TABLEAU DES PROPOSITIONS
(]'un ju(*e. L'or.itear averti n'est point appelé à s'arrêter, ni à faire une soumission et 1 aveu pénible d'un tort : il n'a qu'à revenir au sujet en paraissant continuer son discours; et il ne peut i^rnorer que le si{;ne du president est un appel à l'assemblée, dont les rc(;ards ont etc cbri{;és sur lui.
Je dirai enfin que cet instrument me parait donner une (<ranue facilité de plus pour pro~ duirc de bons amendements. Si une simple lecture suffit pour saisir l'esprit du projet de loi, elle ne suffit point pour apprécier la justesse des expressions. Qu’on ait à faire des ob> senations cfe style, on ne s’en fie pas à sa méiDoire ; on veut avoir Técrit sous les yeux, le considérer à plusieurs reprises , appliquer le microscope de l'aUeiition à toutes les parties : et il n'y a pas d’autre moyeu de découvrir les imperfections de détail. Ce(;enre decriticpieest un talent particulier où l'on voit exceller des hommes qui n'ont, en aucun de^pé, les dons oratoires. Le (;raminairien consomme est plus utile qu'on ne pense au l(‘(^islaleur.
Ce tableau aurait un mérite de plus s’il ne faisait que procurer à rassemblée les services d'un seul h<»mme habile, mais déeoura{;c par un défaut de mémoire, et retenu par ce désavaula(*c dans un état d’inaction. On sait que les deux plus importantes facultés de l’esprit, le ju{*cmentet l'invention, sont souvent très*fortes chez des individus qui ont la mi*moirc trèsfaible, et surtout celle des roots. En fait de talent, comme en fait de vertu, moins le service en cxiye, moins on est en danger d’en manquer.
On dira peut-être que l’impression des propositions, antérieurement au débat, remplit àpeu-près le même but, et peut tenir lieu de ce tableau. Mais, dans le cours d'une discussion, combien ne se fait-il pas de propositions incidentes ou imprévues! combien d amendements qu'on n’aurait pas le loisir d’imprimer! D’ailleurs, il s’en faut beaucoup (pi'uu papier à lire, a consulter, ne donne, soit aux auditeurs, soit à l'orateur, la même facilité qu'un tableau qui reste immobile devant leurs yeux. On ne se baisse point pour lire, sans cesser d’écouter on de parler, mais on parcourt une ligne dans un tableau sans s'interrompre. Et puis, cette grande utilité du tableau , cette force qu’il
donne au règlement contre les digressions inutiles, par un simple geste admonitif, est un avantage qui ne se trouve point dans la proposition imprimée
Description du tableau.
Le plan que je vais indiquer peut servir à une première épreuve : plus l'exécution est facile, moins les détails sont importants.
Cadres. Ils peuvent être dans la forme d'une porte à deux battants. Le canevas doit être tendu de manière à présenter une surface égale qui n'enfonce point vers le milieu.
Gramleiir des lettres. Elle «loit «lépendrc de l’étendue de la salle, l'n fond noir, des caractères dorés, une grande lumière sur le tableau, la forme des lettres plutôt oblongue que carrée.
Manière de les fixer. Les lettres en forme de boutons doivent avoir un crochet, au moyeu duquel l’opération de les attacher se fait avec la plus (p*ande promjtliliide. L’uniformité des lignes peut être assurée par un til dans le tissu même du drap.
Composition du tableau. deux battants tournent sur des gonds, comme une porte. Les compositeurs, pendant qu'ils sont a l'ouvrage, seront vus de l’assemblée (ce qui assure l'émulatioii et la diligence). Les deux feuilles rapprochées présenteront l’aspect de deux pages d'un livre ouvert.
./^Imeudements. Ils pourront être exposés sur un tableau séparé, placé immédiatement à cote de l’autre, avec un renvoi qui dirige l’teil vers la partie de la proposition originale qu'on veut amender, et un mot au haut du tableau qui it>diqiie si ramendcinenC est suppressi/j additif ou substitutif.
Multiplication des tableaux. Il en faut avoir un assortiment pour préparer toutes les proositions connues d’avance, et les faire succi> er rapidemenL
Contenu du tableau.
Supposez que chaque cadre ait neuf pieds de hauteur sur six de largeur, et les lettres un pouce et demi sur trois quarts de pouce , les deux feuilles de la table contiendraient au-delà de quatre peges d'impression commune in-8".
' Je propoMÎ CF planée M. Benihani à pidsiôurs membre* d'une entrée l«rdi%'e, pour être entièrement étran(;er au de l'iiiKcinblée enustituantc qui le trouvèrent trèsk-inf^énieux sujet du débat. On cliercbait à s'en instruire par des l'onet même très-utile, mais qui ne le crurent pus eic^ulubie versalinns qui occupaient un (groupe de personon,et proà cause de la rapidité de» opérations de rnssemblée. Pendant duisairnt de petits dél>uU particuliers. Nombre de propoplusietirs mois, j’ai suivi toute» ses séances avec U plus sitions ainsi présentées pa>suient romine des ombres et prande a*»iduilé, et je n'ai pu» oublié combien de finis j'ai n'riaient connues qu'à demi. Les hommes Indolents par- «fprouvé lu difficulté de coniiuilre quel était le sujet de lu dé- taient de la |M>ur ne pas voter ou pour voler de confiance, liliéralion. Je nradmsai» à plusieurs membres qui n'claient c'esl.4-dire que ne ponvant uas se faire une opiiikm à point en état de m'en informer. Lors liiéoie que U prnpo»i- eus , ils s'abandonnaient à celle de leur parti, lion était connue, elle ne Télail que dans son objet f^énérul. Ces observations sont en apparence minuliruset, mais la |>oiiil du tout dan» ses détails et dam ses termes précis. Kn somme de ces minuties produit un effet eonsidérablc. l'u con»é»{uence, on disputait mntinuellrmeni sur les mots. II torrent n'est composé que de gouliea d'eau , une monugne suffisait d'une absence momentanée , d'une distraction , que de grains de sabk.
lO DE LOLVERTtnE DU DEBAT.
Je l’ai trouvé ainsi par une cs^tèce de calcul appruxirnaiif.
 5a picils de distance, j'ai observé, dans une é(*tisc, (|iic la table du l)éi'alo{pie était parfaitement lisible pour des vues ordinaires, avec des caractères de trots (quarts de pouce de {grandeur.
Composition. On peut accéb-rer le travail des «'ompusiteurs, en se servant de ce ({u*on appelle Anj^letenre le principe loaoÿrophitfuej qui consiste à imprimer non par lettres, mais par mots entiers.
Parla inuUiplication des tableaux, une composition, trop loii{;ue pour être mise tout à-lafois sous les yeux de rassemblée, pourrait être présentée par parties. Un projet de loi, par
exemple, quelle que fut ton étendue, serait préparé d’avanee \ et les tableaux se succéderaient sans ralentir le travail.
Mais si ce moyen a des limites, c’est-à-dire s’il y a des cas on les circonstances ne permettent pas de s’en servir, à raison du temps et de l'cspacc, ces liinite.s ne fournissent aucun argument contre son utilité dans toutes les occasions où on peut remployer. (Jette utilito est si grande, les inconvénients de l’usage actuel sont si manifestes, qu’on peut s'étonner que ce moyeu n’ait pas été imaginé plus tùt : mais en ce genre, il ne faut s’étonner de rien. Sons les auspices de la routine, c'est la barbarie <jui duuiie des lois à la civilisation; c’est l'impéritie qui prévaut sur l’cxpcricnce.