IV. Imputation de variations
Le faitdcs variations étantadmis, rar(p)menC
‘ Je (lois rfnvorcr les lerirurs h rr qui a été dit <ut 1rs ïttolifs dans Irs Tmitèt itc LétjislaUon , jwg« clitsp. S
qu'on en veut tirer contre la me.sure en question , n’est encore que le sophisme <le défiance.
Il faut convenir toutefois ijiie des variations tranchantes et soudaines présentent un indice très-défavorable et même couclu.ant, par rapport auju{Tcnientouaucaraclèred’un individu.
Si, par exemple^ il a combattu la mesure en question quand il était de son intérêt de la combattre, et qu’il la soutienne quand il lui convient de la soutenir; s'il s'ajpt d'un fait qu'il ait nié dans une occasion où il lui importait de le nier, et qu'il l'aflirme lorsqu'il lui est avanta{Tcux de l'afHrmer; s’il cherche à couvrir de mépris ceux qui étaient autrefois les objets de sou admiration; s'il insulte une cause (pi’il avaitauparavanC défendue avecchaleur, toutes ces variations ne peuvent rju’opércr à son préjudice, à moins qu’il ne les explique dune manière satisfaisante, et ne les justifie par la diversité des circonstances.
I.a présomption qui en résulte contre l'individu, toute forte qu’elle est, n’a cependant aucune valeur lof^ique contre la mesure en question. Tout ce qui doit en résulter, c’ett d’affaiblir l’autorité de la personne, dans le cas où cetic autorité aurait opéré en faveur de la mesure.
y. Imputation de liaisons suspectes. Noscitur ex sociis.
Admettant le fait que l’auteur de la mesure est lté avec des personnes d’un caractère suspect, rar{*uii>cnt qu'on en veut tirer contre la mesure même, n'est autre que le sophisme de défiance y c’est<i-<lire la présomption d’uii mauvais dessein ultérieur.
Mais, pour donner quelque couleur à cet argument, il y a trois faits préliminaires à éLiI)lir; I* que les associés dont il s'a(pt sont suspects h bon droit, comme ayant des desseins pernicieux ; 3° qu'il existe une véritable intimité, une association entre eux et l’auteur de la mesure, car il V a des liaisons de tous tes de^jrés possibles ; que la mesure en question est le fruit de cette association, et n’auniit pas eu lieu sans cela.
La preuve de ces faits dépct>d des circonst.inces particulières du cas. Mais il faut faire ici une observation (générale. Il n'en est pas des liaisons politiqTies comme des liaisfiiis privées. Dans la vie privée, rinflueiice des liaisons sur la conduite et les opinions d'nn individu , est une présmnpliuu étaldie par une expérience journalière. Le proverbe <|uî nous apprend à juper d’nn homme par ceux qu’il fré<|uente, est , dans ce cas, d'une vérité reconnue ; mais il n’a ]ias, à beaucoup près, la même force «piaml il s’applique à des liaisons formées pour un objet politique. Là, il faut s'unir avec des individus plus par nécessité que par choix. Ou
rfc rr vol., De f injliirncc Hei motifs sur la gmwtair de l'alarme.
5o6 PEBSOMMAUTES INJUaiEUSEâ.
est Uetcrmind k a^^ir île concert, sans consulter les ressemblances morales dans les dispositions. Tous les partis sont des aipéf^atioiis niisccllanées ; on y trouve d|;s hoiiiiiies de tous les caractères. La seule nécessité de recueillir des informations sur des faits peut produire des rapprochements qui ont toute l'apparence d'un commerce social entre les personnes des inclinations les plus opposées.
VI. Imputation fondée sur une identité de dénomination* Noscitur ex co^^uoininibus.
Dans rar{pnneDt précédent, l’auteur de la mesure était représenté comme suspect, à raison de ses liaisons avec des personnes vivantes. Dans raq^iinent actuel , il est représenté comme tel, à raison d’une certaine identité nominale avec des personnes qui ne vivent plus, mais qui ont eu, dans leur temps, des dessins suspects ou pernicieux.
• Voilh ce t^uont fait des hommes qui portaient ta même dénomination que vous portes aujourd’hui : t>üi7/i ce quou pourrtiit attcfuire de vous. Il faut juger de vos desseins par la conduite de vos prédécesseurs. •
Il est vrai que si l’esprit n'est pas chan(;é, si les intérêts sont les mêmes, on peut conclure de la communauté de nom à la communauté de dessciu. Mais, dans ce cas, c’est la communauté d’esprit et d'intérêt qui est le vrai lien de l'uninu; la communauté de nom n’en est que le si^^nc et non pas la cause. Les Romains de nus jours qu’ont-ils de commun avec les Romains d'autrefois? Rensenl-iU à réclamer l'empire du monde ?
