‹ Œuvres de J. Bentham, jurisconsulte anglaisChapitre 484 sur 524 · SOPHISMES · texte numérisé non relu

SOPHISMES

lui-méme sera probablement la dernière. Pourquoi irait-il plus loin? pourquoi se désenchanter de cet agréable aspect? pourquoi substituer l’entière vérité qui rhumilie, à une demi-vérité qui le flatte?

y Dans le cas d’un individu sur qui les motifs sociaux ont assez d’empire pour l’emporter fréquemment sur les motifs personnels , l’analyse morale de ses actions lui causera moins de répugnance. C’est-à-dire que plus un individu est vertueux, plus il aura de goût pour l’cCude qui mérite si bien ce nom par excellence, l’étude de l’homme. S'il porte la sonde dans son cœur, elle ne touche point une partie gâtée, elle ne le blesse point. La vertu parait donc être une condition necessaire pour se plaire à étudier les premiers ressorts de nos actions.

11 s’ensuit que des intérêts séducteurs gouverneront, meme à leur insu, les idées oc la plupart des hommes; que le sophisme qui les favorise aura pour eux tous les caractères de la raison, et qu’il n’y a guère que l’homme de bien accoutumé à réflécliir, à décomposer les motifs de ses opinions, qui puisse s’élever audessus de ces préjugés d intérêt.

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