‹ Œuvres de J. Bentham, jurisconsulte anglaisChapitre 441 sur 524 · II. Sophisme du panégyriste de /ui-méme · texte numérisé non relu

II. Sophisme du panégyriste de /ui-méme

Je ne parle point ici de l'innocente vanité qui se pré(mnise elle-même sotis le rapport des talents : c'est une faiblesse qui ne se montre guère impunément dans une assemblée , et pour laquelle le mérite le plus distingué est à peine un titre d'indulgence.

Mais on peut signaler sous ce chef les prétentions de ceux qui, d.ins l'exercice de leurs emplois, réclament de la d<'férenre pour leurs opinions, de la conHancc dans leur conduite , à raison de leiic caractère et du respect qu’ils ont pour eux-mêmes; respect dont ils »c font une défense contre la critique et l’cxamcn. Leurs assertions sont des preuves et leurs vertus sont des garanties. Qu’on propose des réformes, qu'on attaque les abus, qu'on demande

• Je pais citer à Pappiii rie re principe une autorité bieo impoMTile, et, r|tioi(^iie le (nit dont il s‘a|;it soit çéoénilcraeot connu, U • applique trop bien a ce sujet pour craindre de le répéter.

Voici comme il r»t rapporté par madame de Sucl dans le narré de son séjour à 8ainl-Prteniboiir(; ;

« L erupereur me parla avec enihoona«me de m nation M et de tout ce qu’elle était capable de devenir. 11 m'ex- M pritiM le dc»ir, que tout le moude lui coooalt, d’ améliorer

irécautions, des enquêtes , des moyens do publicité, ils font entendre une voix de surprise et presque de douleur, comme si on doutait de leur morale , comme si leur honneur en était blessé. Ils mêlent adroitement à quelques objections le panégyrique de leur probité, de leur désintéressement, de leur dévouement au bien public ; et une question politique se trouve toujours ramenée a leur amour-propre personnel.

De telles considérations sont des sophismes, non-seulement comme étant étrangères au mérite de la question , mais encore parce (p’elles renferment implicitement des asser* lions qui ne sont point d’accord avec la nature de l’homme : elles vont contre les faits les mieux établis sur les motifs qui déterminent le cœur humain ; elle.» nient rintluence (Tnn intérêt personnel dans les cas où on peut présumer qu'il agit avec le plus de force.

Jusqu'à ce qu'il soit donné l’homme de lire dans les cœurs, l'hypocrite pourra parler comme l'homme de bien ; et même, moins la vertu gouverne ses actions, plus il a d’inu^rêt à l’étaler dans ses dî.scours. Celui qui rempfit tous ses devoirs par un sentiment habitnel , accoutumé à cette probité qui ne le quitte point , ne pense pas plus à s'en faire honneur aux yeux d'autrui qu’aux siens mêmes. L ostentation est presque toujours l’emprunt d'une qualité qu'on n'a pas.

Il fout donc compter parmi les sophismes cet appel à ses vertus de la part d'un nomme public qni veut faire juger de sa conduite par son caractère, et non de son caractère par sa conduite.

S'il y a un principe certain en politique, c’est qu'il n y a point de vertus dans les gouvernants qui puissent tenir lieu des sauvegardes d'une bonne loi '.

«réut de» paysans ct>eore sonmis i TesehvaQe. Sire, lui M(liyje, voire raractrre est une constitution pour votre » empire, et votre conteienre en est la (garantir. — Quand » cela serait, me répondil*il, je ue teraU jamais qu un ^ Mcidenl heureux. Bellrs parole», te» première», je crois,

■ de ce f;eiire, qu’un monarque o1>m>Iu ait prononcée»! Que M de vertus il faut pour juçer le dcspoilstue en ctoot (Ica-

■ pote! ■ Dix nnneex dcxil,^g. 3)3.

ALTHË SOPHISME d'aUTORITÉ.

des

SECONDE PARTIE

Page 1