‹ Œuvres de J. Bentham, jurisconsulte anglaisChapitre 425 sur 524 · II. CLASSIFICATION · texte numérisé non relu

II. CLASSIFICATION

Une classification des sophismes présente des difficultés considérables et peut-être invincibles. Ceux qui viennent sc placer sous un (]enrc peuvent, dans plusieurs cas, se rnnçer sous un aiiii'c, et l’on retombe dans le vice des divisions arbitraires.

I* La première mélho<le qtû sc présente est de les classer scion les partis politiques. Cette division aurait donné , à Home , les sophismes des patriciens et ceux des plébéiens; — à Florence, ceux lies iVoirs et ceux des Btunrs ; — en An^;Ieterre, ceux des et ceux des Totys;

<— ou mieux encore ceux du parti MinisiMel et ceux de V Opposition : mais quand on voudrait mettre celle division en ceuvre, on s'apercevrait bientôt qu'elle n'est pas assez distincte, et qu'elle est sujette de plus à rinconvéuieiit d’irriter ceux qii on vou<1rail in.struire.

a* On peut trouver un second principe de démarcation, en observant qu’ils s'appliquent à difItYentes facultés de l’ame ou à différentes passions. On pourrait, d’après ce principe, les ran(Ter sous les dénominations suivantes : Sophismes, I* ad verveundiam , a* ad lyuictem, 3° ad socortiinm , 4* ad metum, 5* ad superstitiannu , G** ad suptrbîam , y* ad odium , 8® ad amicitiam , 9® ad invidetuiam *. Mais on trouverait encore dans cette division beaucoup de va(pic; cependant elle présente quelque utilité, et, on conséquence, on a référé chaque S4q»hisnic à la disposition de l’ame à laquelle elle s'adresse.

3** On peut enfin les diviser en considérant

leur destination ou leur but spécial. Les uns sont destinés à écarter une question sans l’examiner ; — les autres à la diH’érer pour ga{;ner du temps;— les autres à l’obscurcir, st on ne peut se dispenser de la traiter. J’appellerai les premiers , sophismes d'autorité ou de préjugés ; les seconds, sophismes dilatoires; les troisièmes, sophismes Je confusion. Je me suis attaché à cette ilistrihutiou, non comme satisfaisante à tous éf^ards, mais comme rooiiis défectueuse que les autres : elle m’a présenté un fi) qui conduit assez naturelleraenl d’un sophisme à Tautre , et donne une facilité de plus pour les retenir *.

11 serait bien à désirer qu’on pût trouver un tinm propre, un-nom caractéristique, qui servit à sqpialcr chaque sophisme , et qui pût entrer dans la lan(;ue commune; on aurait rendu par-là un service émineut à l'art de raisonner. i>a lo{^ique aurait, pour ainsi dire, son Code pénal. Chaque mauvais raisonnement aurait un sqpie particulier de rcprol»ation. Mais je n'ai pas osé hasarder des dénominations nouvelles, et j’ai été réduit à désqpier plusieurs sophismes par des circoolocutions imparfaites

J’ai séparé une classe de sophismes que l’on peut appeler anarchiques ^ parce (pi’ils ont une tendance à détruire toute espèc'e de {Tuuvemcment. Ils appartiennent à la troisième classe des sophi.smcs de confnsion et d'obscurité ; mais ils ont ce dan{;cr du plus, de préparer la dissolution de toute autorité lé(Ta1e.

La plupart de ces sophismes ont été promu!-

« C« «fFections ou jv-iiNion» ont |oiit«s un nom propre en mais un a préféré de It*» éii4>nccr Hat» une un(pic Riurtc, à raiwn cir la elarléct «le U brièveté «^ui en résultent.

moJeitie, tiimour tlu rrfiof . ta pumte, Iti cra/nirf , lit SHfnmtition , turyneit , la hainf, lamitté , tenttie. Le iun( rtran{frr e*t plu-i Miliant, et 5C sc(Mre tnieuK îles notions vuigairrs <|ui îin(>oitMnetit l'nprit dans les rerhcrchcs de cette nature. Un a suivi rtrxrujpU- de Locke; il a fait usa(;c (le déuouiiualiom latines pour ijuatrc cspèixs d'ar(’Ument» :

I* itr-Tvcund/am; ao a/t tynomnitam ; 3« ad hominem ; a/l jutù'cium.

Àd ni.-truue plus ucttemciit le but que U proposition française à.

* Cet arrangement n'est pas celui de M. Bentham. II avait rangé les snpliisines «lus inds classes; i» t-cui qui sont propres au parti ministéritd ; a» crus qui sont propres au |Mrti de l'uppositinn; 3<> ccus qui sont conimiins aux deux parti>i. Il remiinai<«sail Iniilenn» que celle division n'avait pa» le vrai caractère d'une classilîcalioti logique; les snpliisuict qu'il avait rangés daus l'une de CC5 claxeex

auraient pu égaltuneiu »e placer danv une antre. Mais Pavais une raisuii de plus pour ne pav nie confortner a ce pCao. Mon objet était d'elTacer U couleur du |K)lrniique aogUtv qui dominait dans rourrage, et de lui donner un intcrél général. J’avoix en ronvûiueni-i^ traité tons ces sophismes comme autant d’articles imlépcndanls; niais un ami iri^s-écUiré M. SUmnndi ) tii'a suggéré la division que j’ai suivie, et ans laquelle tout s'est placé.

i L'auteur anglais a nraveee périt. Il a ébauché pour choque sophisme une dénomination nouvelle ou une phruso courte et populaire qui le caraetérise. M.-ti* je me suis bien garde de les traduire daus une langue plu» timide et |urtiruiièremenC enuemiedu ip^lrsque ou du burlesque. Je dirai ici par oentstou nue la dihieiilté de rendre en français ka idée» de M. Bcntiiam est prodi(;iemciitent augmentée par le néologisme de son langage. Personne n'éeril, sou» le rapport grammatical , plu» ptirrmenl que lui ; mal» par rapport HUI mots, il en erre coiitinucUcment de nouvt*aux; et un dH ltoniiairc beaurnup pliu riche que le nôtre lui parait enrore irrs-irisnffisant. Je parle paiticulièrcmeiiC de scs dernières productions.

INTnODt’CTÏON.

(Ttiés »olennelletnent clanâ la DécLiratton des droits de (homme. CTest là ce qui donne an (|rati(l avantaf^e pour les conibaltrc. Les autres sophi:^ mcii n*unt Jamais etc rédqvcs en corps de iiiaxU mes ; ils ch.inf;cnt de forme comme des IVoU^es, cl les extraire d'une masse de débats était un travail tout nouveau. Mais pour ces sophismes

anarchiques, iU ont reçu une existence auiJientique, une forme permanente ; ils ont été proclamés ; iU servent de préambule à un code constitutionnel. I^s autres sophismes no sont que des erreurs individuelles ; les sophismes aiuirchiqucs ont re^TU la sanction d'une assemblée de lé('islaleurs.

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