‹ Œuvres de J. Bentham, jurisconsulte anglaisChapitre 98 sur 524 · ENTRE QUELLES PERSONNES LE MARIAGE SERA-T-IL PERMIS · texte numérisé non relu

ENTRE QUELLES PERSONNES LE MARIAGE SERA-T-IL PERMIS

Si on voulait se guider ici par les faits historiques, on se trouverait bien embarrassé, ou plutôt il serait impossible de déduire une seule règle Hxe de tant d’usages contradictoires. On ne manquerait pas d'exemples respectables pour autoriser les unions que nous regardons

comme les plus criminelles, ni pour en prohiber plusieurs que nous croyons toui-à-fait innocentes. Chaque peuple prétend suivre à cet égard ce qu’il appelle la foi de la nature, et voit .ivec une espèce d’borrcur, sous des images de souillure et d'impureté, tout ce qui

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n'e«t pat conforme aux loii matrimoniales de ton pays. Supposons que nous sommes dans l’ignorance de toutes ces institutions locales, et ne consultons que le principe de Tutilito pour roir entre quelles personnes il convient de permettre ou d’interdire cette union.

Si nous examinons l'intérieur d'une famille composée de personnes qui diffèrent entre elles par l'àge, par le sexe et par les devoir.'^ relatifs, il se présentera bientôt à notre esprit de fortes raisons pour proscrire certaines alliances entre mille.

plusieurs individus de cette fa-

voie du mariage , en diminuant la sécurité de ceux qui auraient eu envie de les épouser.

Z* Relâchement de discipline domestique. Dan* (^r d'inter%*ertir la nature des relations entre ceux qui doivent commander et ceux qui doivent oi>cir, ou au moins d'affaiblir l'autorité tutélaire qui, pour l'intérét des personnes mineures, doit être exercée sur elles par les chefs de la famille ou ceux qui en tiennent la place.

4® Préjudice physique. Dangers qui peuvent résulter des jouissances prématurées, pour le développement des forces et la santé des individus.

Je vois une raison qui plaide directement contre le mariage meme. Un père, un grandpère, un oncle tenant la place du père , pourraient abuser de leur puis.sance pour forcer une jeune fille à contracter avec eux une alliance qui lui serait odieuse. Plus l'autorité de ces parents est nécessaire, moins il faut leur donner U tentation d’en abuser.

Cet inconvénient ne s'étend qu’ü un petit nombre de cas incestueux, et n’est pas le plus çrave. C’est dans le danger des mœurs, cesta-dire, dans les maux qui pourraient résulter d'un commerce passager hors du mariage, qu'il faut chercher les véritables raisons pour proscrire certaines alliances.

S'il n'y avait pas nne barrière insurmontable entre de proches parents appelés à vivre ensemble dans la plus grande intimité, ce rapprochement, les occasions continuelles, l'amitié même et ses caresses innocentes pourraient allumer des passions funestes. Les familles, ces retraites où Ton doit trouver le repos dans le sein de l'ordre, et où lus mouvements de Tamc agitée dans les scènes du monde doivent se calmer, les familles seraient elles-mêmes en proie à toutes les inquiétudes des rivalités, à toutes les fureurs de l'amour. Les soupçons banniraient U confiance ; les sentiments les plus doux s'éteindraient dans les cœurs : des naines étemelles, ou des vengeances dont la seule idée fait frémir, en prendraient U place. L'opinion de la chasteté des jeunes filles, cet attrait si puissant du mariage, ne saurait plus sur quoi se reposer: et les pièces les plus aangereux pour l’éducation de la jeunesse se trouveraient dans l'asile même où elle peut le moins les éviter.

Ces inconvénients peuvent se ranger sous quatre titres.

1* Mat de rivalité. Danger résultant d'une rivalilc réelle ou soupçonnée entre un conjoint et certaines personnes du nombre de scs parents ou de scs alliés.

a Empêchement de mariage. Danger de priver les filles de la chance de former un établissement permanent et avantageux par la

Tableau des alliances h défendre.

