le prisonnier <pii aurait achevé son temps de captivité à s’expatrier; on lui en donnerait seulement le choix et les moyens.

Un autre n>ode ponr eux de rentrer dans leur liberté, ce serait de trouver un homme responsable, qui voulut devenir leur caution pour une certaine somme, en renouvelant celte caution toutes les années, cl en s’engageant, s’il ne la renouvciaitpas,àrcprésenler la personne elle-mcine.

(^•nx ties prisonniers qui auraient des parents, des amis; ceux qui sc seraient fait une réputation de sagesse, u’iiubistrie et d honnêteté dans leurs années d’épreuve, n’auraient point <lc peine à trouver une caution : car, rjuoiqu’on ne prenne pas pour le «ervico domestique des personnes d un caractère cnla-

ou MAISON Ü INSPECTION CENTIIALE.

ché , cependant il est mille traraux pour lesquels on n'a pas les memes scrupules, et l’on pourrait encourager les cautionnements de plu* sieurs manières.

La plus simple de toutes serait de donner à la personne qui se rendrait caution le pouvoir de faire un contrat à long terme avec le prisonnier libre, scinldable à celui d‘un inaitre avec un apprenti, en sorte qu'il aurait le pouvoir de le reprendre s’il venait «à s’échapper , et d’obtenir des dédommagements contre ceux qui auraient voulu le séduire et l’engager à leur service.

Cette condition, qui parait dure au premier coup d’a-Ü pour le prisonnier libéré, est dans le fait un avantage pour lui, car elle lui assure le choix entre un plus grand nombre de compétiteurs qui rerhei cheront le privilège d’avoir des omTiers dont ils peuvent être sûrs.

On n'entre point dans l'exameu des précautions nécessaires pour s’assurer de la validité des cautionnements. La meilleure serait de rendre le gouverneur do la prison responsable pour la moitié «le la caution, dans le cas où elle aurait maii«]ué, parce qu’alors U serait intéressé à bien cunnaitre ceux avec les«piels il passerait ces transactions juridiques.

Mais examinons à présent le cas qui doit souvent arriver , où un prisonnier n’aurait ni amis ni parents, ne trouverait point de caution, ne serait re^u ni à s’enrôler ni à passer dans une colonie. Faut-il l'abandonner au hasard et le relancer dans la société? Non, sans doute; ce serait l'exposer au malheur ou au crime. Fautil le retenir dans les memes liens d’une discipline sévère? Non; ce serait prolonge son châtiment au-delà du terme hxë par la loi.

On doit avoir un établissement subsuliaire, fonde sur le même principe : un panopti«pie dans lequel on laissera régner plus de lilierté, où il n’y aura plus de marque humiliante, où on admettra le mariage, où les habitants traiteront pour leurs travaux à-peu-près sur le meme pied «pic les ouvriei^ ordinaires ; où l'on peut, en un mot, répandre autant de bien-être et de liberté que cela peut être compatible avec les

firincipes de la sûreté, de la bienséance et de a sobriété. Ce sera un couvent soumis à des règles fixes, avec cette différence qn'il n’y aura |)oinl de vœu ; les personnes recluses pourront s«irtir dès «|u’elles trouveront une caution, ou rempliront les conditions de rélargissement.

Ou fera une objection : « Le panoptique sub- • sidiairc est un réceptacle pour des manufac- H turiers «pii travaillent en certain nombre sous ■ un toit commun ; et l'expérience a prouvé que • de tels réceptacles étaient une pépinière de « vices. Les seules manufactures qui ne ruinent ■ pas les moeurs sont celles où les «iiivriers sont » épars, celles qui, comme ragricultiirc, cou- » vrent toute la surface d'un pays, ou celles «pii • se renferment dans l'intérieur des familles où

iGl

« chaque homme peut travailler au milieu des

• siens, dans le sein de l'innocence et de la

• retraite. »

Cette observation est fondée, mais elle ne va point contre ce plan ; il y a une grande «lifTéreiice entre une maiiufat'ture ordinaire et relie «pi'uu établirait dans un panoptj«|ue. Dans quelle maison publique ou privée peut-on trouver une pareille .sé«'urité pour la chasteté du célibat, pour la fi«léliul du mariage, et pour la suppression de rivroguerie, habitude meurtrière cpii cause tant «le misère et de désordres ?

Ces précautions pour les prisonniers, à l’époque de leur élargissement, sont ce «pi’elles doivent être pour leur ôter la tentation et la facilité de retonibcr dans le crime. On a beaucoup admiré l'idée de donner à ceux qui sont élargis une provision t*ii argent, afin «lu'un besoin immédiat ne les jet.it pas dans le désespoir; mais une telle ressource n’est «|ue momentanée. File peut mèiiiG devenir un piège pour des hommes qui ont si peu de mesure et de prt'voynnce; et après um^ jouissance passagère, d’autant plus irrésistible que les privations ont été plus longues, l'argent est perdu, la pauvreté reste, et les séiluctiuiis les environnent.

Cet exposé, f|ui ne renferme que les principales idées de Liuteur, siifKt pour apprécier ce «pii est annoncé au commencement de ce mémoire.

Au moyen de deux principes, Vinspcction centrale et Vatlministratîon par ro/i/rn<, on ol>lient p«»ur résultat une réforme vraiment essentielle dans les prisons ; on s'assure de la bonne conduite actuelle et de la réformation future des prisonniers. On augmente la sécurité publique, en faisant une économie pour l'état. Onrrée un nouvel instrument degouvemement par lequel un homme seul se trouve revêtu d'un pouvoir très-grand pour faire le bien, et nul pour faire le mal.

Ix; principe panoptique peut s'adapter arec succès à tous les établissements où l’on doit réunir rinspection et l'économie; il n’est pas nécessairement lié avec des idées de rigueur: on peut supprimer les grilles de fer; on peut permettre des commiinic.iti«)ns ; on peut rendn; l'inspection commode et non gênante. Cnc maison d’industrie, une manufacture bâtie sur ce plan, donne à un seul homme la facilité do diriger les travaux d’un grand nomlire; et les di vers appartements pouvant être ouverts on fermés, permettent différentes applications du principe. Un hôpital panoptique ne pourrait admettre aucun abus «Je négligence ni dans la propreté, ni dans le renouvellement de l’air, ni dans l’administration des remèdes. Une plus grande division «ranpartements servirait à mieux séparer les maladies. Les tubes de ferblanc «tonneraient aux malades une communication continuelle avec leurs gardiens. Un

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vitrageen dedant, au lien de (plies, laisseraità où un homme seul est char(v^ du soin de pluleur choix le de(p*c de température. Un rideau sieurs. Au moyen d’un panopticpie, la prupourrait les soustraire à tous les re(>ar(U. Enfin, dence intéressée d'un seul individu est un mcil* ce principe peut s’appliquer heureusement à leur 0S(;c de succès que ne le serait, dans tout des écoles, à des casernes, à tous les emplois autre système, la probité d’un grand nombre.

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