‹ Œuvres de J. Bentham, jurisconsulte anglaisChapitre 26 sur 524 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

DES LIMITES QUI SÉPARENT h:\

La morale , en général , est l’art de diriger les actions des hommes, de manière à produire la plus grande somme possible de bonheur.

La législation doit avoir précisément le même objet.

Mais qnoi(|ue ces deux arts, ou ces deux sciences, aient le même but, elles diffèrent beaucoup quant à l'étendue. Toutes les actions, soit publiques, soit privées, sont du ressort de la morale. C’est un guide qui peut mener l'individu , comme par la main , dans tons les détails de sa vie, dans toutes ses relations avec ses semblables. La législation ne le peut pas , et si elle le pouvait, elle ne devrait pas exercer une intervention continnelle et directe sur la conduite des hommes. La morale prescrit à chaque individu de faire tout ce qui est à l’avantage de la communauté, y compris son avantage personnel; mais il y a bien des actes utiles à la communauté que la législation ne doit pas commander. 11 y a de même bien des actes nuisibles qu’elle ne doit pas dé* fendre, quoique la morale le fasse. La fégistation , en un mot, a bien le même centre que la morale , mais elle n’a pas la même circonférence.

Il y a deux raisons de cette différence : I» la législation ne peut influer directement sur la conduite des hommes qiie par des peines; or ces |>eines sont autant de maux, qui ne sont justifiables qu’autant qu’il en résulte une plus grande somme de bien. Mais dans plusieurs cas où l'on voudrait renforcer un précepte moral par une peine, le mal de la faute serait moins grand cpic le mal de la peine : les moyens nécessaires pour faire exécuter la loi seraient de nature à répandre dans la société un degré d’.ilarmeplusnmsiblequcle mal qu’on voudrait prévenir.

La législation est souvent arrêtée par le danger d’envelopper l'innocent en cherchant

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