CHAPITRE III
l'obstacle pris pour la cause.
Je vais expliquer ce sophisme en le prrsen- Uiit MOUS la forme d’une instruction pour s'en servir.
Je Miipi>oMc que vmi.M app.vrleiieï à un sy*lème politi<}ue où, à rôt»'* de parties Irè.sKiéferUieuses, il y en a d’excellentes. Le malheur veut que vous tronvie* votre intérêt à défendre une des institutions les plus ahii.sîves. Si on vient à la réformer, vous risquex de faire une m-ande perte en di{piitc ou en proHl. Quel est le moyen le |i!iis propre à parer le coup? Commencez p.ar faire un tableau brillant du système tolitiqtie dans sa totalité : étendez-vous sur les leurcnx effets mii en résultent et que pcr.soimc ne conteste ; et del.à, passatit aux aims que vous cherchez à proté{»rr, ne manquez pas de letir attrilmer, en tout ou en partie, rexUtence de ces heureux effets. Ctinihoe:, et'^n proptt'r hoc. Il en ré.Midtera une confusion d’idées dans la tête de tons ceux qui u'oiupas un prisme ]iuur les séparer.
Dans tout système politique qui existe depuis lon(*-lemps , <pii s’est forme peu à peu , sans auriiii plan (;énérol et selon que les événements faisaient prévaloir tels ou telsintéréts, un observateur qui vent se rendre compte du résultat aclnel, disliiqpieles circonstances .sous trois rapports : i® celle.s qui ont opcié comme causes du bien ; a* celles <pii ont opéré comme obstacles;3‘’cclles(]ui n’<mt eu aucune influenee.
Dans tel système donné, quels que soient les abus et quels que soient les heureux résultats , les abus ont opéré par rapport aux heureux résultats , non en qualité de causes, mais en qualité d’obstacles.
Si vous parvenez à «lonner le ehan{*e h cet é(j.ird, l'abus est à couvert. Mais si celle entreprise est trop diflicilu , efforcez-vous du moins d’attribuer ce.s heureux ré.sultats, non à leurs véritables causes, niais aux circonstances indifférentes, à celles qui n’ont point en d’influence ; car si on voit clairement les causes qui ont amené les effets prospères, on verra clairement aussi celles (pli n’y ont point cii de part.
lyc vrai savoir est votre plu.s daiq^ereiix ennemi. Or, le vrai savoir consiste à dciiié'Icr,
dan.s chaque occasion , les causes promolivcs , les ob<tacleM et les cireonstanres indifftTentes. Cherehez donc à confondre toutes ces chosc.s.
Ce sophisme est un des plus communs : il est appelé au secours de tous les abus, sans excepter les plus odieux, (guipent douter qu'un iiiqiii.siteur, dans le cabinet de son souverain, ne sût lui représenter le salut de l’état comme d«‘pemlnnt de l'cxistenee d’im tribunal <pii veillait sur la pureté de la fui?
Les moines et tout le elerjré de Tempire {jrec n’altribuaient-ilspaslesinvasion.s des Ibirbares et la défaite des armée.s ipi’on leur opposait, à 1.1 MMiidaleiisc tolérance du {jouvemeinciil pour telle ou telle hérésie ?
11 était bien reconnu dans l’empire de Mont4V.uma, qii'on y surpassait tous les états voisins en vertu et en sagesse.
D'où nous vient cette P, lorietisc prééminence? demamiait un Mexicain au {p*and-prêlre. Où voulez-vous en cliereher la cause , répondit le pontife , (jtie dans le.s ruisseaux de cc snti{» précieux, ce sani’ des innocents <pii coule tous les jours sur les autels et qui apaise les dieux irrités ?
Tous les propres rlc la raison humaine, en matière de gouvernement, ne s’opèrent qu’en détruisant quelque branche de ce sophisme, c*esl-îi-dire en parvenant à déincler les ixaies causes de la pro.spéritc, à les séparer d’avcc les obstacles ou d'avec les circonstances indifférentes.
Dans l'économie politique, combien n’a-t-on pas pris l'obstacle pour la cause l Les monopoles, les prohibitions, les privilèges, ont clé repardés comme la source de la prospérité du commerce. Ia!S jurandes Ic^ ioissur les appretiti.ssa^es, les rèj^ements des manufactures , ont été vantes comme la cause du propres dc.s arU ; à-peu-près roinmc si l’on avait cru que la vie d’un individu tient .à l'exi.stence du tiùiia, qui SC nourrit de sa plus pure substance. On se rc.sscnt encore de mille manières du mal que fil une loi d'Klis.ibcth, relativement aux apprciitissapcs. On aurait pu l’intituler : Loi poM» etnpcchcr le pcrfcctionnetneut de la niai» ani’ii-
SOPHISME Qiri CONCLCT A IIEJETEH AU I.IF.U u’aMENDEH. Siy
VTC. On rn prnt tUrc mitant de cent mitres lois un traité dont tout l’ulijet peut se rendre par jiour le rè^peinent des inaniifaeltires. !/ouvra{»c cette expression aliréjjée : Détrtùre ies illusiofn d’Adam Smith , sur la richesse des nations , est qui ont fait pretuire les obstacles pour les causes.