Un homme n'épousera pas :

I* La femme ou épouse de son père, ou autre progéiiiteur quelconque. /ncom^émVnfr, i.3.4« a"Sa descendante quelconque. /nrom>. a. 3. 4* 3** Sa tante quelconque. ïnconv, a. 3. 4*

4® L’épouse ou la veuve de son oncle quelconque. ïnconv. 1. 3. 4>

5<'Sa nièce quelconque. ïnconv. a. 3. 4*

6° Sa sœur quelconque. ïnconv. a. 4*

La descendante de son épouse. ïnconv.

8" La mère de son épouse. ïnconv. i .

9® L'épouse ou la veuve de sou descendant quelconque. ïnconv. i.

lo® La fille de l’épouse de son père par un époux anterieur, ou de l’époux de sa mère par une épouse antérieure, inrom». 4* *•

Sera-t-il pemiis à un homme d'épouser la sœur de son épouse défunte?

Il V a des raisons pour et contre. La raison réprobante est le danger de la rivalité, du vivant des deux sœurs. I>a raison justificative est l’avantage des enfants. Si la mère vient à mourir, quel bonheur pour eux d’avoir pour belle-mère leur propre tante! Quoi de plus propre à modérer l’inimitié naturelle de celte relation , qu’une parenti'r si proche ? Cette dernière raison me paraît l’emporter. Mais pour obvier au danger de la rivalité, on devrait donner à l’épouse le pouvoir légal d’interdire sa maison à sa sœur. Si l'cpouse ne peut pas avoir sa propre sœur auprès d'elle, quel pourrait être le motif légitime du mari pour admettre auprès de lui cette ctrangcrc?

Sera-t-il permis à un homme d’épouser la veuve de son frère?

Il y a le pour et le contre, comme dans le cas précédent. I>a raison réprobante est encore le danger de la rivalité : la raisf>n justificative est encore l'avantage des enfants. (À*.s raisons me parais.scnt avoir peu de force de part et d'autre.

Mon frère n'a pas plus d'autorité sur ma

• L« tahleiu des «llianres à défendre k ta femme te- On l'omei ici , eomnic répétition imilitr nût oêcestaire dans le teste des lois pour plut de ciurtr.

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femme qu'un etran(jer, et ne peut la voir qu'a- ▼ec ma permission. Le daiqjer do la rivalité paraît moins grand de sa part que de celle de tout autre. La raison corùrt se réduit presque à rien. — D'un autre côté, ce que les enfants ont à craindre d'un beau«père est peu de chose. Si une belle^ère n'est pasVeniieraie des enfants d'un autre lit, c'est un prodige; mais on beaupère est ordinairement leur ami , leur second tuteur. La différence d'état des deux sexes, la sujétion légale de rnn,rcmpirelégalde l'autre, les exposent è des faiblesses opposées qui produisent des effets contraires. 1/oncle est déjà l'ami naturel de ses neveux et de scs nièces. Ils n'ont rien à gagner à cet égard s'il devient l'époux de leur mère. Trouvent-ils dans un beau-père étranger un ennemi ? La protection de leur oncle devient leur ressource. Y truuvent-ils un ami ? C’est un protecteur de plus qu'ils ont acquis, et qu’ils n’auraient pas si leur oncle était devenu leur beau-père. — Les raisons pour et les raisons contre y ayant peu de force de part et d’autre, il semble que le bien de la liberté doit faire pencher la balance eo faveur de la permission de ces mariages.

Au lieu des raisons que j’ai données pour prohiber les alliances dans un certain degré ue parenté, la morale banale tranche et décide sur tous ces points de législation, sans se donner l'embarras de l’examen. « nature, dit-

• on , répugne à de telles alliances : donc il

• faut les proscrire. ■

Cet argument seul ne fournirait jamais une raison justificative , en bonne logique, pour roscrire une action quelconque. Là où le fait e la répugnance est vrai, la lui est inutile. A quoi bon défendre ce que personne ne veut faire? La répugnance Daturclle est une prohibition suffisante. Mais là où cette rcptqpiance n'existe pas, la raison cesse : la morale vulgaire a’aurait plus rien à dire pour prohiber l'acte en question, puisque toutson argument, fondé sur le dégoût naturel, est détruit par U supposition contraire. S’il faut s'en rapporter à la nature, c'est-à-dire , à la pente des désirs, i) faut se conformer également à ses décisions, quelles qu’elles soient. S'il faut défendre res alliances quand elles répugnent, il faut donc les permettre quand elles plaisent. La nature qui hait ne mérite pas plus d'égards que la nature qui aime et qui désire.

