A ÉVITER
5" Surprises ou précipitations. Les surprises consistent à brusquer une décision, soit en profitant de l’absence d’un grand nombre, soit en ne laissant nas à rassemblée le temps cl les moyens de s'éclairer. Le mal de la précipitation, c’est le «langer qu’elle ne couvre une surprise, ou qu'elle ne donne un caractère suspect à une décision d’ailleurs salutaire.
6“ Fluctuation dans les mesures. Cet inconvénient pourrait se rapporter au chef des longueurs et du temps perdu, «mais le mal qui en résulte est beaucoup plus (p-ave. I.es fluctuations tendent à diminuer la confiance dans la sagesse de l'as.seniblcc , et dans la durée des mesures qu’elle adopte.
7* (Querelles, temps perdu est ici le moindre mal. Les animosités, les personnalités dans les assciJibU'es politiques produisent les dispositions les plus contraires â la recherche «le la vi'rité, et n’ont même que trop de tendance à former des partis violents «|ui peuvent dége^ iiérer en gnerr«î3 civiles. L’hi.sloirc de Home et celle «le la Pobqpie en fournissent de nombreux exemples. Or la guerre n'est qu'un assemblage des actes les plus destructifs, et le mal d’une guerre civile est au moins celui d’une guerre étrangère «lonblé.
Mais avant d’arriver à un terme si fatal, les animositt'.s dans les assemblées politiques substituent des objets tout-à-faii étrangers à ceux dont elles «levraient s’occuper. Mille incidents, qui renaissent tous les jours, font négliger l’essentiel. Tous ceux qui y prennent part sont dans un état d'agitation et cie souffrance : une excessive défiance les trompe plus que ne ferait une extrême crédulité. Ixi résultat ic plus sûr est une perte en honneur, une disgrâce pour l’une des parties inléresséc.s dans la «{uercllc, et souvent pour toutes les deux.
8® Faussetés. Je place sous ce titre général tous les actes contraires à la plus parfaite vérité dans les procédés d'une as.settibl«*e politique. La bonne foi doit en être l’ame. Cette maxime ne sera pas contestée par ceux mêmes qui l’observent le moins ; mai.s plus on s éclairera sur les intérêts publics, plus on en sentira la justesse et l'importauce.
9“ Décisions vicieuses par la forme. Une rédaction vicieuse est celle qui pèche non par le fond, mais par la forme; relie qui ii'cxprimo pas entièrement ou clairement ce «pic les législateurs paraissent avoir eu dans leur inCenliua. Elle pèche par excès y si elle contient quelque chose de superflu. Elle pèche pardéfauty si elle ne dit pas tout ce qui est nécessaire. Elle est obscure y si elle présente nn mélange confus d’idées. Elle est ambiguë y si elle offre deux ou plusieurs sens, de manière ijuc différents individus y trouvent des décisions opposées *.
10* Décisions vicieuses par lefoiuL Decision
lois, dans les Traités de législation.
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DU PÜbSIDENT.
« onlraiie à ve qu'elle devrait être puur repundre au Lien de ta soi'iéu^
Tuu:( leü incüitvciiietUs t'iiuintTefi cî-^chhiis viennent aLnutir à cclui<>ci par dcsi Iqpie» plus ou inuins directes.
Quand une assemblée rend une dérision in> due ou nuisible, on doit supposer que cette décision représente faussement son vécu. Si rassemblée en effet est composée comme elle doit l'étrc, son totu est de tonfurmer ses décisions à rutilité publique^ et quand elle s’en écarte, c'est par l'une ou l'autre des causes suivantes.
i" L’absence. Le vœu {*énéral de rassemblée, c’est le vœu de la majorité du nombre ^tulal de ses membres. Mais plus il se trouve de rcs ntcmln'cs ^iii n'ont pas élt' présents à sa formation , plus il est douteux que le vœu énoncé comme (général , le soit en effet.
a** défaut de liberté. S'il y a eu quelque contrainte exercée sur les suffra^jes, ils ont pu n'etre pas conformes au vœu interne de ceux qui les donnent.
3*" La séduction. Si l'on a employé des moyens attrayants pour opérer sur la voluiiié des iiieiubres, il se peut <|ue le vœu qu’ils énoncent ne soit pas conforme au vœu de leur conscience.
4** L'erreur. S’ils n’ont pas eu les moyens de s'éclairer, si on leur a présenté un faux exposé des choses, leur entendement est trompé; et le vœu qu'ils ont porté n'est pas celui qu'ils auraient rendu s'ils avalent été mieux inform€*s.
V^oilà donc les inconvénients auxquels une assemblée politique peut être exposée depuis le commeuccment ae scs opérations jusqu'à leurs
derniers résultats; et le système de sa police approchera d’autant plus de la perfection , qu'il sera plus propre à les prévenir ou à les réduire à leur moindre terme.
Cha<|tic article du n-{*lemcnt aura pour objet d'obvier à l'un ou à l'autre de ces iiiconvénients ou à plusieurs. Mais, outre i’avautane particulier qui doit résulter de chaque rè^e prise séparément, liii bon système de tactique présentera un avanta(*e {général qui dépend de son ensemble. Plus il approchera de la perfection,
F lus il facilitera pour tous les coopéraleurs exercice de leur iniclli{vence, et la jouissanco de leur liberté. C’est par-là qu’ils seront tout ce u’ils peuvent être, qu’au lieu de s’affaiblir et e s’embarrasser par le nombre , Us se prêteront des secours miitueLs, qu’ils pourront agir sans confusion , et s'avanceront, par une marche régulière, vers un but difterminé.
Toute cause de désordre tourne au profit d'une influence indue, et amène de loin la tyrannie ou l’anarchie, le despotisme ou le démagogisme. Les formes sont-elles vicieuses? l’assemblée est gênée dans son action, toujours trop lente ou trop rapUle, trainanle par let préliminaires, précipitée dans les résultats. 11 faut inêiue qu’une partie des membres se soumette à exister dans un état de nullité, et renonce à rindt‘pendanre de ses opinions. Dc»lors il n’y a phis, à proprement parler, de corps politique. Toutes les délibérations se préparent en secret par un petit nombre d’individus, qui peuvent ilevenir d’autant plus dangereux qu’en agissant sons le nom d'une a.sscmblée, ils n’ont point de responsabilité à craindre.