‹ Œuvres de J. Bentham, jurisconsulte anglaisChapitre 49 sur 524 · DE LA PROPRIÉTÉ · texte numérisé non relu

DE LA PROPRIÉTÉ

tiirei. il faut prolonger Tid^^c de la lùretd dans toute la perspective que son ima^nation est capable ue mesurer. *

Ce pressentiment, qui a une influence si marquée sur le sort de rhomme, peut s'appeler attente, attente de l'avenir. Cest par elle que nous avons la faculté de former un plan géné^ rai deconduite . c'est par elle que les instants successifs qui composent la durée de la vie ne •ont pat comme des points isolés et indépendants , mais deviennent des parties continues d'un tout. L'attente est une chaîne qui unit notre existence présente à notre existence future, et qui passe même au-delà de nous jus^'à la génération qui nous suit. La sensibilité de l'homme est prolongée dons tous les anneaux de cette chaîne.

he principe de la sûreté comprend le main-

tien de toutes ces attentes : il prescrit me les événements, autant qu'ils dépendent des fois, soient conformes aux attentes qu'elles ont fait naître.

Toute atteinte portée à ce sentiment produit on mal distinct , un mal spécial que nous a^ pellerons peine ^attettte trompée.

Il faut que les vues des jurisconsultes aient été bien confuses, puisqu'ils n'ont jamais donné une attention particuPièrc à un sentiment si fbndeunental dans la vie humaine. Â peine ce mot d’attente se trouve-t-il dans leur vocabulaire. Â peiue trouveraît-on dans leurs ouvrages un argument fondé sur ce principe. Ils l’ont suivi sans doute à beaucoup d’égards, mais ils l'ont suivi par instinct plus que par raison. S'ils avaient connu son extrême importance , ils n'auraient pas manqué de le nommer, de le signaler, au lieu de le laisser dans la foule.

Page 1