‹ Œuvres de J. Bentham, jurisconsulte anglaisChapitre 377 sur 524 · AUTRF.S RÈGLES RELATIVES AU DÉBAT · texte numérisé non relu

AUTRF.S RÈGLES RELATIVES AU DÉBAT

IjCs re{^lcs qiienous allons exposer ne sont pas de la même importance (|iio Icsprc('édcntes;niais elles tendent totilesà prévenirdes inronvénients et à produire un meilleur débat. Les premières sont de nécessité : celles-ci sot)t «le prinlence.

I ® Adresser les discours au président , et non a rassemblée en général.

Cet usap^e, constamment suivi dans la chambre des cuniinunes, est très-convenable à une assemblée nombreuse, pour donner à ceux qui parlent un point Hxe de direction , et un centre commun à tous les discours.

II est naturel que chacun s'adresse à celui qui , par son uHicc, a le droit de jnper si l'on s’écarte de la rmestion, ou si l’on toml>e dans quelque irré^pilarité défendue par le rè{;lement.

Le discours adre.ssé au chef de l’assemblée sera plus prave et plus tempéré <|ue s’il l'était à rasscnddéc entière, l'n nomme passionné même, en s'adressant à un roapistral impartial, à tin chef respecté, sentira la nécessité de mesurer ses expressions, et de rcmrimcr des mouvements d'iiidi^iation et de colère.

8i les membres se parlaient entre eux directement , la «liscussiun dégénérerait plus facilement en pcrsuiiiialités.

Il n'esi point d'habitude pins utile dans une assemblée pnliti«pie, que celle de considérer le présidenlavec déférence etrespect; et rien n’est plus propre à former cette habitude que de l'envisager comme le centre de la délibération, comme l’assemblée personnifiée.

Eviter les noms propres en désignant les membres de (assemblée auxgucls on répond.

Cette règle, strictement observée dans la chambre des communes, oblij'e à recourir à différentes circonlocutions, pour désigner un individu. Uhotxorable niemère à ma droite ou à

• Il r I qaelquc chokc dn plus fort encore que tout ces niioonenirnU; c'esl ce qu! se pAsse sous les yeux du public dans U ('lianibre det député» à Puris. Ocs qu'un omteur déploie à la tribune le terrible rouleau, ou même loritqu II ne montre qu'une feuille de manu«4-n( pour troiii. per un auditoire qu’on ne trompe plu<,c'e»t le signal dn bruit cl de ralanne; quelquefois on parvient b le biire taire; mais plus souvent, il manifeste un courage bernique contre les murmures; Binn les conversations particulières s'ëublisscut; les uus quittent leur place, d'autres lisent,

ma gauche , le gentilhomme au ruban bleu , le noble lord , m«>« savant ami ( en parlant d’un homme de loi), etc. La plupart de ces expresj$ions sont polies sans fadeur. Les noms propres amènent souvent une kyrielle d’«’pithètcs complimenteuses, coinine on en voit divers exemples dans les discours de Cicéron, prononcés dans le sénat de Borne: mais le véritable inconvénient est que, dans les dt'hats , ta mention du nom est un appel ^lus fort à l'amour-propre que Coule autre désignation. Il est moins choquant de dire : a l'honorable membre qui a parlé l’avant-dernier, est topibc dans une erreur grossière, * que de le signaler nominativement. C’est comme une abstraction faite de l'individu, pour ne le considérer que dans son caractère politique. Cette règle est gênante, et quand les débattants sont échauffés, ils ont beaucoup de peine à s'y .soumettre. Cela même prouve combien elle est necessaire.

3* Ne jamais supposer de mauvais motifs.

C’est encore là une rè{;le absolue du débat britannique. Vous pouvez en toute liberté reprocberàun préopinant son ignorance, ses mcpri.ses, ses représentations erronées d’un fait; mais ne dites pas un mot qui inculpe scs motifs. Appuyez sur toutes les conséquences nuisibles de sou opinion ou de ta mesure qu’il soutient; montrez qu’elles sont funestes, qu’elles tendent à établir la tyrannie ou l’anarchie : mais ne supposez jamais qu’il ait prévu et voulu ces conséquences.

Strictement, la règle est fondée en justice t car s'il nous est difficile de connaître toujours nos vrais et secrets motifs, il y a bien de la témérité à prétendre démêler ceux des autres ; et, par notre propre expérience, nous devons savoir combien l'on se trompe aisément à cet égard.

personne n’ëcoutc, un bruit confus remplit Ib mIIc; le di*cours est complèteiucnt perdu pi'ur tout le monde, et ne *c retrouve que d»n» les jonroaui. Si deui Oii trois or«tcurs-lectrur* se succèdent k la tribune, on n’y lient pins et on ap|ielle de tootrs parts celle cbkMn» tU la «ifscMisi'on, celle (iàlure si contraire b Ib liberté cl è U justice oue I’bssemblce doit » tous sr^ membres. C'est dooe aux diveourf évriu qu'on peut attribuer en grande partie les fâcheuses habitudes d'inattention, de taninUc et d in»{*BlieDC*e qui troublent si souvent scs dcbsls.

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