Ceux cuii jugent d'une classe d'hommes par les excès de leurs devanciers, oublient toujours uue circonstance essentielle, cette amélioration {P'aduclle dans les caractères et dans les principes depuis les â(Tes de barbarie jusqu'à nous. Les sectes qui conservent le même nom u ont plus le même esprit. Le do(;me a perdu , et la morale a ^ta^pié. L'individu diffère moins de la jeunesse à la vieillesse, qu’une secte d’uu siècle à un autre.
Refusez de donner à celle considération tout le poids qu’elle doit avoir, vous arrivez à des cunséquenccs aussi désastreuses qu'absurdes.
Ce qui a été ne pouvant cesser d’être, le nomlire des (;énéralions qui se succèdent ne peut apporter aucun chan(*cuicnl à leur é^ard. Les
( •> 11 «eraltab^artlede dêciimTauJnur«rhiiî la Sorbonne, rce qu'elle présenta requête aiitrerots pour faire brûler Huccllc d'Orléans; parce qu'elle dcclam Henri III décliu ilu droit de rr|{m-r, qu'elle reicoiniiiunui; qu'ello proscrivit le faraud Henri l\'. Ou im* rtvhenrlicra |km» sans doute les au* 1res rnrpsdu rtrvauine qui commirent les mêmes ndrt dans l'Os it nips de (réiicsie; cela serait nnn-veiilemeiii iiijuslc, mais il y aurait autant de fnlle qu'à purger tous 1rs liabilanls de Mnrseille, |wn e qii'iU oui eu la ^te en 1720....
M Li fureur qii'inspireiil IVsprit dogiaaliquc et Tabus de l-i religion elirckiruuc nul mtenilue, a rrjMiitiln autant de vuiig, a pro<iuit julant de désastres en Alu'inagiie, en An-
mesurcs les plus rij^ourouses qu’on ait pu prendre contre les ancêtres égarés ou coupables, doivent être continuées contre leur postérité jusqu' A la fin des siècles.
• Mes haines sont mortelles, mes amitiés immortelles. a Ce root d’un sage a clé justement applaudi. Le sophisme que nous réfutons recommande, au contraire, la perpétuité des haines.
Cesl surtout en matière de religion que ce sophisme exerce l’empire le plus ^neste.
Eli France, les ennemis de la tolérance argumentaient contre les protestants d’après les guerres civiles, d’après les temps de trouble et d’anarchie, où des chefs de parti formaient un étal dans l’état , et où les peuples ne reconnaissaient plus leur souverain dans un rui qui voulait forcer leur conscience.
Kn Angleterre, on refuse encore d’accorder aux catholiques tous les droits que possèdent les autres citoyens, parce que leurs prédécesseurs, dans des circonstances toutes différentes, ont cherché à renverser l’Église <pii avait supplanté la leur. «V os ancêtres catholiques on t allumé des bûchers ; ils ont prétendu avoir le droit du glaive contre les hérétiques. Vous donc ui êtes catholiques, vous allumeriez de même es bûchers , si vous aviez la force en main ; vous useriez du droit du glaive pour nous faire périr. Vos ancêtres, il y a cent cintniante ans, s’étant trouvés uu moment les plus forts, fircut un massacre affreux de leurs concitoyens j>ro- Icslants: donc vous n’attendez qu’une occasion favorable pour vous souiller des mêmes barbaries. En un mot, vos ancêtres ont été nos ennemis , et il a fallu les tlésarmer et les enchaîner : donc nous devons vous traiter en ennemis, et tous les droits que vous réclamez uc seraient dans vos mains que le droit de nous nuire. ■
On oublie, dans tout ce raisono<*menC, que la religion catholique a renoncé à scs maximes sanguinaires, que les foudres du Vatican sc sont éteintes; que dans la Saxe, dans l'.^utriche , dans la France , les protestants jouissent^ sous des souverains cathnlinue.s , de la même sécurité que leurs sujets catnoliques. Tout a changé à cet éganl depuis cinquante ans. 1«c droit que prétendaient avoir les pontifes de Home , de délier les sujets de leur serment de fidélité envers un roi hérétique, a été solennellement nié par toutes les autorités ecclésiastiques de celte religion
glclcrtp, et même en HoUande. qu'eo France ; ccf^eodant anjourd'liui la dtffcrrncr «1rs rcligictift uc mu«i* aucun fron* bic dan» re» éuu. Le juif, le rabini*tr, le grec, le lulbérieit, l'analmpiivlr, le Mtcinîen , le mcmnoiiiile , le nK>rave et tant d autre», vivent eu frère» lUnv *'c» cwilrée». et conlribuent également au bien de Li M>rié<é.... Lu pbiloww phie, eette »ceur de la religion, |.i philovophic a ilévarmé de* main» que la itiiterolition avait si ImiR-tcrop» en«auglanléc», et rev^tril liumaiii, au sortir de sou ivresse. »r»t élonnr d«*s eicè* où l’avait cm|>ortr le fanatisme. »* \ oUairr. loni. atx, Lfe la ra/émuce, cliap- 3.
PERSONNALITES AOULATOIRES.