‹ Œuvres de J. Bentham, jurisconsulte anglaisChapitre 249 sur 524 · DEFAUTS DES VOIS SE MANIFESTENT DAVANTAGE · texte numérisé non relu

DEFAUTS DES VOIS SE MANIFESTENT DAVANTAGE

mais elle nVtait pae n^essaire. Le bien qui pouvait rëüulter pour les mœurs du clianncmcnC il’liabic, était-il assez m and pour être achète au prix de la sévérité «le la loi ? S'il ne l'était pas, la peine était trop dispendieuse. Te) est fc procédé Icntetniimi lieux, mais sur et satisfaisant, d'après lequel on doit estimer la tendance d'une loi sur le principe de Tutiliié.

Lorsqu on traite des sujets de celte importance , on ne saurait trop «iviter le ton pércniptoireet décisif. Les conclusions doivent d'abord être hypothétiques. Chaque côté de la question «loil être présenté avec le dc(pré d’incertitude qui lui appartient. DéhonS-nous de ceux qui , par la véhémence de leurs assertions , par la conhaiicc de leurs prédictions, compensent la faiblesse de leurs armimcnts. La première chose que doit savoir un homme d'état, c'est que la législation est une science de calculs moraux , et que l'imagination ne supplée ni au travail ni à la patience.

Leparlcmentbritanniquefit,en 174^ 1^1

pour obliger les montagnards d’Ë^osse à quitter leur bubillemeiit national, ('ette loi avait un objet politique. Ce peuple était fort attaché à ce signe distinctif, et regardait avec mépris les habitants du plat pays, qui depuis longtemps avaient adopté 1 habit européen, l^e pr^ tendant, en se montrant revêtu de ce costume antique , avait charmé ces braves montagnards , qui vinrent en foule sous ses drapeaux. Après «lue la rél)elliun fut tcnniiiée un voulut faire disparaître ce vêlement national qui retraçait d'anciennes idées et servait de signalement à

un parti ; mais celte ordonnance, qui mettait incessamment l’ima^'e de la contrainte sous les yeux, ne servait qu'à rappeler ce qu'on voulait faire oublier. Après un demi-.<ièclc «l'expérience on a senti l'inutilité et le danger de celte loi tyrannique ; elle a été révoquée , et l’Angleterre n’a pas de soldats plus titièles, plus intrépides ue ces tnonta{piards, dont on aurait peut-être étniit l’énergie si on avait eu le malheur de triompher de leurs anciennes coutumes par des moyens de &rce.

Il résulte en général de ces maximes que le législateur qui veut opérer de graïuls changements doit <^onse^ve^ le calme, le sang-froid, la teinjHTancedansle bien. Il doit craindre d'alliamer les passions , de provoquer une résistance qui |>eut l’irriter lui -même; il ne doit point se faire, s’il est possible, d’ennemis désespérés , mais environner son ouvrage d'un triple rempart de confiance, «le; jouissances et d'esptTanccs , épargner, concilier, ménager Cous les intérêts, dédommager ceux qui perdent, et s'allier, pour ainsi cl ire, avec le temps, ce véritable auxiliaire de tous les changements utiles, ce chimiste qui amalgame les contraires, dissout le.s obstacles, et fait adhérer les parties désunies. Quand on a la force réelle poui* soi , il ne s'agit pas de la déployer pour la faire sentir. A demi voilée , elle a plus «le succès. Tout le monde sent son intérêt à se réunir le plus têt possible au parti de la véritable puissance , et l'on ne persévère pas dans une résistance inutile, à moins que l'omour-propre n'ait clé blessé.

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