Imputation de mauvais motif
D'un mauvais motif, on veut conclure à un mauvais dessein. Ce n'est donc encore que le sophisme de défiance y mais extrêmement faible, 1^ parce que les motifs se cachent dans les replis du cœur humain , 3° parce que si la mesure n'est pas mauvaise , le motif de son auteur, fiit-il purement personnel, ne fournit aucune raison pour la rejeter.
Direz'vous que les motifs pei'sonnels sont mauvais? vous direz une absurdité : c'est de leur influence , c’est de leur ascendant que dépend la conservation de l’espccc hiimaiiic, et celle de ebaque individu. S’ils cessaient nu moment d’afpr, tout tomberait dans rinerlic,et bientôt dans le néant.
Mais si la mesure passe, celui qui la propose ou qui la défend y trouvera son avanta{*e personnel, son avaiitajjc pécuniaire. Soit. C’est une raison de plus pour l'exaiiiiner. Mais si vous n’avez point d'autre objection contre la mesure , devient-elle mauvaise à raison de ce motif? doit-elle en être considérée avec moins de faveur? en pertl-elle un (p-aiii de sa bonté? Tout au contraire, elle n’en vaut que mieux, carde ipioi se compose le bien public cpie de la somaie des avanta^^cs individuels ?
Ce sophisme a ceci de particulier, c'est qu'il porte sur une base absolument fausse. Il suppose l’existence d'une classe de motifs auxquels on peut h'(ptimcmcnt appliquer répilliète de numoais»
Qu’est-ce qui constitue un motif? l'attente éventuelle d'un plaisir ou de rexempliuii d'iine peine : or, comme en soi il n'y a de bon que le plaisir ou rexemption de la ]>eine, il s'ensuit que, philosophiquement parlant, il n'y a |>oitit de mauvais motif. Chaque espèce de motif peut produire, selon les circonstances , des actions bonnes et mauvaises