‹ Œuvres de J. Bentham, jurisconsulte anglaisChapitre 426 sur 524 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

DES SOPHISMES DE PRÉJUGÉ OU d’ AUTORITÉ.

Ceux qui, dans une assemblée politique, ont un (p’and int^ét à ne pas souffrir Pexameo d*une question, s'efforcent de mettre le préjugé seul à la place du raisonnement. Or, le préjugé, en matière d’opinion, se réduit toujours à Vautorité du jugement d'autrui, qu*on veut représenter comme étant décisive sur le

nint controversé, sans aucun appel ultérieur a raison.

Il faut donc commencer par analyser l'aulorité même, en distinguant les cas où elle est une base légitime de décision, et ceux où elle ne l'est' pas. Par rapport à ceux-ci, nous verrons que le sophisme revêt les formes suivantes :

I* L’autorité fondée sur Topinion positive

de nos ancêtres. ■ Voilà ce qu'ils ont fait. Nous • devons faire comme eux. »

s” L’autorité fondée sur l’opinion négative de nos ancêtres. « Us n'ont pas fait ce qu’on » nous propose ; nous ne devons pas le faire. ■ 3** L'autorité renforcée par l'objection générale tirée du danger des innovations.

4” L’autorité portée à son plus haut terme par des loi.s déclarées irrévocables, c’est-à-dire par des lois qui enchaînent la postérité.

5* L’autorité qu’oo veut donner à la généralité, en considérant le nombre de ceux qui en-> tretiennent une opinion comme une marque de sa vérité.

6* L’autorité qu’uu individu veut donner à son opinion personnelle.

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