Il est asses rare que les passions de l'amour te développent dans le cercle des individus auxquels le mariage doit être convenablement prohibé. Il faut, ce me semble, pour donner naitsance à ce sentiment, un certain degré de surprise, un effet soudain de la nouveauté, et c'est ce que les poètes ont heureusement exprimé dans l'ingénieuse allégorie des flèches , des carquois et du bandeau de l'amour. Des individus accoutumés à te voir, à se connai tre , depuis un Age qui n'est capable ni de concevoir ce désir.

ni de l’inspirer, se verront du même œil jusqu'à la fin de leur vie : cette inclination ne trouve point d’époque déterminée pour commencer. Leurs affections ont pris un autre cours : c'est

fiour ainsi dire une rivière qui s'est creusé son itet qui n’en change plus.

La nature s'accorde donc assez bien à cet égard avec le principe de Tutilité; cependant, il ne faudrait pas s’en fier à elle seule. Il est des circonstances où l’inclination pourrait naître, et où l’alliance deviendrait un objet de désir, si elle n’était prohibée par les lois et flétrie par l’opinion.

Dans la dynastie grecque des souverains d'Égypte, rhéritier du trône épousait communément une de ses sœurs. Cétait apparemment pour éviter les dangers d’une alliance , soit avec une famille sujette, soit avec une famille étrangère. Dans ce rang, de tels mariages pouvaient être exempts des inconvénients qu'ils auraient dans la vie privée. L'opulence royale admettait une séparation et une clôture qui ne peut pas se maintenir dans la médiocrité.

La politique a produit quelques exemples presque semulables dans les temps modernes. De nos jours, le royaume de Portugal s'est rapproché de la coutume égyptienne : la reine régnante a eu pour époux son neveu et son sujet. Mais pour effacer la tache de l'inceste, les princes et les grands peuvent s'adresser à no chimiste expérimenté, qui change à son gré la couleur de certaines actions. Les protestants, auxquels ce laboratoire est fermé, n’ont pas la faculté d’épouser leurs tantes. Les luthcrieos ont pourtant donné l’exemple d’une extension de privilèges.

L’inconvénient de ces alliances n’est pasponr ceux qui les contractent. Il est tout entier dans le mal do l’exemple. Une permission accordée aux uns fait sentir aux autres la prohibition comme une tyrannie. Quand le joug n’est pas lo même pour tous, il paraît plus pesant à ceux qui le portent.

On a dit que ces mariages dans le même sang faisaient dégénérer l'espèce : on parle de la nécessité de croiser les races parmi les hommes comme parmi les animaux.Cetle objection pourrait avoir quelque valeur, si, sous l'empire de la liberté, ces alliances entre proches devaient être les plus communes. Mais c'est assez réfuter de mauvaises raisons ; et ce serait même trop , si ce n’était pas servir une bonne cause que d'écarter les arguments faibles et fallacieux dont on cherche à la soutenir. Des hommes bien intentionnés pensent qu'on ne doit ôter à la bonne morale aucun de ses appuis, lors meme qu’il porte à faux. Cette erreur revient à celle des dévots, qui on t cru servir la religion par des fraudes pieuses : au lieu de la fortifier, ils l'ont affaiblie , en l'exposant à la dérision de scs adversaires. Quand un esprit d(>pravc a triomphé d'un faux argument, il croit avoir triomphé delà morale même.

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SECTION II

poun QUEL TEMPS? EXAMEN DU DIVORCE.

