‹ Œuvres de J. D. Lanjuinais (volume 2)Chapitre 31 sur 49 · SU · texte numérisé non relu

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Depuis la fin du quatrième siècle jusgu^ au milieu du domsième.

Ici commence Tinquisition impériale et Tinqui* sition épiscopale contre les hérétiques; elle dégénère en persécution civile et religieuse , signalée par des condamnations k des peines cruelles , et mêm'e au Supplice du feu , par abus odieux d*iine belle comparaison qui se trouve dans TcvangOe de saint Jean, ch. i5. Les empereurs et les dvèqoes ont commis le sacrilège de se faire punisseurs des opinions et vengeurs de la Divinité. Ces folles inquisitions, plus actives, plus générales, deviendront dans la suite encore plus terribles ; elles se calmeront par endroits , par intervalles ; mais elles ne cesseront pas d'être la législation, ou plutôt la maladie , la manie tropt^commune des rois et des peuples, surtout d'un grand nombre d'évêques, jusqu'h la fin du dix-huitième siècle. Plus il y avait d'évêques 5 d'oflîcîaux, de leurs agens, et plus l'inquisition faisait de ravages, comme il y a toujours

< Histoire de ( Inquisition j par M. IJorente , t. IV, p. i^f etniv. et VEncyciopédie f in-folio, au mot iNQUiHTioir. ^tlcnry^ Diar. 4-'

eu d*âutant plus de procès, qu'il y avait plus déjuges et de procureurs en titre.

On ydnère (les martyrs de la f bj^atholique^ pourvu qu'elles soitmie à la vraie charité envers Dieu et; envers les bommes-.^ On. plaint les martjrrs de Terreur, et même les évèques et les. prêtres , victimes trop: souvent de leur propre intolérance; mais on a.en horreur le& injustices et les ruses, les fureurs: et les crimes de tous ceux qui ont , même légale*ment, persécuté leurs frères, sous prétexte de religion', ou pour des opinions touchant la philosophie ou la politique.

Ijc despotisme est de sa nature persécuteur. Les empereurs despotes païens avaient cruellement persécuté les chrétiens ; les empereurs despotes, devenus chrétiens, persécutèrent cruellement les païens, les hérétiques, les juifs; les rois chrétiens, et beau* coup d*évéques ont. imité cette brutale conduite. . Conseillés, dirigés par des évêques^ les empe^: reurs chrétiens ordonnèrent d*abord la démolition^ et la c<mfisca£iou des édifices dbstitiés à des ouïtes non catholiques . Ce ne furent là que les premiers actes de l'intolérance civile érigée en système*

DèsKaniSSa^ et souvent depuis cette époque>< Tfaéodose, dit le Grand, et ses successeurs , dévouèrent plusieurs branches spéciales d'hérétiques aux dénonciateuns y slux inquisiteurs^ axix poursuites yW{ciiai!re.r^ h la mort civile, au, dernier supplice;'toutes ces rigueurs, à l'exception de la mort nainrelle, fureûtdanslasuite infligées contre tout^;

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espèce d*bërctiques , et en outre rinfamie ^ la fiscation de tous biens , la mort civile et le bam»» sèment ; voilà une idée juste de catégories de pro^ cription contre les hérétiques, teUes qu'on les troofc dans les lois impériales et dans celles qai ont sohi la révocation de Tédit de Nantes.

