Dans toutes les choses indifférentes , la
I L« docteur Rualrr «imait A riler le mil d'un chlrur> qui, fiilMnl une opcraliou Mir une main fnii'Inrrc, aprA« avoir coupé quatre doi(*U, trant'lia de suite le rinquiêmc qui n élail point blessé. Iluntcr lui en dctniinda b
sanction politigue doit demeurer neutre t laisses agir f autorité de la stmcftori morale.
La seule difficulté est de constater ce qui est indifférent et ce qui ne l’est pas. Voila le grand usage d’un catalogue t'omplet des peines cl des plaisirs : il fournit les seuls éléments rpii puissent donner U solution de cette difficulté. Ne résulte-t-il d'un acte ni mal du ]>remier ordre ni mal du second ordre ? il appartient à la classe des choses indilTérentcs’.
Quand on voulut intcrcsserle grand Frédéric à cette querelle théologique qui agitait la ville de Neuch.ilei sur rétemité des peines, il répondit que si IcsNeucbàteloisprenaienCplaisir à être damnés éternellement, il ne voulait pas leur ôter cette satisfaction.
4. L'innovation ta plus facile est celle gui peut s'effectuer seulement en refusant la sanction de la loi h une coutume gui gène la liberté des sujets.
Dans les pays où la reii{pon catholique est dominante, il suffirait, pour détruire ce que lc)4 couvents ont d'injurieux à la liberté , de retircrla sanction de la loi aux vneiix monastiques.
Il arrive souvent, dans l'Indostan, qu une femme , à la mort de son mari , prend la résolution de SC bnilcr vive pour faire éclater son courage et sa tendresse. Il y aurait peut-être de la tyrannie à s’y opposer. Mais on ne doit accorder la permission qu’aprè.s un certain délai et un examen qui ne laisse aucun doute sur la liberté de son consentement.
raison : *« C’est, dil-il, que ce petit Hoifft reaté »cul paraia- 9 Mit ridicule. >• Ce irait pourrait devenir un apoloçuc pour bien des opérateurs en législation.
* dans ce vol.chap. X, Analytedu Mal.
MAXIMES RELATIVF^
5. L'mvan^^ net de ta loi sera comme son avanta^ abstraitf dAluction faite des m^conteittements tfuelie entraîne f et des incomnotients que ces mécontentements pruimit produire,
Lca innovateurs, entêtes ue leurs niées, ne font attention qu’aux avantn{^cs abstraits. Ils comptent tes mécontentements pour rien. I.eiir impatience de jouir est te plus {;rand obstacle à la réussite. Ce fut là le pins ^and tort de Joseph 11. La plupart des clianp,ernenls qu’il voulut tenter étaient bons abstraitement. Mais comme il ne considérait point les dispositions des peuples, il Nt avorter, par cette imprudence, les meilleurs desseins.
Combien les hommes sont dupes des mots! Le bonheur public est-il donc autre chose que le contentement public?
6. La valeur des fnécontentements sera en raison composée de ces quatre choses :
£e nombre des mécontents.
2* Leur degré de ptiissance.
3** L'intensité du déplaisir dans c/uicun (feux,
4* La durée de ce déplaisir.
Voilà les bases du calcul pour opérer avec succès. Plus le nombre des me'contents est petit comparativement, plus le succès est probable. Mais ce n'est pas une raison pour mettre moins d’humanité aans la manière de les traiter, enUil qu’on seul malheureux par l'effet de l’innovation, il est di^e de l’attention du lé^slateur. Il faut au moins retrancher de l'opération l’insulte et le mépris, donner des espérances, accueillir tous ceux qui reviennent publier des amnisties. Les chan^ments vraiment utiles ont en leur faveur une puissance de raison et de conviction qni opère à chaque instant.
Ghaqueespèce de mécontentements peut avoir une espèce particulière de remèdes. Une perte pécuniaire nécessite une compensation pécuniaire. Une perte de pouvoir peut être compensée, soit par une indemnité en ai^nt, soit par une indemnité en honneur. Une perte d’espérances peut être adoucie par des airanj^cments qni ouvrent à l'espérance de nouvelles carrières '.
y. Pour oètn'erau méconfenfcmerit, la lét^islatîon indirecte est préférable à la législation directe,
I«ei moyens doux valent mieux que les moyens violents. L’exemple, l'instruction, l’exhortation, doivent précéder ou accompa{pier la loi, et même en tenir lieu, s’il est possible.
Aurait-on dù établir l'inoculation par une loi directe? Non , sans doute : en supposant que cette mesure eût été possible, elle eût été bien funeste : on aurait porté l’effroi dans une multitude de familles. Cette pratique est devenue imiverselle en Angleterre, par la seule force des
grands exemples et par la discussion publique de ses avantages.
Catherine 11 était bien h.ihilc dans l'art de n*gir les esprits : elle ne fit point de loi pour obliger la noblesse russe, qui répugnait au service, à y entrer ; mais, en déterminant tons les rangs, en fixant toutes les préséances, même dans le civil, d’après les {p*adcs militaires, elle arma la vanité contre l'indolenee : les nobles d<’S provinces les plus recnb'es, pour n’être pas effacés par leurs snlialtcmes, se sont empressés d'obtenir les huimcurs de l'armée.
8. Si vous avez plusieurs lois h introduire , eommeneez jHirccUe quif étant établie j facilitera f admission des suivantes.
9. La lenteur de f opération est , proportinnneÜemcnt, imc objection contre une mesure. Mais si cette lenteur est un moyen (fohvitnr au mécontentement^ elle peut être préférable h une marche plus cxfwditive.
Quand les préjugés du peuple sont violents et opiniâtres, il est à rraiiidre que le Uigislatcur ne SC porte aux extrêmes : l'un de ces extrêmes est de s’enflammer contre ces préjugés, et de vouloir les extirper, sans peser, dans la balant'e de Futilité, les bons et les mauvais effets de cette mesure ; l'autre extrême est de souffrir que ces préjugés ne servent de prétexte à l’inuoloncc cl à la pusUlanimité, pour laUser le mal sans remède.
Les préjugés nuisibles et les dogmes pernicieux renferment presque toujours quelque roprectiff quelque moyen dViAtision pour un bon
frouvernement et une bonne murale. C'est an égislatcur à se saisir de ce correctiyet à en faire usage. Il élude, U arrête les plus mauvais effets du préjuge, au nom et sous rautorité de ce préjugé même.
C’est ainsi, comme l'a observé Rousseau que François 1er fit tomber l'usage des seconds dans les duels. ■ Quant à ceux, dit-il, qui au- ■ ront la lâcheté d'employer des seconds, etc. ■ Il opposa l’hoimeur à l’honneur; et comme on se battait pour faire preuve de coiira{;e, on n’osa plus appeler des auxiliaires qui jetaient un soupçon sur le courage même.
Mais s’il ne peut paneiiir à dénouer ce nu‘ud ordien, il doit le couper avec hardiesse. I.Æ onheur du très-^p'and nombre iicduit pa« être sacrifié à l’opiniâtreté du petit, ni celui des siècles au repos d'un jour.
I.CS préjugés qui paraissent insurmontables au premier coup d’eril, peuvent être vaincus avec un peu d’adresse et de ménagement.
Parmi les genlous, un homme d’un certain rang se croirait déshonoré s’il était forcé de comparaître dans mit* cour de justice. Qu’importe ce préjugé? des hommes de ce rang sont
* Voyei les principes qni ont été suivU d»n^ Tuninn de > Lettre à d'Aletnbcrt sar les speeUcles. TEcosm et de rAneleterre, et rtccsotncnt dans l'union de ririando.