‹ Œuvres de J. Bentham, jurisconsulte anglaisChapitre 57 sur 524 · SÛRETÉ. ÉGALITÉ. MOYEN DE LES CONCILIER · texte numérisé non relu

SÛRETÉ. ÉGALITÉ. MOYEN DE LES CONCILIER

Paut-il donc qu’entre ces deux rivales, la stL yeCéet r^oA'cé, il y ait une opposition, une guerre étmielle ? Jusqu’à un certain point, elles sont incompatibles; mais avec un peu de patience et d’aflresse, on peut les rapprocher par «fegrés.

Le seul médiateur entre ces intérêts contraires, c’est le temps. VouletpTous suivre les conseils de l’égalité sans contrevenir à ceux de la sûreté? attende! l’époque naturelle qui met fin aux espérances et aux oramtes , l'époque de la morU

Lorsque des biens sont 4«venus vacants par le décès des propriétaires, la loi peut intervenir dans la distribution qui va s'op^r, soit en limitant à certains égards la faculté de tester, afin de prévenir une trop grande accumulation de fortune dans les mains d'un seul, soit en

faisant servir les successions à des vues d’égalité, dans le cas où le défunt n’aurait laissé ni conjoint, ni parents en ligne droite, et n’aurait pas fait usage du pouvoir de tester. Il s’agit al(MK de nouveaux acquéreurs dont les attentes ne sont pas formées, et l’égalité peut faire le bien de tons , sans tromjper les espérances de

S;rsonne. Je ne fais ici qu indiquer un principe.

n en verra les développements dans le second livre.

Lorsqu'il s’agit de corriger un genre d’inégalité civile, tel que l’esclaTage, il fret apporter la même attention au droit de la propriété, se soumettre à une opération lente, et s'avancer vers l'objet subordonné sans sacrifier robiet prinripal. Les hommes que vous aures rendus libres par ces gradations, seront bien plus ca-

SACRIFICES DE LA St'RETE A LA SURETE.

pables (1g l’ctre gue fi vous leur aviex appris à fouler aux pieds la justice pour les introduire dans un nouvel ordre social.

ObstTN’ons gue chez une nation qui prospère p.ir son agriculture, ses manufactures et son commerce, il y a un progrès continuel vers réalité. Si les lois ne faisaient rien pour la comattre, si elles ne maintenaient pas de certains monopoles, si elles ne gênaient pas rindustrie et les échanges, si clics ne peRuettaient pas les sul>stitutions, on verrait sans effort, sans révolution, sans secousse, les grandes propriétés se sulKliviscr peu à peu, et un plus graïui non»bre d’hommes participer aux faveurs mmlérées de la fortune. Ce serait le résultat naturel des habitudes ojiposées gui se forment dans l'opulencc et dans la pauvreté. I.a première, prodigue et vaine, ne demande qu’à jouir sans rien faire: la seconde, accoutumée à l'obscurité et

aux privations, trouve ses plaisirs dans son travail et dans son économie. De là le changem(?nt qui sVst fait dans l’Europe, par le progrès des arts et du commerce, malgré les obstacles des luis. Ils ne sont pas bien loin de nous ces siècles de la féodalité, où le monde était divLsé en deux classes, quelques grands propriétaires gui étaient tout, et une multitude de serfs qui n étaientrien. Ces hauteurs pyramidales ont disparu ou SC sont abaissées ; et de leurs débris répandus partout, les hommes industrieux ont formé ces établissements nouveaux , dont le nombre infini atteste le bonheur comparatif de la <‘iv ilisatiun moderne. Ainsi l'on peu t conclure que la sàrrtéf en conservant son rang comme principe suprême, conduit indirectement à procurer Vé^a/ilé, tandis que ccllc-ci, prise pour base de rarrangement social, détruirait la sûreté en 80 détruisant cllc-mèmc.

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