La Gaule fut soumise à cette cruelle tyrannie qui devint le droit général de toute TEnrope. Oé avait vu avec admiration saint Martin de Toon s*efforcer d'obtenir grâce au moins de la vie pcNV révêquc espagnol Priscillien, et pour les PrisdOîinistes, dont le supplice était sollicité vivement, et int obtenu par des évêques d'Espagne. Cet exemfk honorable , d'une sorte d'humanité courageuse d inutile , ne pouvait pas être dû alors k la multqpKcation des évêques français. Et, depuis saint Blartin jusqu'à Jean Heunuïer, évêque d'Angers, es iS'jOiy on cherche inutilement, en France, un éfèque qui se soit signalé contre l'intolérance dvik, et contre ses effroyables rigueurs

Justinien surtout commanda le catholicisme au peuples de sou empire , comme il leur commandait les impots. Notre empereur Charlemagne fut au» un convertisseur terrible « et il ne parait pas qu'l ait trouvé un évêque français ou autre qui ait c&t, comme saint Martin de Tours, intercéder, pris de lui du moins , pour la vie des mécreans , des mauvais chrétiens, des relaps prétendus ou réds*

Il faut observer, avant de finir ce paragraphe, qu'en droit et en fait , l'hérésie était jugée par les

DE J.-D. LAPrJUlNAIS. 36ç)

cT^é^iaes , et que dèsJorsles faérétic|uc^.6taient juges pkut eu% spiritudlemeot , et inéfiie tempordlement , k beaucoup d^égards, conioiie <mi va l*^x{rfiquer.

Au fanitiècàeet au neuvième siècles, les ëvèques, sous prétexte du ministère pastoral et de sacrement de pénitence 9 jugeaient habituellement, publiquement, du haut d*un trîbuna} et av^ec hs formes juridiques, quelquefois en concile, les péchés morteb, surtout Thérésie, et infligeaient aux pécheurs, piairmi les jCOKveQliou^ spiiûtuelles , djes peines vraiment ^temporelles , ^omme U privation des fonc* lions séculièras , ce qui leur donna prétexte h d^oser )e$ rois , et |i| ies idédarer incapables de régner, Img-tems avaimt ff^e les papes eussent imité ce fatal exemple, et fait jqu yojuiu faire de la destitution des roi une «attrilïMMÎPn , une réserve du pontife de Bjome. Il n^y «^ point de péché mortel ecdésiastiq^eo^nt pijimi avec plus de zèle et de sévérité que Tijbérésie ; idji après le jugement épiscopal , les^ pécbei;!^ , déclarés hérétîqiiies étaienjt abandonnés auic ^sfÊp^ ^culiers, qui, simples juges d'applica- Von f ordonnaient les confiscations , les bannissemeps , la x^ori , suivant les codes de Théodose et de Justinien.

Par exemple, en loaa, un concile d^Orléan^ condamna des hérétiques , parmi lesquels se trouvait Timcien confesseï^ de la reine épouse du roi Robert , fils de Hugues-Gapet. Le roi les fit brtiler exx conséquence ; et on vit la reine des Français frapper eUe«mèine publiquement acm ancien con-

fesseur, lorsqu'il allait être livré aux flamiiK

Yoilk bien en France Tinquisition contre les rctiques, Tinquisition épiscopale et royale avec horreurs. C'est bien pis encore dans les siècles vans.

Depuis le milieu du douzième siècle jusqu^à la moitié m

seizième.

Dans cette époque , le mal est an comble , pa que tout est couvert des ténèbres de Tignorance d de la féodalité ; parce qu'il n*y a plus d'assemblée, ni de législation nationale , h vrai dire , d'autorité royale; parce que, généralement, la corruption l'anarchie, l'ultramontanisme, le pharisaîsme , l^by-k pocrisie, la stupidité gouvernent la terre, et, ptfli une détestable manière de combattre l'hérésie, neji font que multiplier ses ravages , et provoquer tonie espèce de désordres dans l'Eglise et dans Tétat.

Ainsi doftc, non-seulement nos évéques ne suivent pas les Français de l'inquisition ni épiseopak, ni papale, contre les hérétiques, mais ce sontcci évêques eux-mêmes qui la veulent l'une et raotiY, qui la provoquent et l'organisent, et l'exercent par eux ou leurs oiliciaux , enfin, lui donnent les fo^ mes les plus hideuses dans. leurs conciles de !ttfbonne, de Toulouse, de Melun, de Béziers, d'Albi, d'Avignon, etc., etc.

