DE LA CULTURE DES ARTS ET DES SCIENCES
Je ne parlerai pas ici de ce qu'on peut faire pour ce qu’on appelle les arts et les sciences tuiles : personne ne doute que des objets d'une utilité publique ne doivent être soutenus par des contributions publiques.
Mais c|uand il s'agit de la culture des beauxarts, de 1 embellissement d'un pays, des édifices de luxe, des objets d'ornement et de plaisir, en un mot, de ces oen\Tes de surérogation, doiton lever de.s contributions forcées? Peut-on justifier l’établissement des impôts qui n’auraient que cette destination brillante, mais superflue?
Je ne veux pas faire ici le plaidoyer de l'agréable contre Tutile ni justifier qu'on mette le peuple il l'étroit pour donner des fêtes à une cour, ou des pensions à des baladins. Mais on peut pré^senter une ou deux réflexions par manière d’apologie.
I . La ucpense qu’on fait et qu’on peut faire pour ces objets, est ordinairement bien peu de chose, comparée à la masse des contributions nécessaires. Qu’un s’avisât de restituer â chacun sa quote-part de cette dépense superflue, ne serait-cc pas un objet impalpable ?
a. Cette partie surérogatoire des contributions étant confondue avec la masse de celles qui sont nécessaires, la levée en est im|>ercep-
I Ce n'est point un cas imayiiutre : eest en ptrUeuUer celoi de iTrUnde.
» Je n'enleud» pat qu'il y ait une opposition réelle entre fatile et l‘t{;ré*ble : tout ec qui donne du plaisir ni utile : auU dans le lugage ordioure, on appelle nclusivrment
tible : elle n'excite aucune sensation séparée qui puisse donner lieu à une plainte distincte. Et le mal du premier ordre, limité à une somme si modique, ne suffit pas pour produire un mal du second ordre.
3. Ce luxe d’agrément peut avoir une utilité palpable, en attirant un concours d'éli^n(;ers qui versent leurs capitaux dans le pays : peu à peu les nations deviennent tributaires de celle qui tient le sceptre de la mode.
Un pays fertile en amusements peut être envisagé comme un grand théâtre qu’une foule de spectateurs curieux , attirés de toutes parts, soutiennent en partie à leurs frais.
11 se peut même que cette prééminence dans les objets d’agrt'ment, de littérature et de goût, tende à concilier à une nation la bienveillance des autres peuples. Athènes, qu’on appelait l’œil de la Grèce , a été sauvée plus d’une fois par ce sentiment de respect qu’inspirait cetto supériorité de civilisation. Une auréole de gloire, qui environnait cette patrie des beauxarts , servit lon|*-temps à couvrir sa faiblesse , et tout ce qui u était pas barbare s'intéressait à la conservation de cette ville , le centre de la politesse et des plaisirs de l'esprit.
Après tout cela, il faut bien convenir que cet
utile, et qni produit une aliFité éIoi(^éc; a^rèabie, et qui • une utilité imnicdiste ou se borne su pUitir présent. Bien des cboies «uqoeUfs on conteste le nom d' utiles , ont donc une utilité plus ccruioe que celles BUiqucUes on approprie ente déooiiiinaiton.