NATIONS
Tel système de lois étant établi en Anp;Ieterre, nous cherchons les principes d’après lesquels nous devons modifier ces lois, pour les adapter au Ileuf^ale.
Nous avons déjà vu que l’objet de toute bonne loi pent se réduire à une àeule expression, raÉVE!<iii vu MAL. mal, en dernière analyse , de quelque nature qu’il soit , c’est tout ce qui est peine ou perte ae plaisir. Mai» le catalojpie des peines et des plaisirs est-il diflferent chez différentes nations? N’esl-il pas certain que la nature humaine est la memepartout, et ne seinble-t-ii pas que des êtres de la même espèce, ayant en commun les biens et les maux, peuvent être {gouvernés par les mêmes lois? Ce qui c.sl bon pour les uns, ne serat-il pas bon pour tous, puisqu’ils sont tous les mêmes?
Certainement Thiimanité est une : la sensibilité fait de tous les peuples de la terre une seule famille ; nous sommes tous é^;alemenl {»ouvemés par la peine et le plaisir, et nous avons les mêmes Riciiltés, les mêmes or(;ancs pour la soufirance et la joui.ssance. Mais si le sentiment est le même partout, les causes qui affectent le sentiment peuvent varier et varient réellement. !.« même événement, qui produit de la peine nu du plaisir dans un pays, peut n’avoir pas un effet du même (;enreou <lu même de{»ré dans un autre. T.a sensibilité est soumise à l’inHuence de deux circonstances (^u'il faut toujours observer; la première est 1 état et la condition de la personne, la seconde est l'état et la condition de la chose qui a(jit sur la personne. Je ne
< Voyci dam ce vol. chap. IX, p. 17.
répète pas ici ce qui a été l’objet d’un chapitre particulier. On peut voir tout le catalomie des circonstances qui influent sur la sensibilité C’est là qu'on trouvera tous les principe.^ qui doivent diriger le législateur dans la manière de modifier les lois, pour les adapter aux lieux et aux temps.
11 faut pour l’exactitude de l’opération qu'il ait constamment deux classes de tableaux sous les yeux. La première classe renfermera des détails relatifs aux loi.s qui lui servent de modèle, par exemple le catalogue des délits, des justification.s, des aggravations, des atténuations, des exemptions, des peines, le catalogue des titres du code civil et du code constitutionnel. La seconde classe renfermera une table générale des circonstances qui influent sur la sensibilité, une autre table qui indique les dispositioDs morales, religieuses, antipathiques ou sympathiques du peuple auquel il veut adapter les lois en question ; une autre table des productions du pays, naturelles on artificielles, des poids, des mesures, des monnaies, de la population, du commerce, et ainsi de suite. Je dis qu’il faut avoir ces tables matériellement sous les yeux, et ne point se fier à la mémoire et à l'esprit, si l'on veut être sûr de ne rien omettre d’essentiel.
Après avoir crayonné ce plan, je procède à marquer les ino<lihcaliuin necessaires, en suivant l’ordre des sujets du code que nous avons supposé pour modèle. Je uc veux que montrer l’esprit de cette méthode dans un petit nombre d’applications , et l'on verra qu’il ne s'agit ,