Elle devient alors tout ala-fois impériale , royale, princière , seigneuriale , paroissiale , papale , too*

mrs très-ëpiscopale , et archidiaconale , arcfaipresytërale , monacale , judiciaire et surtout militaire , :ifin diplomatique même , ^ comme sous notre [enri lY. Vous la verrez, dans le paragraphe suiant, devenue parlementaire; il faut en convenir, len dans notre France n'a été prëservë de cette ^pre.

Au douzième siècle, les papes, les ëvéques, leurs fiiciaux, inventent ou plutôt perfectionnent Tafreuse procédui^e secrète , inquisitoriale , dont nous :*alnons encore un bout de chaîne dans tous nos x^ocès criminels. L'inquisition a ses familiers^ ses Bpions ou tëmoins synodaux, ses geôliers, ses »<>urreaux, ses costumes infamans, ses confisca- Lons , se»bannissemens, ses démolitions d'ëdifices, es tortures ordinaires et extraordinaires^ ses cruels »t&chers et ses affreuses croisades contre des cfarëîens. Elle invente ce qu'on appelait amende ho« lorable.

Reprenons. *

Elle est impériale , car on n'a jamais oublie, dans B 4iiidi de la France, les funestes lois du Gode IThéodosien , et on les retrouve dans le Gode Justilient Les chefs du clergé ont étudié les lois impéiales k Bologne, k Paris, k Montpellier, etc.; ils ' ont lu les extraits qui se trouvent dans les nomireuses coUections de canohs , dans Gratien , dans BS fausses Décrétales, et tant de canons pleins de irincipes erronés , qui déshonorent ces mêmes col- Bctions. Ghargés de cette science fausse, et de cette

S^s OEUVRES

denri-ÀMDce ^ et de la tbéokipt scoiMtSyie ék ' tems, fls prëfereot, sans y songer, mr diikwitè» ^es de la raison et de l^Ëirangile ^ les lois atm» du Bas-Empm , et la constitiition de l\ Frëdàric II , en favenfide TmqiBsitHn, le sexie de BoDifisiceTIII. Dans leor ignonMSfl dans leurs erreurs , ils passent pour les mattra et la doctrine, et tous les laïques sont séduits ptr leur fanatisme, depuis le trône jmqn^k la In»* lette.

L*inquisitSoB est royale. Philippe ^ AugnsM a souffert dans le Languedoc, en 1304 et f9o8, les commissaires inquisiteurs dn pape. Saint Loaiii xlont Tesprit et le cœur étaient si dignes d*ane théorie moins absurde et d^une pratique plus «ds* taire ; trois fois , saint Louis , pour extirper les hàréticfues et les punir y a établi Tinquisition par ses ordonnances; deux fois, en 1:228, dans le Ln* guedoc , celle des évêques et des officiaux ; et pois, en 1254 9 ^ Paris même, Tinquisition par dem grands inquisiteurs du pape. On lit mot à mot, chap. 125 du livre des Établissemens , qui porte le nom de saint Louis, qu*après la condamnatîm des hérétiques en cour d*Églîse, il&ut les ardoir.

£n 1296, une ordonnance de Philippe -le<*Bd couGrmc Tinquisition épiscopale et TëiquiskioD apostolique ou papale.-Cette ordonnance porte que les hérétiques, leurs fauteurs et déiênseurs seroU mis dans les pi*îsons des é^^éques ou des inqmskmrs apostoliques, et, après jugement eodësiasàque ,

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IsTrës aux piges: royaux , pour être punis (c'est^h*dive pour être lîrâlés vifs ■ ).

Une ordomiaiice de Philippe-4e*Bel du mois de foisk i3o2, apprend que la doubie inquisâiou de^ CTéques et du pape ëiaît alors en pleine vigueur dans le royaume.

