SOPHISME DU VETO UNIVEKSEL
beaux traiu, par quclqucit (p'aiuU raraclères ; *maU on est dupe u’uiie illusion (roptiipic his> torique. Ces b<?aux traiu, ccsjp-auds caractères semblent se placer tous cnseinlde pr^tir nous donner une idée Irès*faussc de leur nombre et de leur conli{;uité. (Test ainsi que de loin, on croit voir une l'orêt touffue où on nu d<*convre en approchant que des arbres dispersera une (vrandc distance. •
Mais faii(«il donc a^ir et raisonner comme si nous n’aviüiis point eu d’ancêtres? Tout ce qu’ils ont fait, tout ce qu'ils ont pensé, doit>iI être compté pour riea? Devons-nous mépriser tous leurs exemples, et nous considérer comme si nous étions au iendcniain de la création ?
Celle manière déraisonner serait encore plus absurde et plus dangereuse que celle que je combats. Nos ancêtres ont été ce que nous sommes, ils ont senti les maux, ils en ont chcr-> chu les remèdes. Leur pratique forme une grande partie de notre propre expérience. Ce qu’ils ont trouvé de bon en tout genre est notre héritage ; et surtout les bonnes lois qui en vieillissant acquièrent un mérite de plus, celui d’être mieux amalgamées aux mœurs, aux habitudes nationales, et d'avoir leur preuve toute faite. Mais dans les âges précéJents comme dans le nôtre, et plus encore que dan.^le nôtre, tous ceux qui avaient en main le pouvoir s’occupaient pius de leur intérêt personnel que de rinlérêt public; ils ne trouvaient pas dans une opinion éclairée un frein puissant. Les causes
d'abus et de comiption étaient les mêmes, et l'antidote était l>eaucoop plus faible.
matériaux utiles que fournissent les anciens temps ne sont pas les opinions, ce sont les faits. L’instruction qu’un peut tirer des faits est indépendante de la sagesse des opinions; et même entre celles-ci. Tes plus folles sont peut-être les plus instructives. Une opinion ii>senst^ conduit à des actions insensées, et les désastres qui en résultent produisent les avertissements les plus salutaires.
La folie de nos ancêtres est donc plus instructive pour nous que leur sagesse : et cependant ce n*est pas à leur folie, mais à leur sagesse que nous réfèrent, pour notre instruction, les prétendus sa(;es de notre temps.
Mais en supposant que nos ancêtres fussent aussi bons jup,es de leurs intérêts que nous le sommes des nôtres, s’ensuit-il que leur opinion doive faire autorité pour nous? Non, puisqu’elle n'était point formée sur l'état des faits actuels, et qu'en faisant des lois pour eux, ils n'onlpas pu imaginer quelles seraient les circonstances où nous serions placés, l^a connaissance des faits est la première base d'uii bon jugement, et cette base manque à toutes les inductions qu'on veut tirer de l’autorité. Vouloir se guider par les opinions d'un autre siècle, ce serait faire comme un voyageur qui, pour aller de Paris à Rome, aimerait mieux se hcr à un itinéraire du douzième siècle qu’au ItVTe de poste le plus récent.