I. P^Ittion de principe cacliéc dans uti seul mot
I..3 pétition de principe ou le cercle vicieux est un tics .sopliisines les plus couniis, même tle ceux qiit n’ont pas fait une éimle parlicu» lière de la loeiquc. rue rpiestion élanl donnée, un prétend la résoudre en aOiriiiaiit la chose même tju» est en tpiestion, le 4^i<m/er«f demons- Iruudttm. Pourquoi l’opiuin faÎMl dormir ?Crest tpi’il a une vertu soporiH(|ue. — rTestundccettx tiu'.Vri.stote avait sq^nalés. Mais Aristote ii’a pas décrit et n’a pas même indiqué un mode particulier de remployer, par le moyen d'un seul mot. Cependant le sophisme ainsi couvert et cache, n’en est que plus eHicacc. Cherchons à le démêler.
Dans la nomenclature tics êtres moraux, il est des dénominations qui présentent l'ohjet pur et simple, sans y ajouter aucuu sentiment d'ap|>rol>atioiiuudedésappruhation. Par exemple ; désir, disposition, habitude, cametère, motif. J’appelle ces termes, neutres.
Il en est d’autre> qui, à l'idée principale, joi(>ncnt une idée hahîtiielle d'approbation. Honneur, piété , générosité , gratitude.
D’autres ioi(pieiit à l'idée principale une idée haliituelle de désapprobation. Libertinage yavttvice y luxe, cupidité, prodigalité
Si l’üii formait un catabqpie des plaisirs, désirs, émotions, affections, penchants, etc., un en iniuvcrail quelques-uns qui sont pourvus de ces trois espèces de dénominations, mais en très-petit nombre. Pour les uns, vous n'avez f]uc des termes approbatifs; pour d'autres, et c est le (p'and nunwre, vous n’en ave/, que de désapprobatifs. Par dénominations, j’entends celles qui ne consistent que dans un seul mut;
car, avec des phrases composées, on peut exprimer tout ce qu’on veut.
Heaucciup de termes, neiitrcs dans I orqpne, ont pris par de(prés une teinte de lilâme ou de luusin^c, à mesure que les seiiliinents niuratix SC sont développés par les pro(»rcs de la civilisation. Tyran a été un leriiie neutre. \aî mol pirate fut employé par les anciens Grcn'S ronuoe un terme neutre, et cjuelqucfois comme uu terme honorable, jusqu à ce «ju’enfin il n’a plus exprimé qu'un délit. Tititun , disent qiielnues
étyniolo{jisies,ii’expiimailqu’nneniaUdieuans
la plante qui porte le vin. l^irtus ne signifiait quc^oire. Latro, hostis, et beaucoup d autres avaient insensiblement change de si(pnfication. Ces variations dans toutes les lan{pies fourni!^ sent un fonds de recherches curieuses et inlC"
ressantes.
Venons maintenant à notre iibjel, 1<?
pbisme qui se cache sous ces mots. — Ces termes moraux qui ont pris ce caractère dcicrminc
en bonne ou en mauvaise part, ne sont point
des termes simples. Ils renmrmenl une prop(^ silion, un ju{»cnient. Iæ nn*t seul et par luimême affirme que l’objet auquel on I .ippfi<)^® est un objet d’approbation ou de dcsappvo' bation. ,
l'ne dénomination partiale ajoute donc a la proposition primitive une pniposition sccoU' uaire; et celte addition xe fait d'une manière
imperceptible, ou du moins cachée *•
Knparlantde la conduite, ou des penchant, ou des motifs de tel individu, vous est-il indd* féreiit? vous employez le terme neutre. ^ ‘>ulo vous lui concilier la favetir de ceux qin écoutent ? vous avez recours au terme <p» porte un accessoire d’approbation.
• Dan* Il première ctlilioa.j'avai* bâtarde, d'sprèx mon •lutcur, drut (vrine* nouveau* , euto^istique et ayyloyisUfjtie, •ynottTiiies d" itffftroUUi/ , et fietn/gitvbutîf. Ou m'a olijet te epriU n'ctaieul pat atses m^ettaires {K»ur justifier le itéulocisine. Je Ici ai tuppriiiivt.
2 En terme» de logique , U proposition primiurv fiijVl : U sccoTKle est le préditaU Ce prédicat r»l ment d’appinl>a(inn on ne drupprobution turl*^^' motif, ouViiileruiondonlil s'unit.
SOPHISMES DES TEAMES AMBIGUS
le rendre méprisable ou odieiu? vous usez de celui qui emporte un accessoire de blâme Pour employer ce {;enre de sophisme, il n*esC pas besoin de l’avoir étudié. On y tuml>e tout Daturellemeiit; on en fait lisage sans s’en aper» cevoir. Molière dit qu’un («entilbomme sait tout sans avoir rien appris. Tout homme est (gentilhomme par rapport à Ce sophisme. I.a difhcidté est de le désapprendre. Dans d’autres cas, on enseqpie; dans celui-ci, il faut désensei(pier.
Toutes les fois qu’il s*a(pt d’estimer si lachose mérite blâme ou louaiq;e, celui qui ne veulcm* ployer qu’un terme partial cherche à éluder la preuve, et à faire passer pour vrai ce qu'il sait être faux. C'est une pétition de principe.
il s’a{;it d'une mesure politique à discuter. Ciujngement dans la loi est un terme neutre. Per^ fectionnement f amelioration y sont des termes de faveur : innoi^fion est un terme de défaveur.
11 ne sera pas rare, dans un dél)at, de voir CCS trois mots , mais surtout les deux derniers , appliqués à la même mesure parles deux partis, avec l'intention de produire un eifet par la seule force du mot. Celui d'ômot/âtiou , qui semble synonyme de nouveauté, a pris un caractère, sinon absolument mauvais, du moins suspect. Innovation emporte l'idée d'un chan- (vement téméraire ou brusque, qui ne s’allie pas avec les choses existantes. Celui qui ne veut point écouler ou alléjpier de raison, et qui aurait honte de rejeter une mesure améliorative, la rejette, sans scrupule, sous le nom d’innovation. Ce nom insinue une présomption générale contre la mesure proposée.
Tous les sophismes suivants renferment la pétition de principe, et précisément celle qui est cachée dans le mot ; mais ils ont quelque circonstance qui les distingue.