EXEMPLES DE QUELQUES ATTEINTES A LA SÛRETÉ
Il n’est pas inutile de donnar quelques exemples de ce que j'appelle attemtes h la sûreté. C’est un moyen de mettre le principe dans un plus grand jour, et de montrer que ce qu’on appelle injuste en morale ne peut être innocent en politique. Rien n’est plus commun que d’autoriser sous un nom ce qui serait odieux sous un autre.
Jcnepnism’empêcherd’obsenrerici les mauvais effets d'une branche de l'edncation classique. On s’accoutume, dès la première jeunesse, à voir dans rhistoire du peuple romain des actes publics d’injustice, atroces en eux-mêmes, toujours coliM-és sous des noms spécieux, toujours accompagnés d’un éloge fastueux des vertus romaines. L’abolition de» dettes joue un grand rôle dès les premiers temps de la république. Une retraite du peuple sur le mont Avenlin, lorsque l’ennemi était aux portes de Rome, forçait le sénat à passer l’éponge sur tous les droits des créanciers. I/Mstorien excite
tout notre intérêt en faveur des débiteurs frauduleux qui s’acquittent par une l>anqneroQtc, et ne manque pas de rendre odieux ceux qui sont dé|>ouiHcs par un acte de violence. A quoi menait cette iniquité? L’usure, qui avait servi de prétexte à ce vol, ne pouvait qu’angnienter dès le lendemain de cette catastrophe ; car le taux exorbitant de l’intérêt n’était que le pKx des hasards attaches k l’incertitude des engagements. La fondation de leurs colonies a été vantée comme l’œuvre d'une poli tique profonde. Elle consistait toutefois à dépouiller dans les pays conquis une partie des proprietaires légitimes, pour créer des établissements de faveur ou de récompense. Ce droit des gens, si cruel dans ses effets immédiats, était funeste encore par scs suites.
Les Romains, accoutumés â violer tous les droits de propriété, ne surent plus où s’arrêter dans cette carrière. De là cette demande perpétuelle d’une nouvelle division des terres qui fut