‹ Œuvres de J. Bentham, jurisconsulte anglaisChapitre 431 sur 524 · SOPHISME DU VETO UNIVERSEL · texte numérisé non relu

SOPHISME DU VETO UNIVERSEL

Il ny a point dantécMent.

L'argument consiste à alléguer contre une mesure proposée qu'elle est nouvelle, et que sur le point en ipiestion, il ii'y a pas d'antécédent ou d'exemple d'après le<piel on puisse se conduire.

Une telle observation, loin d'être condamnable en elle-même, est au contraire d’une très-grande utilité : elle sert à Hxer l'attention sur le sujet, et à rappeler à l'assemblée toutes les précautions nécessaires quand oii entre dans une route qui n'esl pas encore frayée. « Con-

■ sidérez mûrement ce qu'on vous propose : U

• n’y a point d'antécédent qui vous serve de

• règle ; vous allez faire une expérience. Usez de

■ votre jugement. i

Quel est donc le sens dans lequel cette observation se range parmi les sophismes? G’ést lorsqu’on prétend remployer comme une raison suHisante pour rejeter la mesure quia ce caractère de nouveauté. ’

C’est une branche du sophisme précédent. Ofi disait par l’un : « Nous voulons maintenir B tout ce qui a été établi par nus ancêtres; a on dit par celui-ci: • Nous refusons de faire ce a que nos ancêtres n’ont pas fait, a

il est clair que cette objection, réduite à elle-même, n’a rien de commun avec le mérite ou le démérite de la mesure; elle conclut à la rejeter sans examen. Avec un tel ar{pimeut, on aurait condamné tout ce <jui a été fait jusqu’à présent; on condamnerait de même tout ce qui se fera dans la suite. Une maxime qui serait fa-

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