Si la loi ne déterminait rien sur la diir^e de rc contrat, s'il était permis aux individus de former cet enfjai’omcnl, comme tout autre bail, pour un terme plus ou moins loiii^, quel serait l’arrangement le plus commun , sous les auspices de la liberté ?(>nit-on qu'il s’éloi^iàl beaucoup des récries établies?

Le but de l'homme, dans ce contrat, pourrait être uniquement de satisfaire une passion passa(;érc, et cette passion satisfaite, il aurait eu tout l’avantafve de Tuiiion sans aucun de ses inconvénients. Il n'en est pas de même de la femme : cet cn{;a('cment a pour elle des suites bien durables et bien onéreuses. Après le malaise de la m-ossesse, après les périls de l’enfantement, elle est char(»ée des soins de la maternité. Ainsi l’union qui ne donnerait à l'homme que des plaisirs, commencerait pour la femme un lon{* cercle de peines, et la conduirait à un terme inévitalileoù elle truuveraitla mort, si elle nesViail pas assuré d’avance, pour elle et pour le {ferme qu’elle doit nourrir dans son sein, les soins et la proteelion d'un époux. ■ Je me livre ■ à toi, lui dit-elle, mais tu seras mon {gardien • dans mon état de faiblesse, et tu pourvoiras à » la conservation du fruit de notre amour. > Voilà le commencement d’une société qui se prolon(fcrait plusieurs années, quand on ne su(>poserait qu’un seul enfant ; mais d’autres naissances formeront d'aiiti'cs liens ; à mesure qu’on avance, ren{;a{fementse prolon(»c : les premières bornes qu'on avait pu lui assijpier ont bienti')t disparu, et une nouvelle carrière s’est ouverte aux plaisirs et aux devoirs réciproques des époux.

Lorsque la mère ne pourrait plus espérer d’enfants, lorsque le père aurait pourvu à l’entretien du plus jeune de la famille, peut-on croire qu’elle serait dissoute? Les époux, après une cohabitation de plusieurs années, son(fcrontils à se séparer? L'habitude n'a-t-cllc pas entouré leurs cœurs de mille cl de mille liens que la mort seule peut détruire? I-es enfants ne forment-ils pas un nouveau centre d'union? Ne créent-ils pas un nouveau fonds de plaisirs et d’espérances? Ne rcn<lent-ils pas le père et la mère nécessaires l'un à l'autre par les soins et les charmes d’une affection commune que personne ne peut parla{;er avec eux? I.c cours ordinaire de l’union ronju{^le sera donc la durée de la vie : et s'il est naturel de supposer à la

femme assez de prudence ponr stipuler ainsi sur ses plus chers intérêts, doit-on moins attendre d’un père ou d’un tuteur qui ont de plus la maturité de l’expeTiencc?

La femme a encore un intérêt particulier dans la durée indéfinie de la liaison. I>e temps, l.i (p'ossessc , l'allaitement , la cohabitation même, tout conspire à diminuer l’effet de ses charmes : elle s’attend à voir sa beauté décliner, à un â{fc où la force de l’homme va encore en croissant : elle sait qu’après avoir usé sa jeunesse avec uii époux, elle en trouverait plus difficilement nn second, tandis que l’homme n’éprouverait pas une difficulté pareille. De là cette nouvelle clause que lui dictera sa prévoyance : « Si je me livre à ■ toi, il ne te sera pointlibre de me quitter sans » mon consentement. » L’homme demande à son tour la même promesse : et voilà des deux c6tés un contrat lé{fitime fondé sur le bonheur des deux parties.