•Les légats du pape, les mquisitenxs-génëraux , les. ëyéqiies diocésains enquéraieitit cocitre les héré-** tiques , et les jugeaient par eux ou par leurs officiaux ou dél^ués. D'autres prélats inférieurs , dei archidiacres 9 dés archiprètres , d- autres dignitaires^ comme le grand-aumonier, des abbés , des supi^ rieurs réguliers jugeaient ou pouvaient juger aussi lesbérétiques soumis k leur autorité; ils les jugeaient ansB par eux-mêmes et par leurs offidaux ou com«missaires , et , dans la suite /par leurs officiaux et commissaires seulement; et, au nom de plusieurs abbesses , il y avait encore d'autres officiaux qui travaillaient k Textirpation des hérésies et des autres, péchés* On comprend ainsi comment , depuis le douzième siècle , l'inquisition fut non-seulement 4q^iscopale et papale, mais aussi archidîaconale j, mrckipresbjrtirtde y s'il* est petaiis de parier ainsi , et abbatiale^ et monacale, etc.

On a compris qu'elle était judœiair'e, et partagée .entre les juges d'église et les juges laïcs. Les

^ JÊUcueil deâ Ordotmanees , par Secousse , tome V, p^S^' * 74 >

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premiers enquéraîent et jugeaient sur le fait it rhcrésie, et prononçaient, après remprisomiMiieAt, la torture et de longues procédures secrètes, do peines spirituelles et d^autres peines y. par le malheor des tems , réputées spirituelles , comme la desdlition , la prison perpétuelle , les galères , les féroki, les fustigations et la flétrissure par un fer diaiid. Pour toute^s ces peines affîctives, les boorresB étaient ecclésiastiques , et les condamnés n^ëtnol point livrés au bras séculier. Mais j selon les cas vbitrairement résultant du procès , 1* hérétique on le suspect d'hérésie , comme le receleur, comme le protecteur, le défenseur même d*un hërëtiqiie, étaient remis aux juges séculiers. Ceux-ci ne pott* vaient qu'appliquer la peine de confiscation et de bannissement, ouïe supplice du feu.

Au concile général de Lyon, le pape dépose l'empereur Frédéric II , parce qu'il le juge héré' tique ; ses états sont en conséquence donnés m premier occupant. Personne dans le concile n*09e réclamer; et le pape fait mettre dans les actes ap' prohante concilioy au lieu à! ohrrvuXescente ; le silence sur un tel excfès est déclaré approbation:! n'y a pas même un évêque de France qui s*éièfe contre cette double prévarication.

De i3o8 à i3i2, on trouve les deux inquisitions épiscopale et papale occupées à poursuivre les Templiers français ; elles eu extirpèrent ou exterminèrent un grand nombre dans la flamme des bûchers :

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et les soupçons les plus sinistres s'élèvent depuis long-tems contre l'injustice du roi et du pape , premiers auteurs des procédures.

Une ordonnance de Louis Hutin, de 1 3 1 5, adopta et transforma en loi du royaume les textes même de la cruelle et fameuse ordonnaace impériale et canonisée de Frédéric II , pour autoriser, encourager, étendre les travaux des inquisiteurs. • Dans la suite du même siècle , Thistoire apprend que deux inquisiteurs du pape furent tués dans le Dauphiné. *

Us eurent de3 successeurs . On voit , au quinzième giècle, des inquisiteurs de la foi, concourir k opprimer et faire brûler vive , malgré son innocence, rimmorteUe héroïne Jeanne d'Arc.

Ajoutons, pour, n'y plus revenir, que nos inquisiteurs apostoliques continuèrent dans le seizième siècle , et qu'ils furent autorisés dans leurs travaux déplorables, par un édit dé François I", du 23 juillet 1543 , rendu k la sollicitation de nos évêques ; on sait qu'en 1789, le prieur des dominicains de Toulouse avait encore le titre d'inquilsiteur de la foi dans le royaume de la France. Jusqu'au (Uxseptième siècle, il était porté pour ses gages sur les états de financés du roi.