Ix; maria{^e à vie est donc le maria(*e le plus naturel, le pins assorti aux besoins, aux circonstances des familles, le plus favorable aux individus pour la {jénéralilé Hc l’espèce. N’y ciit-il point de luis pour l’onlonner, c’est-àdire, point d'autres lois que celles qui sanctionnent les contrats, cet arranjfomcnt serait toujours le plus commun, parce qu’il est le plus convenable aux intérêts réciproques de.s époux. ]/amoiir de la i>art de riioinmc, l'amour et la prévoyance delà part delà femme, la prudence éclairée des parents et lenraffection, tout concourt à faire imprimer le caractère de perpétuité au contrat de cette alliance. ’

Mais que penserait-on si la femme y ajoutait celte clause : * Il ne me sera pas libre d’être

• quitte de toi, dussions-nous arriver à nous

• haïr autant que nous nous aimons à présent?» Une telle condition parait un acte u'incptic : elle a quelque chose de contradictoire cl d’alv stirdc nui choque au premier coup d’œil : tout le momie s'accorderait à rc{;arder un pareil vœu comme téméraire, et à penser que l'humanité doit le faire abolir.

Mais celle clause absurde et cruelle, ce n'est pas la femme qui la demande, ce n'est pas l'homme qui l’invoque, c’est la loi qui l'impose aux deux époux comme une condition à laquelle ils ne peuvent échapper. La loi survient au milieu des contractants ; elle les snrprend dans les transports de la jeunesse, dans ces

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Tnomcnts qni ouvrent tontes les perspectives du bonheur ; elle leur dit : • Vous vous unissez dans Tespoir d'être heureux, mais je vous déclare que vous entrez dans une prison dont porte est murée sur vous; je serai inexorable aux cris de votre douleur, et quand vous vous battriez avec vos fers, je ne souffrirai jamais qu'on vous en délivre. »

Croire à la perfection de l'objet aime, croire à l'élernité de la passion qu'on ressent et qu'on inspire, voilà des illusions qu'on peut pardonner à deux enfants dans l'aveu^^lement de l'amour. Mais de vieux jurisconsultes, des législateurs blanchis par les années ne donnent pas dans cette chimère. S'ils croyaient à cette éternité des passions, à quoi bon interdire un pouvoir dont on ne voudrait jamais user? Mais non : ils ont prévu l'inconstance, ils ont prévu les haines; ils ont prévu qu'au plus violent amour pourrait succéder la plus violente antipathie, et c'est avec tout le san^r-froid de l’indifférence qu'ils ont prononcé l'éternité de ce voeu , lors même que le sentiment qui l’a dicté serait effacé par le scnliiiient contraire. S'il y avait une loi qui ne permit de prendre un associé, un tuteur, un intendant, un compagnon, qu’à condition de ne s'en jamais séparer: quelle tyrannie, dirait-on, quelle démence! Un époux est tout à-l.i-fois un compagnon, un tuteur, un intendant, un associé, et plus encore : et cependant on ne peut avoir, dans la plupart des pays policés, que des époux éternels.

Vivresousl autorité perpétuelle d'un homme qu'on déteste, c'est déjà un esclavage. Être contrainte de recevoir ses embrassements, c’est un malheur trop grand pour avoir été toléré sous l'esclavage même. On a beau dire que le joug est récipro(|ue ; la réciprocité ne fait que doubler le inallieur.

Si le mariage présente au commun des hommes le seul moyen de satisfaire pleinement et paisiblement ce désir impérieux de l'amour, les en détourner, c’est les priver de scs douceurs, c'est faire un mal proportionnellement grave. Or, quel plus terrible épouvantail <|ue l'indissoliibiliié ue cet engagement? Mariage, service, pays, état quelconque; défense d'en sortir, c'est défense d'y entrer.

Il ne faut qu'indiquer une autre observation juste, mais commune. L’inHdélité dans les mariages est en raison de leur rareté. IMus il y a de séducteurs, plus les séductions doivent être fréquentes.

Knfin , quand la mort est le seul moyen de dcli\Tance, que d’Iiurrihles tentations, que de crimes peuvent résulter d'une position aussi funeste!... Les exemples ignorés sont peut-être plus nombreux que ceux (pii percent; et ce (pii doit avoir lieu plus fréquemment en ce genre, c'est lc(/c^/i t Que le crime est facile même

à des cœurs qui ne sont pas jiervcrtis, lorsqu'il ne faut pour 1 accomplir que 1 inaction ! Exposez

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