Ainsi , pendant cinq siècles au moins , avec l'agrément et la coopération de nos évêques., nous avons gémi sous le joug royal de l'inquisition impériale, épiscopale et apostolique.

Elle était de plus , au treizième siècle, princière^

S76 OftOVAEé

seigneuriale ei paroisùale. Le» prinett, iiêal souyerains, lesgraBds9eigBeitf8> M tooslet fÊâm siens, furent oUigés, en iafi5, par le coneie^ trième de Latran, oà ayméol opiné des érê^ firafiçais , et ensuite par plosîeiirs coocBea €«Mf# ses uniquement d^évAques firançai^, k tnirtailler4 bonne foi et de tontes leurs fofves, k rinffiiiwiini , k Textirpation y. rextenmiiati<A des liéréâqntf; tons les Français étaient réduits k yàter de reâiffr cette humOiànte fonction. De Ik s*est ^Smi ém la cérémonie du couronnement de nos rois, Tit freux serment, imposé sans doute par les évèques , d^extirper les hérétiques. Notre niaUieaiwi Louis XYI a encore subi rhuoiiliation de prUer ce triste serment , qui n*obligeait pas , pinsqu^Q M contraire k TEvangile j et an serment de nAttîqfnîr la paix publique. Que savons «nous ce qu'on pié^ tendrait exiger de Louis XYIIl , puisque la Qiarte est iians le têmsy dans tespace , et qu'elle ne lie point les chambres ni le roi , et qu'on loue tant kl sièdes passés 7

Le pape Lucius IH , en 1 1 84 9 au concile de ¥4rone , avait confirmé , organisé de nouveau YtBt quisition par les évêques. Innocent lll , en 1 198, eu aggrava les formes et les rigueurs; et , en I )o3| au quatrième concile de Latran ^ ce même pspe li laissant toujours épiscopale, y ajouta encore dn sévérités de son invention.

Mais, en 1304 et en iao8, il voulut que Tin* quisition fût papale sous un autre rapport , c^est-

DE J.-D. LAHJG1NA18. $77

h^-dire , e^^ercëe eu son nom par son lëgat, et par des moines tfaî^'û nomma aes inquisiteur» généraux i La France ftit \ë premier ehëâtre de ces nouveautés rëyoltantes. Ou tua les inquisiteurs du pape , ils filrent aj^lës martyrs et canonisés ; un ëvéque de Béziers qui approuvait Tinquisition' cpiscopale , ne iroulait pas qu*elle fîftt papale ; et pour cela il Tut suspendu de ses fonctions par tin légat , et de noU'^ yeatix inqtiisiteurs apostoliques furent établis dans )d Languedoc 9 par Grégoire. IX , et agréés par saint Louis. Les cdpitouls de Toulo'Ase , vers 1 333 y chassèrent leur évèque diocésain , horri-» Idement cruel comme inquisiteur épiscopal et papal. Mais bientôt il le)ir iaUut céder et laisser leur ville soumise h toutes les inquisitions contre les hérétiques.

Reste k prouver querinquisitionétaitsouvent mi- Ktaire. Dans les lois impériales , il est parlé de Texéctilion mflitaiire contre les hérétiques; et tel concile a dit anatbême aux évêqucs , s'il s'en trouvait qui négligeassent de mettre a profit les exécutions militaires , modèles de nos dragonnades, pour persuader aux hérétiques de se convertir et de se feire réconcilier.

Lé quatrième concile de Latranalla plus loid; il institua ^ contre les hérétiques , lei croisades inventées par Grégoire VII , contre les infidèles seu^lement. Eu se croîsaut ainsi, Ton acquérait de grandes indulgences, et en outre les privilèges cléricaux ; on avait le bonheur et Thonneur d^ctrc

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justiciable du grand inquisiteur seulement ^ oudi Jëgat directeur de la croisade , ou de Tévèque cl sou ofGcial ; beau secret pour que les légats àê pape y les inquisiteurs généraux du pape, les éi^ ques diocésains et les officiaux des prélats » devinisent les juges et conséquemment les supéiieun de nos armées! Voyez combien gagnaient k cent marche folle et ridicule , Tordre public , la dÎKh pUne ecclésiastique, et surtout la puissance rojak.

Cependant , le père de saint Louis se croisa ém fois ai^ec presque tous les éifeques et les barons é la France^, pour faire la guerre inquisitorialeyh guerre contre les hérétiques , les Albigeois, les y audois ; et cette horrible guerre sainte dura plos de vingt ans ! Deux fois , saint Louis , comme m père j se croisa aussi pour faire la guerre aux chrétiens ses sujets, pour extirper les hérétiques et en purger le pays.

Il était disposé à se croiser même contre Tempçreur.

En 124^9 1^ pape Innocent lY lui fait savoir qu^il a déposé Frédéric II , sujet indocile de Rome, et au moins suspect d'hérésie ; que suivant le drok canonique papal , les impériaux sont déliés de leur serment de fidélité ; qu'entiu , Tempire est au p^^ mier occupant, et que Louis fera une bonne œuTit s'il veut s'en emparer.

* Ce sont \i*s termes de Flciiii. Jo 110 lu'etonne pas si rt>n a crwt ér faire lire Fleuri dans tels» seiuinaircs , s^il y est «lerenu un autcnr ff hibc , suspect.

DE J.-D. LANJtJINAIS. 379

Saint Louis délibère sans doute avec plusieurs évéques français; et admettant comme eux les faux principes d'alors sur Thérësie et Tinqulsition, il ré-

duit tout au fait de savoir si Frédéric II est'vraiment hérétique? Cette question préjudicielle ne parait pa» h saint Louis et h son conseil un fait 'dogmatique assez bien prouvé par Tinfaillibilité du

^ pape. Le roi répond qu'il envoie k Frédéric des eanbassadeurs (non pour se procurer sur lui des instructions politiques), mais pour interroger l'empereur (sur le catéchisme); et que, s'il le trouve mécréant , il ne manquera pas de lui faire la guerre k outrance. Yoila de l'inquisition militaire et diplomatique», dès avant le règne de Henri lY. On faisait alors la guerre de piété pour des confessions de foi religieuse. Est-on plus juste aujourd'hui qu'on fait des guerres de sainte alliance pour des constitutions politiques ?

J'ai dit encore que les inquisiteurs épiscopaux et autres de toute nature contre les hérétiques , pouvaient faire démolir les maisons ; cela fut établi en France par plusieurs évéques français , dans les conciles, dans les ordonnances, dans l'arrêt sur Mérindol de i54o. Les familiers et exécuteurs de Finqm'sition &rent même autorisés h changer les maisons des hérétiques et des suspects en cloaques, à en faire des sterquilinia. Cela produisit de bons effets dans les villes ; ainsi l'on procurait un air salubre aux bons catholiques. C'est un beau souvenir de tant d'excès qui nous a donné , en 1 8 1 5 , les

démoUcions de maisons h Avigaoa ei dans ont grande partie du midi , et tant d^atmiMÎnnti , fi ont passé loog-tems pour des caloamia de M. d*Âr gensôU) laui calomnié lui-raéne par oenxqdls piquent de bien penser en religion el co poUli|Ni Les conciles provinciaux du trttaièaM âèdi avaient ingénieusement décrit et varié riiiahit,k simarre infamante imposée aux hérétiqnea. Si ïm* veut consulter les sources^ on trouvera lor ces coi* tûmes vexateurs de tristes corioaitéa. Biais oeux^ ont parcouru les relations de M. Lause de PerMli sur ce qui se passait k Nîmes et aux environs, dM le second semestre de i8i5, savent que les eubsifs de CCS derniers tems ont singnlièrcmeut acoéUn les formes inventées par quelques-una de nos éfl* ques des tems d'ignorance et de fanaUsme.

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